CONCILES D'ORANGE ET DE VALENCE
1-7241 242. Concile d'Orange et concile de Valence, en 529 i.
L'un des conciles les plus importants du vie siècle, fut YArausicana II, qui se tint à Orange (Arausio), dans le sud de la Gaule, le 3 juillet 529. Ce concile eut lieu à l'occasion de la consécration d'une église nouvellement bâtie à Orange par Libère, préfet du prétoire des Gaules. Sur l'invitation de ce personnage, Césaire archevêque d'Arles, et les évoques Julien, Constance, Cyprien, Eucher, un second Eucher, Héraclius, Principius, Philagre, Maxime, Prétextât, Alethius, Lupercian et Vindemialis s'étaient réunis à Orange. Les sièges épiscopaux de ces quatorze évêques ne sont pas indiqués. Césaire, qui a signé le premier au procès-verbal du concile, ajouta à sa signature cette note chronologique : Ducio juniore V. C. consule ; ce qui indique l'année 529 ; c'est donc bien à tort que Baronius et quelques autres ont daté ce concile du pontificat de Léon le Grand 2. A cette époque, Hilaire occupait le siège d'Arles, et Césaire n'était pas né. De plus l'Eglise d'Orange a été fondée par un préfet du prétoire du nom de Libère, lequel a signé le procès-verbal du concile. Or ce Libère vivait au vie siècle, et fut nommé par
1, Baronius, Annales, ad ann. 463, n. 3 ; ad ann. 529, n. 6. Cf. Pagi, Critica, ad ann. 529, 530, n. 7 ; Sirmond, Conc. Gallise, t. i, col. 215 ; Coll. régla, t. xi, col. 61 ; Andr. d'Abillon, Le concile de la grâce ou réflexions théologiques sur le second concile à" Orange, in-4, Paris, 1645 ; Le même, Le triomphe de la grâce sur la nature humaine ou réflexions théologiques sur le second concile d'Orange, in-4, Paris, 1645 (2e tirage allégé de 26 pages) ; Labbe, Concilia, t. iv, col. 1666-1676 ; Hardouin, Coll. concil., t. n, col. 1097 ; Coleti, Concilia, t. v, col. 807 ; D. Bouquet, Rec. des hist. de la France, t. iv, col. 105- 106 ; D. Ceillier, Hist. génér. aut. ecclés., 2e édit., t. kl, p. 832-838 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vin, col. 712 ; Fr. Maassen, Concilia œvi merovingici, p. 44-54 ; Bruns, Canones apost. et concil., t. n, p. 176 sq. ; E. Hennecke, Orange, dans Realencyklopàdie fur proiestantische Théologie und Kirche, t. xiv ; (1904), p. 423-424, J. Ernst, Zur Erklârung der XXII Kanons von Orange dans Zeitschrift fur katholische Iheologie, 1895, t. xix, p. 177-185 ; H. Hurter, Theologix dogmaticœ compendium, in-8, Œniponte, 1887, t. m, p. 47, n. 65 ; Arnold, Càsarius von Arelate, p. 350 sq., 533 sq. ; A. Malnory, Saint Césaire d'Arles, p. 143-153 ; J. Turmel, L'interprétation de I Tim., II, 4, dans la Revue d'hist. et de litt. relig., 1900, t. v, p. 395 sq. ; P.Lejay, Le râle théologique de Césaire d'Arles, dans la même revue, 1905, t. x, p. 250 sq. (H. L.)
2. Noris, Hist. pelagiana, lib. II, c. xxm ; Sirmond, Concilia Gallixt t. i, col. 605. Cf. aussi les notes de Binius dans Mansi, op. cit., t. vin, col. 720.
Théodoric le Grand gouverneur de la Gaule Narbonaise dont ce prince venait de s'emparer *. Il continua ses fonctions sous Alaric, petit-fils et successeur de Théodoric, qui, à l'époque où s'est tenu notre concile, avait Orange dans son empire. Le pape Félix IV occupait encore le siège de saint Pierre.
Les évêques disent, dans la préface de leur procès-verbal, qu'ils se sont réunis en concile à l'occasion de la consécration de cette église, et au sujet de ceux qui n'ont pas des opinions orthodoxes sur la grâce et sur le libre arbitre (c'est-à-dire au sujet des semi-pélagiens); ils ajoutent que, sur les exhortations du Siège apostolique2, ils avaient accepté et souscrit les capitula envoyés par ce Siège apostolique 3. Ces capitula, extraits des livres des saints Pères, étaient
1. Cf. plus haut, § 237, et Sirmond, Concilia Gallix, f. i, col. 604, dans les notes sur le ive synode d'Arles. Voir aussi les notes b et c de Binius dans Mansi, op. cit., t. vin, p. 720.
2. En transcrivant en tête du concile d'Orange la lettre du pape Boniface confirmant les décisions du concile, les copistes ont conservé une parenthèse qui n'a pu être prise que dans l'original du recueil canonique arlésien. Il s'agit d'une note écrite de la main de saint Césaire ou sous sa dictée pour expliquer comment la lettre du pape a été mise à cette place du manuscrit quelque peu postérieure au concile. (H. L.)
3. Les travaux du concile d'Orange nous sont parvenus sous la forme de canons et de définitions de foi. Les canons ne sont pas l'œuvre des Pères d'Orange, mais ils procèdent de capitula au sujet desquels on lit ce qui suit dans la préface aux actes du concile: ab apostolica... Sede transmissa... ah antiquis patribus de sanctarum scripturarum voluminibus in hac prxcipue causa collecta sunt, et au début de la profession de foi on lit de même : sanctarum scripturarum sententix vel antiquorum patrum definitionis. En effet, sur ces vingt-cinq canons du concile d'Orange, les canons 9* et lle-25c concordent mot pour mot avec diverses sentences de saint Prosper (Liber sententiarum ex operibus S. Augustini delibatarum, dans P. Z., t. li, col. 427) ; les autres canons, c'est-à-dire, 6e, 8e et le 10e peuvent être rapprochés de différents passages des ouvrages de saint Augustin. Les huit premiers canons qui ne se présentent pas sous la même allure de « sentence » que les canons suivants, se retrouvent dans les mêmes termes, sous les numéros d'ordre 3-10, dans la, collection de vingt-un capitula contenue, dit-on, dans un manuscrit de Saint- Maximien de Trêves, mis à profit pour la première fois par Ph. Labbe, qui en a tiré la collection mise sous le titre de Incipiunt capitula S. Augustini in urbe Roma transmissa. Concilia, t. iv, col. 1676 ; ces mêmes capitula reparaissent dans le ms. de Lucques b90, cf. Mansi, op. cit., t. vm, col. 722, note a. Sur ces capitula, voir Maassen, Quellen, t. i, p. 349, n. 6, 508, et Bibl. latin, juris canonici manu scripta, I, dans Sitzungsberichte der philos, hist. Classe d. kais. Akad. d. Wissens., t. lui, p. 380. Des capitula sur le même sujet sont réunis sous le titre de : Auctoritates prxteritorum Sedis apostolicx épis-