‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 319 sur 544 · CONCILES D'ORANGE ET DE VALENCE · texte numérisé non relu

CONCILES D'ORANGE ET DE VALENCE

A cause de la haute importance des capitula d'Orange, nous donnerons le texte latin original en le faisant précéder d'un court résumé du canon 1.

Il y a encore lieu de remarquer que le concile de Trente dans ses canons De justificatione (sess. vi) s'est maintes fois servi des canons d'Orange.

1. Le péché d'Adam n'a pas seulement nui au corps, il a aussi nui à l'âme de l'homme.

Si quis per offensam prœvaricationis Adsenon totum, idest secundum corpus et animant, in deterius dicit hominem commutatum, sed animœ libertate illœsa durante corpus tantummodo corruptioni crédit obnoxium, Pelagii errore deceptus adversatur Scripturœ dicenti : Anima quse peccaverit ipsa mo rietu r (Ezech. , xvm, 20) ; et : Nescitis quoniam cui exhibetis vos servos ad obœdiendum, servi estis ejus cui obœditis (Rom., iv, 16) ? et : A quo quis superatur, ejus etservus addicitur (II Petr., il, 19).

On trouve quelque chose d'analogue dans saint Augustin, De nuptiis et concupiscentia, lib. II, c. xxxiv, P. L., t. xlv, col. 471.

2. Le péché d'Adam n'a pas seulement nui à son auteur, mais aussi à sa postérité, et non seulement la mort du corps, mais encore

1. Sirmond, Concil. Gall.y t. i, col. 216 sq. ; Hardouin, Coll. concil., t. u, col. 1098 sq. ; Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vin, col. 712 ; Bruns, Biblioth. eccles., t. i, part. 2, p. 177 sq. ; Opéra S. Augustini, edit. Maurinorum, t. x, col. 1785 ; éd. Gaume, t. x, col. 2447 sq. ; P. L., t. xlv, col. 1785; Maassen, Concilia sévi merovingici, 1894, p. 44-54 ; nous donnons le texte revisé d'après l'édition de Maassen. Les Actes du concile et en particulier la Confessio fidei sont confirmés par la lettre du pape Boniface II à Césaire d'Arles. Jaffé, Regest. pont, rom., n. 881, datée du 25 janvier 531, P. Z., t. xlv, col. 1790. Cf. Maassen, Quellen, t. i, p. 296, § 290, n. 1. Pour les collections canoniques dans lesquelles on trouve ces Actes et la lettre du pape, voir Maassen, Concilia, p. 45. Le ms. de la Bibliothèque nationale, fonds latin lk51 (coll. de Saint-Maur), donne la lettre du pape à la suite des canons et avec la note suivante : In hoc loco continetur sinodus Aurausicx, quant per auctoritatem sanctus papa Bonefatius confirmavit. Et ideo quicumque aliter de gratia et libero arbitrio crediderit quum vel ista auctorilas continet vel in illa synodo constitutum est, contrarium se Sede apostolicœ et universx pet totum mundum Ecclesix esse cognoscat. Continentur etiam in hoc codica sacramenti, quorum utrum sententiœ et quant sinodum Aurausica prius sit facta quant auctoritas, ista tamen per reverentia Sedis apostolicx hoc mihi iustum visum est, ut prius domni papx auctoritatis scriberetur. (H. L.)

le péché, c'est-à-dire la mort de l'âme, est entrée dans le monde par un seul homme.

Si quis soli Adœ prœvaricationem suam, non et ejus propagini adserit nocuisse aut certe mortem tantum corporis, quœ pœna peccati est, non autem et peccatum, quod mors est animœ, per unum hominem in omne genus humanum transisse testatur, iniustitiam Deo dabity contradicens Apostolo dicenti : Per unum hominem peccatum intravit in mundo et per peccatum mors, et ita in omnes homines mors pertransiit, in quo omnes peccaçerunt (Rom.,v, 12).

La même doctrine est enseignée par saint Augustin, Contra duas epistolas pelagianorum, lib. IV, c. iv ; P. L., t. xliv, col. 612 sq.

3. La grâce ne nous est pas concédée uniquement parce que nous la demandons, mais c'est elle qui fait que nous la demandons.

Si quis inçocatione humana graliam Dei dicit posse conferri, non autem ipsam gratiam facere, ut invocetur a nobis, contradicit Isaiœ prophétie vel Apostolo idem dicenti : înventus sum a non quœrentibus me ; palam apparui his qui me non interrogabant(ls.fhx\, 1; Rom., x, 20).

4. Dieu n'attend pas que nous désirions d'être purifiés du péché, mais c'est lui qui fait naître en nous le désir par le Saint-Esprit.

Si quis, ut apeccato purgemur,volumtatem nostram Deum expectare contenait, non autem, ut etiam purgari çelimus, per sancti Spiritus infusionem etoperationem in nos fieri confitetur , resistit ipsi Spiritui sancto per Salomonem dicente : Prœparatur çolumtas a Domino i, et Apostolo salubriter prœdicanti : Deus est, qui operatur in vobis et ve/le etperficerepro bona volumtate (Philipp., n, 13).

5. Le commencement de la foi, le penchant vers la foi est en nous l'œuvre de la grâce, et ne se produit pas naturellement comme la croissance. Si cette foi était naturelle en nous, tous ceux qui sont étrangers à l'Eglise du Christ devraient être appelés fidèles.

Si quis sicut augmentum, ita etiam initium fidei ipsumque credulitatis affectum, quo in eu m credimus, qui justifie at impium, et ad

1. Prov., vin, 35, d'après le texte des Septante: xai iTOijxdtÇsTat MXvptc ^apà Kvpt'oj. Le texte original et la Vulgate donnent un tout autre sens.

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