‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 231 sur 544 · CONCILE D AGDE · texte numérisé non relu

CONCILE D AGDE

munie, ainsi que le juge qui le reçoit. Cf. Corpus juris canonici, causa XXI, q. v, c. 1.

9. Lorsque des diacres ou des prêtres mariés veulent revenir à la vie conjugale, on doit mettre en vigueur les ordonnances des papes Innocent et Sirice. En conséquence, le concile inséra à la suite de ce 9e canon le passade de la décrétale d'Innocent à Exupère, renouvelant l'ordonnance de Sirice. L'une et l'autre demandent que ces clercs incorrigibles soient dépouillés de toutes dignités et fonctions ecclésiastiques. Toutefois ceux qui ignoraient la défense de continuer à vivre dans la vie conjugale, peuvent conserver leurs fonctions à la condition de vivre dans la continence 1.

10. Un clerc ne doit pas visiter de femme, et ne peut en avoir chez lui ; il ne peut vivre qu'avec sa mère, sa sœur, sa fille, ou sa nièce 2.

11. Les femmes esclaves ainsi que les femmes libres doivent être exclues du service et de la maison d'un clerc 3.

1. « Le soin particulier avec lequel a été composé le canon 9e montre combien l'auteur était pénétré de ce qu'il faisait. Il n'hésite pas à déroger à la brièveté ordinaire des canons, afin de porter à la connaissance de tous, par le texte même du concile, les autorités qui fixaient le droit, selon lui, dans la question envisagée. Ces autorités, c'étaient trois décrétales des pontifes romains qui étaient alors conservées dans les archives de toutes les églises bien ordonnées. L'une était cette décrétale d'Innocent à Exupère de Toulouse, qui avait été destinée au pays même. Gésaire l'omet et se contente de faire insérer des extraits des deux autres qu'on était censé connaître moins ; l'une, du même pape à l'évêque de Rouen Victrice ; l'autre de son prédécesseur Sirice à l'évêque espagnol Himère. Toutes ces pièces avaient, bien qu'adressées à des Églises particulières, un caractère d'universalité que les papes avaient soin de marquer eux-mêmes, en recommandant aux destinataires de leur donner la plus grande publicité qu'ils pourraient. Leur insertion dans le texte du concile équivaut, de la part des Pères, à la reconnaissance de leur autorité, ce qui n'est pas le trait le moins remarquable à relever dans l'histoire de ce concile. » Malnory, op. cit., p. 78. (H. L.)

2. Dans les Statula, saint Césaire rappelait sommairement aux clercs le précepte qui leur interdisait d'avoir sous leur toit des femmes étrangères. Le concile d'Agde apporte plus de précision sur ce point. La tante n'est pas nommée, mais elle paraît comprise implicitement dans celte liste. S'il n'est même pas fait mention de la femme, c'est que la chose allait de soi. Cependant à Arles on exigeait une promesse de continence tant de l'homme que de la femme et, avec le temps, il fullut se montrer plus sévère. Les conciles postérieurs montreront le progrès des restrictions, ce sera la séparation du lit, puis de la chambre, enfin du toit. (II. L.)

3. Ce canon se rattache étroitement à l'ordre d'idées dont s'inspire le canon précédent, Après avoir établi la décence dans la ojemeure du clerc, le çoopile

12. Pendant le carême, tous les membres de l'Église doivent jeûner tous les jours sans en excepter le samedi, mais à l'exception du dimanche 1. Cf. Corpus juris canonici, De consecratione, dist. III, c. 9.

13. Dans toutes les églises, on enseignera aux catéchumènes le symbole, le même jour, c'est-à-dire huit jours avant Pâques 2. Cf. Corpus juris canonici, De consecratione, dist. IV, c. 56.

danger auquel on était exposé dans le cellier de la maison épiscopale avec les servantes qui apportaient les commissions et encore dans les sacristies où des femmes venaient faire des confidences pieuses. (H. L.)

1. La discipline du jeûne pendant le carême a varié beaucoup depuis l'origine. Au vie siècle on était arrivé à peu près généralement en Occident à admettre quarante jours de carême, ce qui ne signifiait pas toujours quarante jours de jeûne, et dans certaines provinces le samedi, aussi bien que le dimanche, bénéficiait d'une exception comme en Orient, soit par suite des anciens privilèges du jour du sabbat, dont on trouve la trace dans la liturgie jusqu'au vie ou au vu* siècle, soit à cause de la solennité du dimanche qui remontait jusqu'au samedi. Le concile réduit le samedi au rang des autres jours de la semaine. Cf. Thomassin, Traité des fêtes, 1697, p. 310 sq. ; dom J. de l'Isle, Histoire dogmatique et morale du jeûne, 1741, 1, II. (H. L.)

2. Le 13e canon est ainsi conçu : Symbolum etiam placuit ab omnibus ecclesiis una die, id est ante octo dies (var. octavo die ante) dominicœ resurrectionis, publiée in ecclesise competentibus tradi. Cette traditio symboli, écrit dom Cabrol, fait partie, comme on sait, de la discipline du catéchuménat et c'est un rite important dans la classification des diverses liturgies. A Rome la cérémonie s'accomplissait dans la semaine qui précédait le quatrième dimanche de carême (Ordo Romanus VII, P. L., t. lxxviii, col. 996-997 ; Sacramentaire gélasien, i, 35, dans Ïommasi-Vezzosi, Opéra, t. vi, p. 44), mais à Milan c'était d'abord le dimanche des Rameaux (S. Ambroise, Epist., xx, P. L., t. xvi, col. 103 ; cf. G. Morin, L'Évangéliaire d'Aquilée, dans la Revue bénédictine, 1902, p. 1 sq.) ; plus tard ce fut le samedi avant ce dimanche (Sacramentaire de Bergame, ixe siècle, dans Auctarium Solesmense, in-4, s. 1. n. d., p. 57 ; Sacrament. de Biasca, col. 103 ; Ebner, Quellen der Missale Romanum, 1896, p. 74 ; Antiph. ambros., Londres, Brit. Mus., add, 3b.209, fol. 218 ; Paléogr. musicale, t. v) ; chez les Mozarabes, c'est aussi le même dimanche. Duchesne, Origines du culte, 2* édit., in-8, p. 307, note 1. Le concile d'Agde en fixant le dimanche des Rameaux pour ce rite, reste donc dans la tradition gallicane dont on retrouve encore des témoins dans saint Germain de Paris, dans le sacramentaire de Bobbio, dans le Missale Gallicanum vêtus, dans le Missale Gothicum. S. Germain, Epist., n, P. L., t. lxxii, col. 96 ; Sacram. Bobiense, Miss. Gall. vet., Miss. Goth., P. L,, t. lxxii, col. 487, 348, 263. On peut se demander aussi de quel symbole il s'agit dans ce canon, celui des Apôtres ou celui de Nicée? Il est incontestable que dans toute l'antiquité c'est le symbole des Apôtres qu'il faut entendre sous ces .termes de traditio symboli, mais au commencement du vi« siècle la question peut être discutée. Il semble qu'en Gaule au moins, le symbole de Nicée ne remplaça pour la traditio symboli, le symbole des apôtres

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