CONCILE A MARSEILLE
Trinité '. Il crut nécessaire d'obtenir pour cette expression, dont la valeur faisait alors l'objet de grandes controverses, l'approbation du pape ; car les moines acémètes, qui jouissaient d'une grande autorité, la rejetaient, et, peu de temps auparavant, le pape Hormisdas l'avait déclarée inutile et même dangereuse, non que cette formule lui parût dangereuse en elle-même, mais parce que les monophysites s'en servaient d'une manière captieuse. Toutefois, au moment où nous sommes arrivés, la situation avait changé : c'était maintenant au tour des nestoriens à combattre cette formule ; par conséquent, dans l'intérêt de l'orthodoxie, Justinien devait souhaiter la voir approuvée par le pape, ce que Jean II fit avec plaisir 2. Baronius et d'autres historiens ont présumé que, pour donner cette approbation, le pape avait réuni un concile romain, en 534 ; mais les sources ne mentionnent en rien ce fait, et dans la lettre du pape au sénat il n'est question de rien de semblable.
246. Concile à Marseille contre 1 évêque Contumeliosus, en 533 3.
Les actes d'un concile tenu à Marseille, [le 26 mai] 533, ont été découverts par le docteur Knust dans le même manuscrit de la bibliothèque de Darmstadt qui contenait le procès-verbal du concile de Nîmes tenu un siècle et demi auparavant 4. Ce concile se réunit à Marseille, au sujet de divers méfaits de Contumeliosus,
1. Cette loi se trouve en grec et en latin dans le 1. VI, c. De s uni ma Trinitate ; le texte latin dans Baronius, Annales, ad ann. 533, n. 7.
2. La lettre de l'empereur au pape et la réponse de Jean, avec une autre lettre du pape, au Sénat, se trouvent dans Mansi, op. cit., t. vm, col. 795 sq. ; Hardouin op. cit., t. u, col. 1146 sq.
3. H. Géraud, dans le Bulletin de la Société de l'histoire de France, du 10 juillet 1839 ; Pardessus, Diplom. gallo-franc, 1843, t. i, p. 92 ; Albanès, Armoriai et sigillographie des évoques de Marseille, in-4, Paris, 1884, p. 65- 66 ; G. Lambert, dans le Bulletin académique du Var, 1885, série B, t. xu, p. 411-413; Maassen, Conc. œvi merovingici, 1893, p. 60-66; Albanès, dans Gallia christiana novissima, 1899, t. j, Instrum., col. 367 ; A. Malnory, Saint Césaire d'Arles, 1899, p. 154-158. (H. L.)
4. L'assemblée synodale de Marseille se constitua en tribunal pour juger Contumeliosus, Des actes relatifs à cette affaire, les éditeurs de collections
évêque de Riez, dont il est également question dans trois lettres du pape Jean II et dans une lettre du pape Agapet Ier. Nous verrons [752] plus loin la relation qui existe entre ces quatre lettres du pape et le concile de Marseille. Voici d'abord le procès-verbal du concile 1.
Constitutio Csesari papse in Massiliensi urbe habita episcoporum XVI.
Cum ad civitatem Massiliensem, propter requirenda et discutienda ea, qum de fratre nostro Contumilioso episcopo ~ fuerant devulgata, sacerdotes Domini convenissint, residentibus sanctis episcopis, cum grandi diligentia discussis omnibus secundum quodgesta, quœ nobis prœsentibus facta sunt, continent, multa turpia et inhonesta supradictus Contumiliosus convictus ore proprio se confessus est perpétrasse, ita ut non solum revincere testis non potuerit, sed etiam publiée in conçentu episcoporum et laicorum, qui interfuerant, in terram se proiciens clamaverit se graviter in Deum et in ordine pontificali peccasse. Pro qua re propter disciplinam catholicœ j^eligionis utile ac salubre omnibus visum est, ut supradictus Contumeliosus in Casensi monasterio ad agendam pœnitentiam vel ad expianda ea, quœ commiserat, mitteritur 3 ; quam rem stodio pœnitendi et ipse libenter amplexus est. Et quia multas domus Ecclesise Regensis absque ratione contra canonum statuta, sine concilio sanctorum antistetum perpetuo jure distraxit, hoc sanctis episcopis visum est, ut quidquid supradictœ Ecclesise constiterit injuste ab ipso alienatum, facta ratione ad vicem de ejus substantia copensetur^.
Csesarius peccator constitutionem nostram relegi et subscripsi
conciliaires n'ont connu que ceux qui se sont produits postérieurement à la réunion, dont la sentence incomplète donna lieu à un supplément de procédure. Ce sont les lettres du pape Jean II, accompagnées d'une petite liste de canons communiquée par lui à saint Césaire, d'après la version toute récente de Denys le Petit ; et d'autres pièces qui sont étrangères au concile de 533. Le manuscrit donné par Knust n'est pas de Darmstadt, mais de Cologne 212 (c'est l'ancien ms. Darmstadt 2326). (H. L.)
1. Nous donnons le texte de la Constitutio d'après Maassen. (H, L.)