CONCILE A MARSEILLE
de convaincre ceux qui avaient voulu user de ménagements, envers Contumeliosus, qu'il fallait déposer un évêque adultère, et que le clerc soumis à une pénitence, ne pouvait ensuite être réintégré dans ses fonctions. Nous voyons par une lettre écrite à Césaire, le [755] 18 juillet 535, par le pape Agapet Ier, successeur de Jean Tï, que l'on avait enfin déposé Contumeliosus; celui-ci en avait appelé au pape de la sentence synodale, avait soutenu son innocence, ayant trouvé dans Agapet un défenseur. Le pape décida qu'un autre tribunal, choisi par lui, ferait une nouvelle enquête sur cette affaire, et que, pendant ce temps, Contumeliosus rentré à Riez, le temps de sa pénitence écoulé, devait s'abstenir de célébrer la messe et d'administrer le bien de l'Église. Toutefois, on devait prendre sur les biens de l'Église ce qui était nécessaire pour son entretien. Cette lettre était également suivie d'une série de canons *. Nous ne savons pas comment cette affaire s'est terminée 2.
1. Mansi, op. cit., t. vin, col. 856 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1179.
2. Ce concile de Marseille fut le dernier des conciles provinciaux de saint Césaire. Si l'issue finale n'est pas connue, les péripéties de cette affaire permettent d'assurer que l'archevêque d'Arles trouva surtout des tracas dans cette délicate négociation. Contumeliosus de Riez, un des successeurs de Fauste, avait été en rapports épistolaires avec saint Avit de Vienne, Epist. xm, P. Z., t. lix, col. 232. On retrouve sa signature pendant vingt ans, au bas des procès-verbaux de tous les synodes, à l'exception de celui d'Orange. Le scandale donné par Contumeliosus était si patent qu'en présence des charges accumulées contre lui un système de négation à outrance ne pouvait même plus se soutenir. Contumeliosus avoua et fut relégué, sans limites fixées, au Casense monasterium dont l'identification n'a pu encore être faite. Etait-ce un monastère situé sur le territoire d'Arles ? On l'ignore. Nous pouvons seulement rappeler qu'une admonition de Césaire est prononcée en présence d'un évêque qui faisait profession de pénitence. Contumeliosus s'était soumis au châtiment, mais il entendait bien, sa pénitence finie, retrouver l'Eglise qu'il avait scandalisée. Césaire ne l'entendait pas ainsi. Selon lui, le jugement intervenu devait séparer pour jamais l'évêque scandaleux de l'Eglise qu'il avait scandalisée par ses désordres. Contumeliosus n'attendit pas l'achèvement de l'année de pénitence qui lui avait été imposée, il sortit du monastère dans lequel on l'avait relégué et, au mépris de la volonté du concile, des canons pénitentiels et de la discipline générale, vint reprendre possession de son siège épiscopal de Riez. Le coupable avait, très probablement, découvert le vice de forme du jugement qui l'avait frappé. Si, conformément à la discipline romaine et arlésienne, Contumeliosus était déchu de son ordre, encore eût-il été nécessaire, pour que la sanction fût exécutoire, que le concile de Marseille l'eût décrétée expressément en précisant la faute commise. Or, on n'en avait rien fait, pour une raison ou pour une autre, oubli ou omission volontaire, et l'on a d'autant plus lieu d'en être surpris que Césaire était mieux