CONCILES ROMAINS SOUS LE PAPE SYMMAQUE
se rendre devant le tribunal ; mais il a fait répondre : Je me suis d'abord rendu sans hésiter à l'assemblée et j'ai sacrifié mon privilège (de n'être jugé par personne) à la volonté du roi ; j'ai reconnu l'autorité du concile et, conformément aux canons, j'ai demandé que les églises et leurs biens soient restitués ; loin d'obtenir satisfaction, j'ai eu, avec mon clergé, à subir de mauvais traitements. Je ne me soumettrai donc plus à une enquête synodale. Que Dieu et le roi décident à mon sujet. Nous avons député alors l'intendant Arigern, qui peut rapporter la réponse à lui faite. Nous ne pouvons pas aller plus loin; d'après les canons, tous les évêques peuvent en appeler au pape, mais comment faire quand c'est le pape lui-même qui en appelle? En son absence, nous ne pouvons porter aucun jugement contre lui, ni le déclarer contumace, parce qu'il s'est lui-même présenté au début devant les juges, et surtout parce qu'on n'a jamais vu jusqu'ici un pape jugé par des évêques. Nous avons fait tout ce qu'il était possible de faire pour rétablir à Rome la paix de l'Eglise, nous avons exhorté les clercs de la ville ; ils n'en ont pas tenu compte ; c'est donc maintenant au roi à s'occuper de rendre la paix à l'Eglise : enfin nous demandons la permission de rentrer chez nous 1. »
La [troisième source de documents, la Vita Symmachi, indique avec encore plus de détails en quoi consistaient ces exhortations salutaires adressées au clergé romain par le concile. Ce document [640] dit que les évêques [aliquanti episcopî) exhortèrent à plusieurs reprises les clercs qui avaient abondonné Symmaque à revenir sans délaiàson obédience, maisceux qui s'y refusaient demandaient, ou que Symmaque se purgeât des accusations portées contre lui, ou qu'il fût déposé de sa charge ecclésiastique 2.
Le roi fut mécontent de ce que le concile n'eût pas mis fin à ces troubles et lui eût laissé le soin d'arranger cette affaire. Aussi lui répondit-il, le 1er octobre 501, que si le pape avait voulu décider par lui-même, il aurait, avec le secours de Dieu, rendu une juste sentence et pacifié la génération présente et la génération future ; mais il ne pensait pas que ce fût à lui Théodoric de ecclesiasticis negotiis aliquid censere ; c'est pourquoi il avait convoqué les évêques des diverses provinces, voulant tout remettre à leur décision.
1. Mansi, Concil. ampliss. col., t. vin, col. 256; Hardouin, ColL conciL, t. ii, col. 973 sq.