CONCILES ROMAINS SOUS LE PAPE SYMMAQUE
eu lieu avant l'application de la peine. Nul ne pourra prétexter qu'il tient un bien de l'Eglise de la munificence du roi ou d'une puissance civile. » On renouvela ensuite les canons 7e et 8e du concile de Gangres, au sujet des biens de l'Eglise. Et on déclara que c'était un sacrilège lorsque des chrétiens, et en particulier lorsque des gouvernements et des princes chrétiens, donnaient à d'autres ce qui avait été donné à l'Eglise pour le salut des âmes. Enfin le concile menaça de l'anathème perpétuel les possesseurs illégitimes des biens d'Eglise, et aussi ceux qui les acceptent, qui les donnent, qui les louent ou enfin qui les laissent à leurs héri-
^ tiers 4.
Le procès-verbal de ce concile, très prolixe et redondant, fut signé par le pape et par cent trois évêques. Quelques manuscrits renferment un plus grand nombre de signatures, mais les noms des évêques et de leurs sièges sont complètement défigurés 2. Immédiatement après le pape, Pierre, évêque de Ravenne, signa; nous ne trouvons pas parmi ces signatures le nom de Laurent de Milan, quoique cet évêque vécût encore et ne soit mort qu'en 512. Nous apprenons par Cassiodore 3, que le roi Théodoric approuva les décisions de ce concile au sujet des biens des églises, et ordonna de rendre à l'Église de Milan ce qui lui avait été enlevé. Nous avons aussi de ce roi un édit daté du 11 mars 507, dans lequel il déclare qu'une ordonnance analogue portée par le Ve concile a force de loi 4. Dom Ceillier prétend avoir trouvé dans Anastase (le Liber pontifi- [648] calis) les preuves de l'existence d'un autre concile (par conséquent le huitième de ceux célébrés sous Symmaque), qui aurait anathématisé le Visiteur royal ainsi que l'antipape : Il dit : « Anastase fait mention d'un concile de Rome sous Symmaque, où il affirme que le pape fut absous par cent quinze évêques, et Pierre d'Altino, nommé Visiteur par Théodoric, condamné avec Laurent, compétiteur de Symmaque. Mais Ennoden'en parle pas dans son Apologétique, ni Symmaque dans le sien. Auraient-ils oublié l'un et l'autre un jugement qui ne pouvait que fortifier leur cause ? » Dom Ceillier aurait dû plutôt citer
1. Mansi, Concil. ampliss. collect., t vin, col. 309 sq. ; Hardouin, Collect. concil., t. h, col. 989 sq.