Le texte grec actuel ne parle pas de Flavien
présent concile voulait pratiquer la justice *, et le second légat Lucentius approuva les commissaires.
Béronicien lut la fin du procès-verbal de la seconde session du concile tenu à Constantinople, et cette lecture ne fut interrompue que par deux courtes observations. Dioscore dit: «Après l'union, il n'y a plus deux natures !» Et Eustathe de Béryte blâma l'expression : « Il a reçu l'homme. » On devait dire : « Il est devenu homme et a pris chair 2. »
On lut ensuite, sans provoquer aucune observation, les procèsverbaux des me, ive, ve et vi° sessions de Constantinople ; cette même lecture, on s'en souvient, n'avait pas soulevé de discussion au Brigandage d'Ephèse 3. Aussitôt après on aborda les questions soulevées lors de la vne session à Constantinople et celles que provoqua la lecture de ces actes à Ephèse. Dans cette vnc session de Constantinople, nous l'avons vu, Eusèbe de Dorylée et Eutychès avaient été mis en présence, comme accusé et comme accusateur, et, après de longs pourparlers, Eusèbe de Dorylée avait posé à Eutychès cette question décisive : « Reconnais-tu que les deux natures existent réellement, même après l'incarnation?» Lorsqu'à Ephèse on avait lu ce passage des actes du concile de Constantinople, les membres du Brigandage d'Ephèse s'étaient écriés pleins de colère : « Qu'on arrête Eusèbe et qu'on le brûle ! » et d'après le procès-verbal, le concile entier avait crié : « Anathème à celui qui reconnaît les deux natures ! » Mais à Chalcédoine, les évêques orientaux, jadis membres du Brigandage d'Ephèse, nièrent positivement ce fait, et Dioscore lui-même dut avouer qu'il concernait les seuls Egyptiens 4.
Le procès-verbal du Brigandage d'Ephèse portait ensuite que tout le concile avait par ses cris manifesté son approbation de la profession de foi d'Eutychès : « Avant l'union le Seigneur se composait de deux natures, mais après l'union il n'en existait plus qu'une seule. » Les Orientaux et leurs amis protestèrent et déclarèrent que « les Egyptiens avaient été seuls à crier, que c'était là du dioscorisme. Salut à l'empereur, longues années à l'impératrice, longues années au sénat ! » Eustathe de Béryte émit alors l'avis que le
1. Hardouin, op. cit., t. n, col. 135 ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 690 sq.
2. Hardouin, op. cit., t. n, col. 135-139 ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 691-698.
3. Hardouin, op. cit., t. n, col. 139-158 ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 698-730.
4. Hardouin, op. cit., t. n, col. 163 ; Mansi, op. cit.y t. vi, col. 739.