Pans Mansi, op. cit., t, vm, col, 441 s<j
mis à Rome et qui contenait un anathème contre Acace et ses successeurs 1. Par ses successeurs on entendait les patriarches Euphémius et Macédonius qui étaient restés séparés de Rome, quoique partisans de la doctrine de Ghalcédoine et persécutés par l'empereur Anastase à cause de leur orthodoxie. Le concile de Constantinople, dont nous venons de parler, avait rétabli leurs noms dans les diptyques ; or, le pape demandait dans ses instructions qu'ils fussent dès maintenant anathématisés avec Acace (comme schismatiques) et prescrivait aux légats de ne céder en rien sur ce point.
A la même époque Hormisdas écrivit toute une série de lettres à l'empereur, à l'impératrice, à Justinien, au patriarche Jean, au clergé de Constantinople, ainsi qu'à plusieurs hommes d'Etat et à des dames de la cour2, pour leur recommander ses légats ou pour leur demander de s'entremettre afin de procurer l'union de l'Eglise. Dans la plupart de ces lettres, le pape s'attache surtout à démontrer que la mesure contre Acace est exigée par la logique même des choses, car on ne pouvait tout à la fois reconnaître le concile de Ghalcédoine, et ne pas condamner ses adversaires qui avaient cherché àl'annihiler ; il étaitinadmissible que l'on conservât le nom d'Acace dans les diptyques pour le mentionner solennellement dans le service divin.
Les légats du pape furent reçus avec les plus grands honneurs, [695 et, partout où ils allèrent, ils trouvèrent des évêques prêts à signer le Libellus. Nous avons sur ce point une relation des légats eux-mêmes 3; une autre relation d'André, évêque de Praevalitana, en Illyrie, parle d'un conciliabule dans lequel les évêques de la nouvelle Epire [Illyris Grœca) n'auraient voulu adhérer qu'en apparence aux désirs du pape, parce que l'archevêque de Dyrrachium ne se trouvait pas dans la véritable voie. Par contre, les légats atteignirent leur buta Constantinople, au mois de mars 519; le patriarche Jean signa le Libellus du pape 4 , prononça par conséquent l'anathème
1. Ce Libellus est certainement identique à celui que plus tard le patriarche Jean signa et envoya au pape.
2. Dans Mansi, op. cit., t. vm, col. 435-449. Quelques personnes, ainsi l'empereur et Justinien, reçurent deux lettres, le patriarche en reçut même trois. Quelques-unes furent, il est vrai, confiées aux légats, mais les autres furent expédiées avant ou après leur départ.