‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 243 sur 544 · PREMIER CONCILE d'oRLEÀNS · texte numérisé non relu

PREMIER CONCILE d'oRLEÀNS

Voici les canons :

1. Lorsque des meurtriers, des adultères ou des voleurs se sont

piration d'un concile à Orléans en 511 remonte à saint Césaire d'Arles. Cette opinion, toute subjective, ne saurait prévaloir contre l'opinion contraire de M. Malnory, Saint Césaire d'Arles, p. 114, qui réduit les choses à leur valeur positive et historique : « Stimuler partout, dit-il, la réunion de ces assemblées (les conciles) était la plus importante des charges tracées dans les privilèges de Césaire, et on peut croire qu'il y déploya tout son zèle. C'est à lui que se rattache le mouvement extraordinaire de conciles régionaux et nationaux qui se produit des deux côtés des Pyrénées et surtout en Gaule, à cette époque. Seul d'entre ceux qui ont été tenus de son vivant en Gaule, le concile Ier d'Orléans, en 511, réuni sur un ordre personnel de Clovis, qui fait ici la figure d'un nouveau Constantin, peut être considéré comme le produit d'une inspiration spéciale probablement ecclésiastique, mais qui paraît bien être indépendante de Césaire. Tous les autres, depuis celui d'Épaone en Burgondie (517) jusqu'au IVe d'Orléans (541), antérieur de deux ans à la mort de Césaire, se rattachent si visiblement par leur dispositif aux conciles de la province d'Arles, et en particulier aux Statuts de Césaire et au concile d'Agde, qu'on dirait une conspiration de toute la Gaule pour l'adoption de la discipline antérieure. Le fait que Césaire n'a plus présidé, après Agde, de concile étranger à sa province, n'autorise pas à dire que des assemblées telles que celles d'Epaone, Clermont, Orléans 1I-IV, se sont tenues tout à fait en dehors de lui. Les grands métropolitains qui ont convoqué et présidé ces assemblées ont certainement subi son influence plus ou moins avouée. » La tendance que M. Kurth ne prend aucun souci de dissimuler, en attribuant à Césaire d'Arles un rôle prépondérant dans la convocation du concile de 511, est de faire remonter, à travers l'évêque d'Arles, vicaire du pape dans les Gaules, l'honneur de « la grandiose manifestation de vitalité religieuse par laquelle se clôturent les annales du premier roi chrétien des Francs » jusqu'à la papauté. Avec des préoccupations de cette nature nous sortons de l'histoire pour entrer dans l'apologétique ; c'est un terrain sur lequel nous ne croyons pas devoir nous engager. Plus anciennement et pour des intérêts de clocher on a cherché à donner à saint Mélaine de Renne» le rôle principal dans la convocation du concile de 511. La recension la plus ancienne de la Vita sancti Melanii s'exprime ainsi : Sinodum ve.ro in Aurelianense civitate XXXII episcoporum congregavit (Chlodev échus) quicanones statuerunt, quorum auctor maxime sanctus Melanius prœdicator Redonensis épiscopus extitit, sicut etiam in prxfatione ejusdem concilii hactenus habetur insertum. Ce renseignement donné d'un ton si assuré n'est rien moins que contestable. 11 est emprunté à un document du vin» ou du ix*1 siècle, intitulé : Adnotatio de synodis et c'est ce document que la Vita Melanii qualifie de prœfatio. h'adnotatio elle-même se contente, bien loin de consigner ici un fait authentique, d'induire le rôle de saint Mélaine de la place qu'il occupe parmi les signataires du concile d'Orléans dans une pièce intitulée : De episcopis qui suprascriptos canones consenserunt et subscripscrunti on voit qu'il ne subsiste rien du témoignage de la Vita, La démonstration de tout ce qui précède a été faite par Lippert, Die Verfasserschaft des Kanones gallischer Concilien des V

réfugiés dans une église, on ne doit pas, ainsi que le prescrivent le droit canon 4 et le droit romain 2, les arracher de l'église, ou de l'atrium de l'église, ou de la maison épiscopale, avant d'avoir juré sur les Evangiles qu'ils n'auront pas de châtiments à redouter [de morte, de debilitate et omni pœnarum génère sint securi), à la condition toutefois que le coupable s'entende avec la partie lésée pour lui donner satisfaction. Quiconque manquera à ce serment sera exclu de l'Église et de tout rapport avec les catholiques. Mais si, d'un autre côté, le coupable ne veut pas accéder à la proposition qui lui est faite, et si, par peur, il s'échappe de l'église, on ne doit

und VI Jahrkunderts, dans Neues Archiv, 1889, t. xiv. Une recension postérieure (C) de la Vita Melanii va jusqu'à prétendre que saint Mélaine présida le concile d'Orléans : eum sibi in primatem prsefecerunt, et Vincent de Beauvais, Spéculum kistoriale, 1. XXI, c. xxni, soutient que c'est saint Mélaine qui a réuni le concile : Hanc synodum XXXII episcoporum congregavit sanctus Melanius. La convocation, nous l'avons dit, était le fait de Clovis ; la moitié seulement de l'épiscopat franc (32 sur 64) y répondit, et six métropolitains sur dix furent présents. La plus forte représentation fut celle des trois Lyonnaises qui donnèrent seize présents contre sept absents ; les deux Aquitaines neuf présents et cinq absents ; la Novempopulanie trois présents sur douze évêques ; les diocèses de la région pyrénéenne n'étaient pas représentés. Les deux Germanies et la première Belgique n'avaient envoyé aucun représentant ; la deuxième Belgique n'a que quatre évêques (Soissons, Vermand, Amiens, Senlis) sur douze titulaires de ses sièges épiscopaux. On aurait beau jeu de supposer des raisons valables d'absence avant d'avoir trouvé de quoi combler tous ces vides. Ce fait confirmerait à lui seul la remarque tirée de la présence en groupe compact des évêques aquitains et arlésiens et delà convocation du concile consentie en vue de les satisfaire. Une autre remarque s'impose. « Tirez une ligne qui passererait au nord d'Amiens, de Vermand et de Soissons, et qui reviendrait vers le sud à l'ouest de Tongres, et vous aurez délimité la frontière septentrionale et orientale de l'ensemble des diocèses dont les pasteurs légiférèrent à Orléans. En d'autres termes, le vieux royaume des Francs saliens n'a pas envoyé un seul prélat au concile. C'est là un indice bien significatif de l'extinction de la hiérarchie catholique dans ce pays, depuis sa conquête par les rois mérovingiens. » G. Kurth, Clovis, 2e édit., t. n, p. 140. Ce qui n'est pas moins caractéristique c'est la nature des préoccupations et des solutions données par les Pères du concile. Nulle part il n'est question de païens à convertir, d'influence païenne à combattre, de diocèses affaiblis par les récentes invasions. Pas une seule fois on ne semble songer qu'il existe autre chose que la langue et la civilisation romaines ; de la terre des Francs germaniques il n'est plus question. C'est avec ce correctif qu'il faut entendre ce que nous avons dit du concile d'Orléans considéré comme concile national. (H. L.)

1. Cf. Conc. Arausicanum, 441, can. 5 ; conc. Arelatense (entre 442-506), can. 30. (H. L.)

2. Codex theodost, ix, 45, De his qui ad ecclesiam confugerint. (H. L.)

Page 1