Hefele lisait à tort vin kal. junias (= 25 mai). (H. L
6. Mansi, op. cit., t. vin, col. 807 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1153 sq.
du 7 avril 534, et la troisième adressée à Césaire, n'est pas datée. Ces trois lettres contenant exactement les mêmes choses, il est probable que le pape aura fait connaître, le même jour, son jugement aux trois parties qui avaient intérêt à le connaître (c'est-à- [754] dire au métropolitain, aux évêques de la même province et au clergé de Riez) ; nous pensons par conséquent que toutes trois furent écrites le 7 avril 534, et après le concile de Marseille. Il est dit dans les trois que Césaire et les autres évêques avaient fait connaître au pape l'affaire de Contumeliosus. C'est probablement une allusion à la décision synodale. Le pape ordonne ensuite dans chacune des trois lettres : a) l'internement de l'évêque coupable dans un monastère, b) sa déposition, c) la nomination d'un visiteur par intérim pour le diocèse de Riez, lequel devra exercer les fonctions jusqu'à l'arrivée du nouveau titulaire. Le pape allait donc plus loin que le concile. Celui-ci n'avait porté qu'une ordonnance d'internement dans un monastère, tandis que le pape imposa trois mesures pénales. Comme ces deux autres décisions n'avaient pas été rendues par le concile de Marseille, et se trouvent également dans la lettre à Césaire, on en peut conclure que celle-ci n'a pas été écrite avant le concile et qu'elle n'a donc pas été la cause de sa réunion. Nous savons par ailleurs * que tous les évêques ne s'accordaient pas pour punir Contumeliosus de déposition perpétuelle; ils pensaient, au contraire, que la pénitence achevée, on pouvait le réintégrer dans sa charge. C'est sans doute par égard pour cette opinion, et quoiqu'il fût personnellement favorable à une sentence plus sévère et au fond plus juste, que Césaire se contenta de reléguer le coupable dans un monastère, sans parler de déposition. Il n'eût pas autrement réuni l'unanimité des voix. Mais le pape compléta ce que la sentence synodale n'avait fait qu'ébaucher et, dans l'appendice de sa lettre à Césaire, il réunit une série d'anciens canons, prouvant qu'on avait jadis déposé les clercs indisciplinés. Au reçu de cette lettre, Césaire y ajouta une autre série de canons de même nature, le neuvième de Nicée, par exemple, et plusieurs autres rendus parles conciles delà Gaule. Il fit précéder tous ces documents d'un discours à ses provinciaux 2, afin
1. C'est-à-dire par les pourparlers de Césaire avec ses comprovinciaux.
2. C'est le document qui n'a pas de titre et qui commence par ces mots : Ecce manifestissime constat, dans Mansi, op. cit., t. vm, col. 811 sq., et Hardouin, op. cit., t. n, col. 1156 sq. Voir VHist. littér. de la France, t. m, p. 222 sq.