conciles d'orange et de valence
propres forces et sans la gratia prœveniens ne pouvait avancer dans [739] les choses divines. Pour l'instruction de ce concile de Valence, l'homme de Dieu donna un exposé complet des preuves tirées de la tradition apostolique. Le pape Boniface, ayant eu connaissance de ce différend, condamna les opinions de ses adversaires et confirma, de par son autorité apostolique, le jugement (prosecutio) 1 de Césaire 2. »
Noris 3, Pagi 4 et tous les autres historiens supposent que le concile d'Orange n'ayant pas été suffisamment admis en Gaule, Césaire avait convoqué à Valence un autre grand concile ; mais les sources originales ne disent pas que Césaire l'ait convoqué ; elles disent qu'il y a été simplement invité, et c'est bien ce qui a dû se passer. Valence n'appartenait pas à la province ecclésiastique d'Arles, mais à celle de Vienne, aux termes des décisions données par Léon Ier et Hilaire ; ces papes ayant attribué au siège métropolitain de Vienne les évêchés suffragants de Valence, de Tarentaise, de Genève et de Grenoble. Or, Valence se trouve sur la limite des pays d'en deçà et d'au delà de l'Isère. Quand donc le diacre Cyprien, qui habitait Arles, la ville épiscopale de Césaire, dit que les évêques ultra Isaram étaient venus à Valence et que Césaire y avait aussi envoyé des députés, il laisse entendre que les évêques habitant de l'autre côté, c'est-à-dire au nord de l'Isère et dans \* G allia Viennensis et Lugdunensis, voulaient se réunir, à cause des discussions pendantes, en un grand concile, auquel se rendraient également les évêques du sud de l'Isère, et qu'ils avaient choisi, pour ce motif, Valence, ville limitrophe se prêtant bien à une pareille réunion. Au point de vue ecclésiastique, Valence se rattachait au nord de l'Isère, c'est-à-dire à la province de Vienne ; mais au point de vue géographique, elle se rattachait plutôt au sud de l'Isère et était située près de l'endroit où ce fleuve se jette dans le Rhône. Les documents originauxne disent pas que le concile de Valence ait eu lieu après celui d'O-
1. Sur ce mot prosecutio, en tant que synonyme de sententia, voyez du Cange, Glossarium.
2. Ce récit du diacre Cyprien se trouve dans Mansi, op. cit., t. vin, col. 723 ; Hardouin, op. cit., t. II, col. 1103 ; et dans un texte meilleur (on y lit par exemple : solitse, au lieu de sollicitans, qui n'a pas de raison d'être) ; dans le 10e vol. de l'éd. de saint Augustin par les bénédictins de Saint-Maur, éd. Gaume, col. 2458 et P. L.7 t. xlv, col. 1792, et dans Noris, Hist. pelagiana, lib. II, c. xxin, dans Opéra omnia, t. I, p. 528.