CONCILES ROMAINS SOUS LE PAPE SYMMAQUE
Dans l'intervalle se tint le cinquième (pour d'autres historiens le quatrième) concile de la série ; il eut lieu le 6 novembre 502, sous le consulat d'Aviénus le Jeune, dans l'église de Saint-Pierre à Rome, qui, ainsi que nous le savons, était au pouvoir de Symmaque. Baronius regarde ce concile comme une nouvelle session de la synodus Palmaris, parce qu'il suppose à tort que celle-ci appartient à
t l'année 502. Pagi a interverti l'ordre historique et croit que le concile actuel s'est tenu avant la synodus Palmaris 1 . Les actes signalent la présence de quatre-vingt-un évêques, trente-quatre prêtres et quatre diacres, tous Italiens, tandis que les signatures dontMansia publié deux exemplaires, extraits de différents manuscrits, n'en indiquent pas un si grand nombre : c'étaient presque exclusivement des membres des conciles antérieurs 2. Le pape Symmaque prit d'abord la parole et loua les membres de l'as- [644] semblée de la décision prise (dans la synodus Palmaris). Il fit ensuite lire par le diacre Hormisdas un document porté à la connaissance du clergé romain, lors d'une assemblée tenue dans l'église de Saint-Pierre, vingt ans auparavant, par Basile, préfet du prétoire sous Odoacre. On y défendait de choisir, sans l'approbation du roi, un successeur au pape Simplice (mort en 483) lorsque celui-ci viendrait à mourir. Le même décret interdisait à tous les papes l'aliénation des biens ou des ornements des églises, et cela sous peine d'anathème, pour le vendeur, et d'autres peines pour les acquéreurs. A la lecture de ce document, le concile exprima tout son mécontentement de ce qu'un laïque se permettait de menacer un clerc de l'anathème (c'est-à-dire, en l'espèce, un pape faisant une vente quelconque). Plusieurs évoques de marque, en particulier Laurent de Milan, Pierre de Ravenne et Eulalius de Syracuse, déclarèrent la nullité de cet édit qu'aucun pape n'avait souscrit, parce qu'aucun laïque n'avait le droit de porter des ordonnances sur les biens de l'Eglise. D'après les anciens canons, les évêques eux-mêmes ne pouvaient décider sur ce sujet sans l'assentiment du métropolitain ou du primat ; à plus forte raison, un simple laïque ne pouvait-il, sans l'assentiment du pape, qui a la primauté sur le monde entier, et même sans l'assentiment de quelques évêques, décider sur les biens de l'Eglise. Tout le concile adhéra à ce jugement, déclara le décret nul de plein droit, et