CONCILE DE CARTHAGE EN
de ses moines qui n'avaient péché ni contre la foi ni contre les mœurs. Après l'audition de ces dépositions, insérées au procèsverbal, Boniface manifesta son mécontentement au sujet de Libératus, qui troublait les moines et méconnaissait les privilèges [714] du siège de Carthage, puis il fit donner lecture de toutes les lettres relatives à ce différend. La première, de l'abbé Pierre, contenait un exposé de l'affaire. Pendant la vacance du siège de Carthage les moines avaient prié le primat de la province de Byzacène, qui était le plus voisin, d'ordonner un de leurs prêtres, pour les besoins du couvent. Libératus en concluait que le monastère était sous sa juridiction, tandis que les moines se réclamaient de l'archevêque de Carthage, leur véritable chef spirituel.
Le second document était la lettre de Libératus à Boniface de Carthage, écrite au concile de Junca ; Libératus y prétendait que la province de Byzacène jouissait d'une paix complète pour les choses de l'Église.
Le troisième document était la réponse de Boniface à Libératus et au concile de Junca. Boniface exhortait Libératus à renoncer à tout ce qui pouvait troubler la paix de l'Église ; quant à lui, il ne pouvait accepter les propositions faites par les députés du concile de Junca, et ne songeait pas à changer les anciennes règles ecclésiastiques (probablement au sujet des droits du siège de Carthage). Il indiquait, à la fin de la lettre, le jour de la Pâque pour Tannée suivante 524.
Le quatrième document était une nouvelle lettre de l'abbé Pierre et de ses moines à Boniface, rédigée probablement à l'époque où le concile de Junca avait envoyé faire à Carthage des propositions de vive voix (probablement aussi au sujet du monastère de l'abbé Pierre). L'abbé se plaint de nouveau de l'injustice de Libératus ; il affirme comme un principe que le couvent dont les moines sont issus des différentes parties de l'Afrique et quelques-uns même d'au delà des mers, ne saurait dépendre d'un seul évêque et que celui-ci ne pouvait traiter ces moines comme ses propres clercs. Pierre citait à l'appui deux passages de saint Augustin, une lettre de l'ancien primat de la province de Byzacène, et un décret
ques d'Arles dans le conflit entre Théodore de Fréjus et Fauste, abbé de F.érins. Nous n'avons pas la fin des actes et la solution donnée par les Pères de Carthage h l'affaire de l'abbé Pierre, mais le décret rapporté plus loin ne laisse aucun doute qu'elle n'ait été favorable aux moines. (H. L.)
du concile d'Arles, de 455, pour prouver qu'autrefois moines et [71J nonnes n'étaient pas soumis à l'évêque le plus voisin, mais restaient indépendants.
Avec le récit de cette affaire se termine le procès-verbal de ce concile ; toutefois nous savons par un ancien manuscrit lombard du Vatican, que l'on prit la résolution suivante : A l'avenir, les couvents doivent être, ainsi qu'ils l'ont été jusqu'ici, indépendants a conditione clericorum omnibus modis l. Le concile de Carthage, tenu en 534, (ou 536) a fait allusion à la décision prise dans le concile actuel.