concile d'agde
14. Les autels ne doivent pas être simplement oints du saint chrême, ils doivent aussi être bénits *. Cf. Corpus juris canonici, De consecratione, dist. I, c. 32.
15. Les pénitents 2 doivent recevoir du prêtre l'imposition des mains et un cilice pour le mettre sur leur tête. S'ils ne coupent pas leurs cheveux et ne changent pas leurs habits, on doit les éconduire. Il ne faut pas admettre facilement les jeunes gens à la pénitence, à cause de la faiblesse de leur âge ; on ne refusera le viatique à
veut que celui-ci évite la familiarité avec les femmes du dehors. C'était un d'une façon un peu générale, que vers le vue ou même le vme siècle, époque postérieure à notre concile. En Espagne, l'usage du symbole de Nicée serait constaté, d'après Harnack, dès le vie siècle, mais Kattenbusch le conteste, Bas apostolische Symbol, t. n, p. 802, cf. p. 296 sq. et 1. 1, p. 55, note 4. L'influence des usages espagnols sur le concile d'Agde ne paraît pas prouvée, au moins en matière liturgique. (H. L.)
1. Ce canon est ainsi conçu : Altaria placuit non solum unctione chrismatis, sed etiam sacerdotali benedictione sacrari. Ce canon témoigne d'un rituel très rudimentaire pour la consécration de l'autel, une onction du chrême et la bénédiction de l'évêque. Et encore on peut sans trop presser le texte y voir une insinuation que jusque-là on se contentait parfois de la seule onction du chrême, mais il faut constater aussi que ce canon est très gallican, car la liturgie romaine ne reconnaîtra que bien plus tard la cérémonie du chrême dans la dédicace. Le texte suivant de Grégoire de Tours est d'accord avec le canon du concile : l'évêque vient le matin sanctifier l'autel. Mane vero venientes ad cellulam, altare, quod erexeramus, sanctificavimus [De gloria confessorum, c. xx, P. L.% t. lxxi, col. 842). Dans la dédicace gallicane telle qu'on peut la reconstituer par les livres gallicans d'époque un peu postérieure (commentaire de Remy d'Auxerre,ixe siècle, qui n'est que Yves de Chartres en personne, xn« s. ; Ordo de Vérone, Sacramentaire de Gellone, Missale Francorum), la cérémonie est déjà plus développée ; on y asperge d'eau bénite l'autel, on l'oint d'huile bénite, on y fait brûler l'encens, mais l'onction de l'autel avec le chrême et la bénédiction de l'évêque demeurent bien les deux rites essentiels. La prière de l'évêque répond aux termes sacerdotali benedictione sacrari du canon : Dei Patris omnipotentis, dit l'oraison gallicane, misericordiam dilectissimi fratres, deprecemur ; ut hoc altarium sacrificiis spiritualibus consecrandum, vocis nostrst exorandus officio prxsenti benedictione sanctificet ; ut in eo semper oblationes famulorum suorum studio suae devotionis impositus benedicare et sanctificare dignetur.
2. Par pénitents il ne faut pas simplement entendre ceux que l'Église a condamnés à faire; publiquement pénitence, mais aussi ceux qui, ayant la contrition des péchés commis dans le inonde, font vœu (professio) de chasteté (on leur donne souvent le nom de conversi). Cf. c. 16, et plus haut, § 165, le 21e canon du II« concile d'Arles, et enfin, plus loin, $ 224, le 11» canon du Ier concile d'Orléans, au sujet du Viaticum, Voir § 229, le 9* canon du synode de Gérone.
quiconque se trouve à l'article de la mort. Cf. Corpus juris canonici, dist. L, c. 63.
16. Nul ne doit être ordonné diacre s'il n'est âgé de vingt-cinq ans. Lorsqu'un homme jeune et marié veut se faire ordonner, on doit lui demander si sa femme y consent et si elle a fait vœu de se séparer de son mari et de chasteté4. Cf. Corpus juris canonici, dist. LXXVII, c. 6.
1. Conversio est ici, comme il arrive souvent, synonyme de professio continentiœ. V. le canon 12e du concile d'Orange et le canon 43e du concile d'Arles en 443, § 162. L'étude consacrée par M. Malnory à la législation du concile d'Agde touchant la continence des clercs, sera le meilleur commentaire de ce canon et du suivant. « En mettant la question dont nous parlons à l'ordre du jour du concile, ce n'est point à son Eglise ni même à sa province que songea Césaire. Il y avait longtemps que celle-ci s'était mise en harmonie avec les Églises les mieux réglées d'Occident. Elle devait ce progrès aux échanges de vues fréquents qu'elle avait eus avec les Églises de la haute Italie et avec Rome, au contact de collèges monastiques d'une dignité de tenue et d'une sévérité de mœurs éclatantes, qui étaient des séminaires d'évêques pour la province, et enfin à l'action d'un gouvernement ecclésiastique très concentré entre les mains des évêques d'Arles. Déjà Hilaire d'Arles avait puisé assez de confiance dans la conduite de son clergé pour statuer, dans les cas d'infraction à la loi, ces mesures sans ménagements que l'on n'ose prendre qu'avec des lois bien établies. Une mesure préventive adoptée par le concile d'Orange (can. 12) fut d'exiger de tout candidat aux ordres sacrés à partir du diaconat ce qu'on appelait conversionis proposition ; ce qui était l'équivalent de l'engagement de chasteté perpétuelle que prennent nos sous-diacres. Le fait d'avoir un enfant de sa femme, si on était prêtre ou diacre, était un scandale que l'Église punissait de la dégradation cléricale. Césaire trouva donc le clergé marié de la province parfaitement pénétré de son devoir, et n'eut pas, en rédigeant ses statuts, à le lui rappeler. Mais il ne lui avait pas fallu un long séjour dans l'Aquitaine pour constater dans le clergé de ce pays une facilité de mœurs qui appelait une réaction prudente mais ferme. Cela datait de loin. Déjà un siècle auparavant les plaintes acerbes de Sulpice Sévère nous font connaître la propension des clercs aquitains pour les femmes. Un peu après, celles de Salvien avaient stigmatisé le penchant de tous les Aquitains en général à la luxure. Le milieu où l'on rencontrait de pareils exemples était une atmosphère peu propice à la continence des clercs mariés. Aussi tandis que la province d'Arles se rangeait de son propre mouvement à la pratique la plus sévère, en Aquitaine, le Saint- Siège lui-même se voyait obligé d'intervenir pour empêcher la pratique la plus relâchée de prévaloir. Innocent écrivit à ce sujet à l'évêque Exupère de Toulouse. Mais l'écho de sa décrétale ne parvint pas à tous ceux qu'elle concernait et les révolutions pacifiques par lesquelles le pays passa bientôt après ne pouvaient avoir leur effet de la faire obéir. L'occupation wisigothe qui eut lieu dès 419, empêcha la réformation de l'Église aquitaine en l'isolant des provinces voisines où la vie cléricale était mieux réglée, et en étouffant en elle-même toute force de relèvement pour une persécution spécialement dirigée contre le clergé.