CONCILES SUN LE MONOPHYSISME
Hormisdas et remit au comte. Il y dit : « Dès que, par la volonté de Dieu, l'empereur a eu ceint le diadème, il a fait savoir à tous les évêques que la paix de l'Église devait être rétablie, et il a déjà atteint, en grande partie, ce but qu'il se proposait ; mais pour ce qui concernait Acace, il était nécessaire que le pape donnât son avis ; aussi l'empereur a-t-il envoyé à Rome Gratus avec une lettre impé-
(riale. » Justinien terminait en demandant au pape Hormisdas, ou bien de venir lui-même à Constantinople, ou d'envoyer à sa place d'habiles fondés de pouvoirs 4.
Acace de Constantinople avait été, comme on sait, l'auteur de YHénotique, et, pour ce motif, Rome l'avait frappé d'anathème. C'était par lui surtout qu'avait eu lieu la séparation des Eglises de Rome et de Constantinople. Le patriarche Jean et son concile pouvaient donc prévoir que le pape n'adhérerait pas, sans peine, à l'union, si l'on ne commençait par rayer des diptyques le nom d'Acace mort depuis longtemps, c'est-à-dire si l'on ne prononçait l'anathème sur lui ; or c'était précisément ce que les Orientaux se refusaient à faire, et lorsque, sous le précédent empereur, les ambassadeurs du pape avaient fait cette demande, ils avaient été éconduits et renvoyés de Constantinople avec des injures. Au dernier concile de Constantinople, il n'avait été aucunement question d'Acace, et si Ton avait anathématisé Sévère, c'est qu'il était, de l'avis de tous, convaincu des crimes les plus graves. Gratus devait donc négocier à Rome au sujet d'Acace, et trouver, s'il était possible, un moyen terme. Une notice, jointe à la lettre de Jean au pape, nous apprend que Gratus était arrivé à Rome le 20 décembre 518. Baronius 2 rapporte qu'Hormisdas tint d'abord un 694] concile à Rome pour délibérer sur cette affaire, mais la source à laquelle il a puisé ces détails ne mentionne pas cette assemblée, et les nombreuses lettres écrites à cette époque par Hormisdas n'en disent rien non plus. Elles nous apprennent, en revanche, qu'à cette époque (519), le pape envoya les évêques Jean et Germain avec
Pie prêtre Blandus et les diacres Dioscore et Félix, comme ambassadeurs en Grèce, et leur remit desinstructions précises sur la conduite à tenir3. Ils ne devaient recevoir dans leur communion, aucun évêque qui n'eût signé le Libellus qui leur avait été re-
1. Epistola Justiniani ad Honnlsdam, dans Mansi, op. cit., t. vm, col. 438.