Hist. pelagian., t. n, p
8. Norisii, Opéra omnia, edit. Ballérini, t. i, p. 528 ; t. iv, p. 932.
des Proverbes (vm, 35) et un autre des Psaumes (lviii, 11), qui se trouvent dans les capitula (4 et 14).
En 529 ou 530, on place ordinairement un concile de Valence dont les actes sont perdus. Les quelques renseignements que nous avons sur lui, proviennent de la Vie de saint Césaire, écrite par son disciple le diacre Cyprien * . « Beaucoup, y est-il dit, s'élevèrent contre la doctrine de la grâce émise par Gésaire, et, par suite de la fausse interprétation qu'on en donna, il s'éleva dans les Gaules d'injustes soupçons contre l'enseignement de l'homme de Dieu. Pour ce motif, les évêques se réunirent à Valence, de l'autre côté de l'Isère. Gésaire eût désiré se rendre à cette assemblée ; mais sa maladie habituelle le lui interdit, et il envoya à sa place quelques évêques, des prêtres et des diacres, et, entre autres, Cyprien, le célèbre évêque de Toulon. Celui-ci prouva au concile, par des passages de la Bible et des saints Pères, qu'un homme réduit à ses
1. Une certaine opposition au concile d'Orange se manifesta dans la province de Vienne, qui obéissait encore aux Burgondes, et dont l'antagonisme à l'égard d'Arles, écrit M. Malnory, op. cit., p. 153, s'était déjà maintes fois déclaré. Rien ne montre mieux combien la sagesse et la modération d'Avit étaient déjà oubliées dans ce pays que la décision à laquelle on s'arrêta de réunir un contre-concile à Valence. Ce concile nous est connu par la Vita Csesarii, 1. I, c, v, et avec M. Malnory nous sommes porté à admettre contre Hefele la postériorité de l'assemblée de Valence par rapport au concile d'Orange ; cetle chronologie s'accorde mieux avec l'état d'esprit signalé par la décrétale de Boniface II et avec la date tardive de cette décrétale. L'opposition contre Césaire s'exprima en même temps par des lettres émanées de personnages haut placés dans l'Eglise, qui lui reprochaient amèrement d'avoir trahi la foi des Gaulois. Mais si on espéra prendre ainsi sur le terrain de la doctrine l'avantage perdu sur le terrain des privilèges, ce fut un calcul malheureux ; on fournit simplement à Césaire l'occasion d'accuser le triomphe de sa doctrine. Son alter ego Cyprien, envoyé directement à Valence, mit les adversaires à bout d'arguments. Pendant ce temps d'autres envoyés de Césaire prenaient le chemin de Rome, où ils allaient soumettre les actes d'Orange au pape Félix IV et solliciter sa sanction explicite. La sanction fut donnée par Boniface dans la lettre Per filium nostrum, P. L., t. lxv, col. 31, et de la sorte les décrets de la minuscule assemblée d'Orange prirent une portée œcuménique. C'est ce que fait ressortir Césaire lui-même dans une note qu'il a dictée en plaçant la décrétale dans son recueil en tête du concile d'Orange : In hoc loco continetur synodus Arausica, quam per auctoritatem sanctus papa Bonifatius confirmavit. Et ideo quicumque aliter de gratia et libero arbitrio crediderit quam vel ista auctoritas continet vel in Ma synodo constitutum est, contrarium se Sedi apostolicse et universx per totum mundum Ecclesise esse cognoscat... Cette note paraît être de la main de saint Césaire. Maassen, op. cit., p. 45-46. (H. L.)