COLLOQUE RELIGIEUX A LYON
fait la veille à la doctrine orthodoxe. Lorsqu'il eut fini et que Boniface eut la parole, il ne sut cette fois encore que faire des reproches vagues et injurieux, et cria tellement qu'il s'enroua et ne put se faire entendre. Aucun arien n'osa prendre sa place, et lorsque le roi se fut, bien à contre-cœur, élevé contre Boniface, Avit dit qu'un miracle ferait connaître la vraie foi, il fallait se rendre au tombeau de saint Just et l'interroger. Les ariens y virent un sacrilège, jadis puni par Saûl (I Reg. , xxvin, 11), d'ailleurs l'Ecriture parlait plus en leur faveur que ne pouvait le faire l'invocation des esprits. Ainsi se termina la séance. Le roi fit de nouveau venir dans ses appartements Etienne et Avit, et leur demanda de prier pour [632] lui ; il était touché, mais sans être converti. Tandis qu'à la suite de ce colloque, beaucoup de ses sujets se réunirent à l'Eglise catholique, il resta arien. Quia Pater eum non traxerat, dit le document original, non potuit venire ad Filium 1.
1 . Hefele consacre une page à citer divers sens du mot missa dans la langue ecclésiastique ; cette question ne se rattache de près ni de loin au sujet de ce paragraphe ni à la matière du livre. Nous renvoyons à une dissertation plus complète sur ce mot dans le Dictionnaire d* archéologie chrétienne et de liturgie, t. ii, au mot Bréviaire. (H. L.)