‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 25 sur 544 · PREMIÈRE SESSION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SESSION

Cladeus d'Anchiasmus, Marcus d'Euroïca, Peregrinus de Phénicie et Soterichus de Corcyre. Ils passèrent tous de l'autre côté. Dioscore fit alors la déclaration suivante : « Flavien a été justement condamné pour avoir parlé de deux natures après l'union. Je puis prouver, pur Athanase, par Grégoire et par Cyrille, que l'on ne doit plus parler après l'union que d'une seule nature incarnée du Logos (jjLta c7î7ap/.coîJt£VYj tou Aôvou oùtjiç). Je serai condamné avec les Pères, mais je défendrai leur doctrine, et je ne faiblirai sur aucun point. Je demande en outre, et plusieurs avec moi, qu'on lise ce qui reste l. » On le fit, et on arriva ainsi aux votes émis au concile de Constantinople au sujet de la question de foi en litige. A la suite de ces votes se trouvaient les réclamations et observations présentées à Ephèse lorsqu'on y avait lu cette partie des actes de Constantinople 2. iEtherius, évéque de Smyrne, qui, à Ephèse, n'avait pas voulu reconnaître son vote émis à Constantinople et prétendait avoir dit tout autre chose, voulut cette fois revenir sur ce qu'il avait dit à Ephèse, pour le montrer sous un tout autre jour. Ces tergiversations lui valurent des reproches amers de la part de Dioscore et de Thalassius. Ce dernier lui dit : « Tu t'es exprimé à Ephèse comme tu as voulu et sans que l'on t'ait forcé en aucune manière à parler : pourquoi veux-tu donc maintenant rétracter ce que tu as dit 3 ? » Béronicien ayant lu quelques autres votes émis par les évêques Valérien et Longin, Dioscore interrompit la lecture : « J'admets, dit-il, l'expression « le Christ est de deux natures » (h. oùo), mais je n'admets pas celleci : « il y a deux natures (xbà'Jo ojcé^o^ol) ; » je dois parler avec audace, car il s'agit ici de ma vie. » Eusèbe de Dorylée lui répondit que ce seraient de justes représailles pour la mort de Flavien et celle qu'il avait voulu lui infliger à lui Eusèbe 4. Dioscore répondit qu'il [4351 se défendrait devant Dieu. « Et devant la loi ? » repartit Eusèbe, ajoutant que le moment était venu de le faire, parce qu'il n'était pas en ce lieu pour chanter ses louanges, mais bien pour le mettre en accusation. Le légat Paschasinus fit alors la remarque que Dioscore parlait beaucoup plus qu'il n'avait laissé parler Flavien à Ephèse; mais les commissaires impériaux répondirent que « le

1. Hardouin, Coll. concil., t. H, col. 130 sq. ; Mansi, Conc. ampliss. coll., op. cit., t. vi, col. 679-683.

2. Hardouin, op. cit., t. n, col. 131 sq. ; Mansi, of>. cit., t. vi, col. 686 sq.

3. Hardouin, op. cit., t. il, col. 135 ; Mansi, op. cit., t. vi, col, 690.

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