CONCILES A CONSTANTINOPLE ET A JÉRUSALEM
Constantinople, le pape refusa toute communion avec le nouveau patriarche, lequel était passé, malgré les canons, d'un siège sur un autre ; après un assez vif conflit avec l'empereur, Agapet obtint la déposition d'Anthime et l'élévation du prêtre Menas, aumônier de l'hospice Samson, sur le siège patriarcal. Ce choix, qui agréait à l'empereur, eut lieu le 13 mars 536, et le pape consacra lui-même le nouveau patriarche. On croit généralement, sur le témoignage de Théophane, qu'Anthime fut déposé et Menas nommé patriarche dans un concile de Constantinople 1 ; mais Mansi 2 met en doute Pexistence de ce concile, et cherche à prouver qu'après la déposition d'Anthime, il s'est tenu une sorte de concile ou de réunion des évêques orientaux et des archimandrites, qui remirent un mémoire [764] au pape encore à Constantinople 3. Ils lui demandaient d'accorder à Anthime un délai pour se purger de toute accusation d'hérésie ; sans quoi il ne pourrait pas conserver son évêché de Trébizonde. Le pape accéda à cette demande, suspendit Anthime et envoya de son lit, où il était malade, son acquiescement à l'empereur. Mais le pape étant mort à Constantinople le 6 (ou le 22) avril 536, l'affaire ne put être terminée ; elle le fut par un concile de Constantinople demeuré fameux, qui se tint aux mois de mai et de juin 536, et nous a laissé des actes très volumineux. Ils furent édités, pour la première fois, par Séverin Binius, en 1618, d'après un manuscrit de la bibliothèque de Heidelberg, fort incomplet, contenant même parfois des erreurs et des choses étrangères. En cette même année 1618, Fronton-le-Duc donna un meilleur texte, auquel le P. Labbe fit quelques améliorations ; c'est ce dernier que nous suivrons ici 4.
1. Cf. Pagi, op. cit., ad ann. 526, n. 5-6 ; Mansi, op. cit., t. vin, p. 689 sq.