TROISIÈME SESSION
La monition officielle du concile était ainsi libellée : « Apprends que, à cause de ton mépris à l'égard des divins canons, à cause de ta désobéissance à l'égard du concile, puisque, sans compter tous tes autres méfaits, tu as refusé de répondre aux trois invitations [452] que l'assemblée t'a adressées, tu as été, le 13 octobre, déposé de tes fonctions épiscopales par le saint concile et déclaré incapable de remplir les fonctions ecclésiastiques i. »
On communiqua ce jugement aux clercs de Dioscore, présents à Chalcédoine, en particulier à son économe Charmosynus et à son archidiacre Euthalius, avec recommandation de bien administrer les biens de l'Eglise d'Alexandrie remis entre leurs mains, pour en rendre ensuite un compte fidèle au successeur de Dioscore. Le concile réfuta aussi, dans une affiche placardée à Chalcédoine et à Constantinople, les bruits relatifs à une prétendue réintégration de Dioscore dans ses fonctions épiscopales. De plus, l'assemblée écrivit aux empereurs Valentinien III et Marcien, et joignit à sa lettre une copie du procès-verbal de la session où Dioscore avait été déposé. Dans sa lettre, le concile résumait les motifs de cette déposition et exprimait l'espoir que l'empereur confirmerait la sentence. Le concile écrivit aussi à Pulchérieune lettre pleine d'élévation, où il énumère les grands services rendus par l'impératrice à la cause de l'orthodoxie, et lui donne connaissance de la déposition de Dioscore. Les évêques préjugeaient que l'impératrice approuverait cette décision, et terminaient en certifiant que Pulchérie, si zélée pour la cause de Dieu, serait .certainement récompensée par le Seigneur "2.
op. cit., t. ii, col. 365-376. La liste donnée par ces auteurs renferme deux cent quatre-vingt-quatorze signatures d'évêques (ou de fondés de pouvoirs d'évêques), et en particulier celles de Juvénal, de ïhalassius, d'Eustathe de Béryte et d'Eusèbe d'Ancyre, mais non celle de Basile de Séleucie. Toutefois, comme ces quatre anciens partisans de Dioscore n'assistaient pas à la première session, on est porté à croire qu'ils n'ont signé que plus tard, de même que les quarante-neuf évêques ou prêtres dont les noms sont placés après les leurs.
1. Hardouin, op. cit., t. H, col. 378 ; Mansi, op. cit., t. vi, col. 1094.
2. Mansi, op. cit., t. vi, col. 1095-1102 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 378 sq. Ces deux derniers documents, la lettre à l'empereur et la lettre à Pulchérie, n'existent plus qu'en latin. Remarquons en passant que, dans la lettre à Pulchérie, le seul mwlif allégué pour expliquer la déposition de Dioscore est son refus d'adhérer à la lettre du pape. [Dioscore fut conduit à Gangres, en Paphlagonie, qui lui était assigné comme lieu d'exil. Eusèbe de Dorylée fut