‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 341 sur 544 · CONCILES A ROME, A LARISSE ET A CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

CONCILES A ROME, A LARISSE ET A CONSTANTINOPLE

et de diacres. L'archidiacre Tribunus annonça que Théodose évêque d'Echiné attendait à la porte ; aussitôt introduit l'évêque remit les écrits d'Etienne de Larisse. Sur l'ordre du pape on lut le premier de ces documents, adressé au Saint-Siège. Abundance se leva et déclara que Probien qualifié, à deux reprises dans ce document, évêque de Démétrias, s'était emparé de son siège par force et par ruse, et que lui, Abundance, était l'évêque légitime. Le pape ordonna que la lettre d'Etienne et l'observation d'Abundance fussent insérées au procès-verbal, et fit lire la seconde lettre d'Etienne, (jui lui était également adressée. Nous en avons fait connaître le contenu. Après son insertion au procès-verbal, la première session fut levée en raison de l'heure tardive et la seconde se tint le 9 décembre. Théodose d'Échiné remit une troisième lettre de la part des sufïra^ants d'Etienne, qui exposaient au pape toute l'affaire et le priaient de les recevoir promptement. Les auteurs de la lettre étaient : Elpidius évêque de Thèbes Phthiotica, Timothée de Diocésarée et Etienne de Lamia. Théodose d'Echiné fit alors remarquer que l'évêque de Rome exerçait, à bon droit, le principat sur toutes les Eglises de l'univers entier, et qu'il avait surtout revendiqué son droit au gouvernement des Eglises de l'Illyrie i. C'est ce que prouvait toute une série d'anciens documents que Théodose d'Echiné apportait avec lui. Le pape ordonna de les lire, de s'assurer s'ils concordaient avec ceux des archives de Rome, et d'examiner s'ils étaient authentiques. C'étaient vingt-six lettres presque [747] toutes écrites par des papes, et entre autres par Damase, Sirice, Innocent Ier, Boniface Ier, Célestin Ier, Sixte III et saint Léon le Grand ; en outre quelques lettres des empereurs Honorius, Théodose, Valentiuien III, Marcien et d'Anatole, archevêque de Constantinople, toutes écrites entre le milieu du ivc et le milieu du ve siècle et annexées aujourd'hui encore aux procès-verbaux 2. Mais ils finissent avec ces lettres et comme tout le reste en est complètement perdu, nous ignorons la décision définitive du concile.

1. Sur les rapports de l'Illyrie vis-à-vis de Rome, voyez Le Quien, Oriens christianus, t. n, p. 5 sq., De diœcesib. Illyr., § 6 sq. ; [Duchesne, Eglises séparées, in-12, Paris, 1896, p. 239 sq. ; J. Pargoire, L'Église byzantine, in-12, Paris, 1905, p. 47. (H. L.)]

2. Mansi, op. cit., t. vin, col. 749-772 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1118-

245. Colloque sur la religion à Gonstantinople, en 533, et prétendu concile romain sous le pape Jean II.

Nous avons mentionné, dans notre résumé de l'histoire du monophysisme, après le concile de Chalcédoine, le colloque sur la religion, que l'empereur Justinien provoqua en 533 à Constantinople, entre orthodoxes et sévériens 1. Le moine Sévère, l'un des princi-

1. Justinien se préoccupa, dès le début de son règne, de trouver un terrain d'entente avec les monophysites. Dans ce but il s'évertua à leur démontrer l'injustice de leurs préventions contre le concile de Chalcédoine en même temps que la parfaite harmonie qui existait entre les canons de 451 et la doctrine anti-nestorienne adoptée par les dissidents et formulée par Cyrille d'Alexandrie pour être adoptée par les orthodoxes. Dans cette œuvre de pacification on voit, sans surprise, l'impératrice Théodora jouer un rôle. Les disputes théologiques lui agréaient autant que les parures et elle dut être avide de saisir une occasion de s'attirer la confiance dans les milieux ecclésiastiques. Dès 529 ou 530, nous la voyons influencer son mari dans le but de mettre un terme à la persécution en rappelant de l'exil les moines fugitifs ou proscrits. Jean d'Éphèse, Commentarii de beatis orientalibus, p. 134 ; Histor. ecclés., édit. des Comment, et Bévue de V Orient chrétien, 1897, t. n, p. 469 ; Zacharie le Rhéteur, Die sogenannte Kirchengeschichte des Zacharias Rhetor, p. 160. Justinien fit plus. Il n'était pas sans savoir le prestige dont jouissait dans le parti ce Sévère d'Antioche que le concile de 518 avait pu chasser de son siège, exiler, sans entamer sa popularité (voir à ce sujet Zacharie le Rhéteur, p. 177-178, 180, 187, 213, 227). L'ex-patriarche d'Antioche professait d'ailleurs des doctrines qui ne semblaient pas entièrement inconciliables avec l'orthodoxie (Léonce de Byzance, dans P. G., t. lxxxvi, col. 1317), aussi Justinien escompta les avantages qu'une telle alliance lui vaudrait en traînant avec elles une multitude d'adhésions. Justinien et Théodora se dépensèrent en flatteries et en promesses, mais Sévère était trop profondément Syrien pour se laisser prendre à des Byzantins ; il déclina toutes les avances, argua de son âge, de ses infirmités pour écarter toute idée de voyage à Constantinople. Jean d'Éphèse, Hist. ecclés., dans Comment., p. 245 ; Zacharie le Rhéteur, op. cit., p. 196-204. Justinien, piqué au jeu, s'obstina. A défaut de Sévère, qu'il ne pouvait décidément mettre en branle, il invita ses disciples à se réunir en conférence avec les orthodoxes pour « rétablir l'unité ». Jean d'Ephèse, Hist. ecclés., édit. Comment., p. 245. Ce fut le colloque de 533, dont il est parlé ici. Cf. Zacharie le Rhéteur, op. cit., p. 189-196, lettre des évêques à l'empereur, dans laquelle ils font leur exposition de foi. Sur cette conférence, voir Vita Jacobi Baradxi, dans les Comment., p. 203. Sur la date du colloque qui flotte entce 536 et 533, les indications des chroniqueurs syriens favorisent

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