Prétendu concile de Toulouse, conciliabule à Antioche
en 507 et 508.
Rurice, le vieil évêque de Limoges, n'avait pu assister au concile d'Agde, à cause de ses infirmités. Nous voyons par sa correspon-
pour le droit de l'État, mais une véritable considération. Cela se voit, par exemple, à l'égard de plusieurs articles de loi civile auxquels le concile prête la sanction de la loi ecclésiastique, tels que ceux qui réglaient la tutelle des enfants trouvés (can. 24e), l'âge de l'imposition du voile aux vierges consacrées à Dieu (can. 19e). Quelques canons, tels que ceux édictés sur la cohabitation des clercs avec les femmes, sur leurs familiarités avec elles dans les celliers ou les sacristies, ne sont que des extraits du Bréviaire. Il y a réciprocité de bienveillance de la part de l'État : le concile se sent sûr de l'appui de ce dernier pour toutes celles de ses lois dont l'exécution réclamera le concours du bras séculier, et il règle sur ce concours ses sanctions vis-à-vis des personnes ou des biens. Un moine a-t-il déserté son monastère ? Le concile ordonne qu'il soit ramené à son abbé ; il est bien entendu que c'est la force publique qui s'en chargera. Le Bréviaire faisait rentrer dans la curie, dans les corporations ou les autres charges onéreuses, les clercs que l'Eglise avait dégradés de leur rang. Le concile fait de cette sanction civile le pivot de sa pénalité. Quand il rencontre de ces irrégularités qui sont à ses yeux une violation irrémédiable du caractère clérical, comme l'incontinence, la bigamie, la profession de pénitence publique, il prononce la peine de dégradation, pour l'avenir du moins ; pour le passé, prenant garde aux situations acquises, il sauvegarde l'immunité cléricale, en laissant l'honneur, sans les fonctions. Pour les fautes, même graves, que le seul repentir suffit à laver, il se garde bien de pousser la répression jusqu'à cette extrémité, et se contente des sanctions dont l'effet doit se limiter à la vie ecclésiastique, depuis l'excommunication jusqu'à la peregrina communio, qui réduit le coupable à la condition des étrangers. C'est surtout à l'égard des biens de l'Église que le concours de l'État était nécessaire. Il est clair que les lois établies par l'assemblée ecclésiastique en pareille matière ne devaient être obéies et suivies d'application qu'autant que l'Etat les ferait siennes. Ce concours ne fut pas refusé. La bonne volonté du gouvernement d'Alaric à cet égard n'est pas prouvée seulement par l'assurance avec laquelle le concile la présume, lorsqu'il déclare que les aliénations faites en violation de ses règlements « seront nulles » aliter facta venditio non valebit. Alaric voulut, sur ce point, qui touchait de plus près au droit civil, donner au concile la même sanction que le concile romain avait obtenue de ïhéodoric. Nous ne connaissons pas les termes de l'édit qu'il publia, mais l'existence de ce dernier nous est certifiée par une décision rendue un peu plus tard par Théodoric lui-même, en exécution de
dance avec Césaire d'Arles 4, qu'il voulait convoquer pour Tannée suivante (507) un concile à Toulouse (située de même qu'Agde dans le royaume des Wisigoths), et qu'il comptait y appeler aussi les Espagnols 2. En s'appuyant sur ce passage, d'anciens historiens ont mentionné un concile tenu à Toulouse en l'année 507 ; mais ils n'ont donné aucun détail sur ce concile qui, de fait n'avait pu avoir lieu ; car, précisément en 507, Clovis attaqua et tua Alaric II, et au milieu çle la guerre il n'a pas été possible aux évêques de se réunir pour le concile projeté.
Théophane parle d'un conciliabule d'Antioche tenu en 508 ou
509. Sur l'ordre de l'empereur grec Anastase, Flavien, archevêque d'Antioche, signa le fameux hènotique de l'empereur Zenon et réunit autour de lui, en concile, les évêques qui étaient sous sa juridiction ; l'assemblée rendit un décret, maintenant perdu, par lequel elle reconnaissait solennellement les conciles de Nicée, de Constantinople et d'Ephèse, mais passait sous silence celui de Chalcédoine, prononçait l'anathème contre Diodore de Tarse et Théodore de Mopsueste, et donnait quatre propositions que l'on prétendait avoir été émises par Acace de Constantinople ; elles combattaient, en opposition avec le Concile de Chalcédoine, l'expression en deux natures s.
cet édit, pour faire rentrer l'Église de Narbonne dans quelques terres qui avaient été distraites contrairement au droit ecclésiastique. Enfin, l'intention annoncée à Césaire par le ministre Eudomius de réunir l'année d'après un nouveau concile ne signifie-t-elle pas clairement qu 'Alaric était fermement résolu à donner au concile d'Agde toute la suite qui pouvait lui être donnée ? » (H. t.)
1. Cette correspondance est reproduite dans Mansi, op. cit., t. vm, col. 343 sq,
2. Lalande, Concilia Galliœ, 1660, p. 47 ; Labbe, Concilia, 1671, t, iv, col, 1827 ; Coleti, Concilia, 1728, t. v, col. 541 ; Liron, Singularités historiques, 1738, t. i, p. 295-310 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., 1762, t. vin, col. 347 ; Zaccaria, Raccolta di dissertazioni, 1795, t. xvi, p. 190-201. (H. L.)
3. Mansi, op. cit., t. vin, col. 347 ; Pagi, Critica in Annales Baronii, ad ann,