‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 281 sur 544 · CONCILES SUR LE MONOPHYSISME · texte numérisé non relu

CONCILES SUR LE MONOPHYSISME

l'autre qui fut célébré à Tyr le 16 septembre 518 K L'un et l'autre envoyèrent à Jean de Constantinople et aux évêques réunis autour de lui des lettres synodales approuvant de la manière la plus énergique les résolutions prises à Constantinople. Le concile de Tyr, après avoir raconté tout au long les crimes de Sévère d'Antioche et de ses pareils, de même que ceux de Jean Mandrites, clerc

»de Tyr, demande à son tour l'inscription dans les diptyques des noms de Flavien, l'ancien patriarche d'Antioche, de Léon, etc. 2. Une pièce jointe à la lettre synodale de Tyr raconte ce qui s'était passé dans la principale église de cette ville, le 16 septembre 518 3, après la lecture de la lettre venue de Constantinople et avant l'ouverture du concile de Tyr. Le peuple demanda par des acclamations sans fin à Épiphane de Tyr (il est nommé quelquefois patriarche) et h ses suffragants d'anathématiser les erreurs monophysites et leurs partisans, en particulier Sévère d'Antioche [692] et Jean Mandrites 4.

Les évêques de la Syria //tinrent un troisième concile sous la présidence de Cyrus, évêque de Mariamne. Dans leur lettre synodale t au patriarche œcuménique » Jean de Constantinople, ils se félicitent de ce qu'un empereur orthodoxe soit au pouvoir, et de ce que les temps de trouble touchent à leur fin. Ils adhèrent sans aucune restriction, aux décisions rendues à Constantinople, et annoncent qu'ils ont non seulement prononcé l'anathème et la déposition contre Sévère d'Antioche, mais encore contre Pierre d'Apamée,

1. La lettre synodale de Tyr n'est à la vérité signée que par cinq évêques, mais elle n'est pas complète, ainsi que le prouvent ces mots ; xal ot Xotuot. [Baronius, Annales, ad ann. 518, n. 40-44. Cf. Pagi, loc. cit. ; Coll. regia, t. x, col. 677 ; Coleti, Concilia, t. v, col. 727 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vin, col. 578. (H. L.)]

2. Ces deux lettres synodales se trouvent également parmi les actes du synode de 536 ; dans Mansi, op. cit., t. vm, col. 1068 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1342 sq. Cf. Mansi, op. cit., t. vin, col. 578, et Walch, Ketzerhist., t. vu, p. 67 sq.

3. C'est l'année 643 de l'ère tyrienne ; voy. sur cette ère, Ideler, Handbuch der Chronol., t, i, p. 471 sq., et Lehrbuch der Chronol., p. 197. La note marginale qui se trouve dans Mansi, op. cit., col. 1084 contient une faute d'impression qui pourrait induire en erreur. Il faut lire 518, au lieu de 643, de l'ère dionysienne.

4. Dans Mansi, op. cit., col. 1082-1092 ; Hardouin, op. cit., col. 1354-1362. Le 'Pu)[A«ïxb;, que l'on demande d'anathématiser, ne saurait être le pape de Rome, puisque, quelques lignes plus loin, on parle avec beaucoup de vénération du TwfAYK iraT»c<£pxY]<;.

qui partageait ses sentiments. Les membres du concile demandent, en terminant, au patriarche de Constantinople et à son concile de confirmer la sentence prononcée à Tyr, et de la communiquer à l'empereur, après avoir pris connaissance des documents qu'ils joignent à leur lettre en preuve des nombreux crimes de Pierre *.

11 est hors de doute qu'à la même époque il s'est tenu, dans plusieurs autres villes de l'empire de Byzance, des conciles pour la condamnation des erreurs du monophysisme et de leurs partisans ; car l'empereur Justin l'avait ordonné formellement lorsqu'il eut approuvé les décrets de Constantinople. Le diacre romain Rusticus, un contemporain, rapporte que sous l'empereur Justin, environ deux mille cinq cents évêques adhérèrent, par écrit, au concile de Chalcédoine 2.

Jean de Constantinople et son concile décidèrent de s'adresser au pape Hormisdas pour rétablir la communion ecclésiastique interrompue depuis la publication de YHénotique, en 484. Ils avaient dans ce but, solennellement reconnu le concile de Chalcédoine et inscrit le nom de Léon Ier dans leurs diptyques. Jean écrivit à ce sujet au pape, lui fit part des décisions de son concile, l'assura que le nom d'Hormisdas était déjà dans les diptyques et demanda, afin que l'on rendît pleine satisfaction à Sa Sainteté, l'envoi à Constantinople de quelques ambassadeurs bien disposés pour la paix, chargés de terminer la réconciliation 3.

Sur le désir du concile de Constantinople, l'empereur Justin joignit à la lettre du patriarche une lettre datée du 1er septembre 518 pour demander au pape l'envoi de nonces à Constantinople. Pour que cette affaire fût menée à bonne fin, l'empereur chargea de ses lettres l'un de ses plus hauts fonctionnaires, le comte Gratus 4. Nous apprenons les principaux motifs de cette mission par une lettre que le neveu de l'empereur, le futur Justinien, écrivit au pape

1. Mansi, op. cit., t. vin, col. 1093 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1362 sq. Les documents qui concernent Pierre d'Apamée se trouvent aussi dans le même endroit. Mansi, op. cit., t. vin, col. 1097-1136 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1366-1394. Cf. Walch, op. cit., p. 69.

2. Dans Baronius, ad ann. 518, n. 37, et Mansi, op. cit., col. 578 sq. A cette époque, on comptait dans la chrétienté environ six mille évêques. Cf. supra, §143.

3. Epistola Joannis ad Hormisdam, dans Mansi, Concil, ampliss. coll. t. vm, col. 436 sq.

4. Epistola Justini ad Hormisdam, dans Mansi, op, cit., t. vin, col, 435,

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