‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 348 sur 544 · Deuxième concile d'Orléans, en · texte numérisé non relu

Deuxième concile d'Orléans, en

Les Pères du IIe concile d'Orléans disent, dans la préface du procès-verbal de leur assemblée, s'être réunis par ordre des glorieux

au courant, par tant d'années de pratique épiscopale, des finasseries de la procédure. En omettant cette indispensable formalité, l'archevêque d'Arles avait manqué de perspicacité et il s'était enlevé tout pouvoir d'opposer aux revendications du condamné l'arrêt du concile de Marseille. L'incartade de Contumeliosus l'avertit de sa maladresse ; aussitôt il pensa tout réparer en recourant au Saint-Siège. La réponse du pape Jean II se fit connaître par trois décrétales (Innotuit nobis. — Pervenit ad nos. — Caritatis tuœ, P. Z., t. lxvi, col. 24 sq., et Ep. Arel., col. 32-34), dont nous avons parlé dans le texte (6-7 avril 534). Le pape retirait à Contumeliosus les fonctions épiscopales et nommait à sa place un visiteur pour le diocèse de Riez. Ces mesures étaient le prélude d'une mesure plus radicale et définitive ; toutefois par une inexplicable simplicité — ou bien peut-être en souvenir des aveux faits par l'évêque coupable devant le concile de Marseille — on liait ces mesures à une formalité assez inattendue puisqu'elle avait pour objet de faire rendre au décret synodal de Marseille, par celui-là même qu'il frappait, l'efficacité que lui enlevait son vice de forme. On réclamait donc de Contumeliosus une déclaration précise de sa faute rédigée suivant la forme des actes publics ; cette pièce était destinée à réparer l'inadvertance des Pères de Marseille ; compter l'obtenir était d'une touchante naïveté. Le pape Jean II avait joint à sa lettre à Césaire une petite collection de canons destinés à établir le droit. C'étaient des extraits de la décrétale de Sirice à Himère, des canons des Apôtres et des canons du concile d'Antioche de 341. P. Z., t. lxvi, col. 34-35. Césaire renforça le tout de quelques autres canons tirés du concile de Nicée et de conciles des Gaules et les adressa à ses comprovinciaux avec un commentaire énergique en faveur de la sentence du pape Jean II. Ce manifeste n'était pas destiné à une nouvelle assemblée d'évêques. Césaire, agissant d'autorité, se contenta de séparer de nouveau Contumeliosus de son Eglise et le força d'aller reprendre la pénitence interrompue et les arrêts dans le monastère d'abord assigné. Contumeliosus qui n'avait plus rien à perdre et tout à gagner, fit appel au Saint-Siège. Le coup dut être une surprise pour Césaire qui eût pu s'y attendre un peu. En effet, Contumeliosus profita du changement de règne et, très adroitement, remit au pape Agapet le soin de réparer une grande iniquité de l'épiscopat précédent. C'est un argument qui obtient presque toujours du succès, surtout au début d'un règne. Ceci se passait au commencement de l'année 535. Contumeliosus fut aidé dans sa requête par un defensor du Saint-Siège, nommé Éméritus. « Ce personnage, au dire de M. Malnory, op. cit., p. 157, mit à le seconder un empressement dont on a lieu d'être surpris. Peut-être quelque sacrifice consenti par l'accusé, en faveur du domaine que le Saint-Siège com*

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