‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 371 sur 544 · C CONCILES A CONSTANTINOPLE ET A JERUSALEM · texte numérisé non relu

C CONCILES A CONSTANTINOPLE ET A JERUSALEM

zonde, avait depuis longtemps abandonné son Église, et, sous prétexte de vie ascétique, s'était lié avec les monophysites, grâce auxquels il était arrivé, d'une manière anticanonique, au patriarcat de Constantinople. D'accord avec l'empereur, le pape Àgapet l'avait déposé et remplacé par Menas. Plus tard, les moines, de concert avec les évêques de la Palestine et des autres pays de l'Orient assemblés à Constantinople1, avaient demandé, dans un nouveau mémoire au pape, qu'Anthime se purgeât de toute accusation d'hérésie et fût réintégré sur le siège de Trébizonde ; s'il ne pouvait le faire, qu'il fut [766] dépouillé de la prêtrise. Le pape Agapet, accédant à cette demande, avait suspendu Anthime, ainsi que les autres hérétiques, de toutes les fonctions sacerdotales, jusqu'à ce qu'ils eussent fait pénitence, et avait remis à l'empereur le mémoire des moines et des évêques. On demandait maintenant à l'empereur de tenir compte, ainsi qu'il convenait, du jugement émis par cet homme de Dieu mort sur ces entrefaites et de délivrer le monde de cette peste d'Anthime et autres hérétiques 2.

On lut ensuite une lettre de ces moines au patriarche Menas, pour lui mander toutes leurs démarches contre Anthime, et lui exposer son histoire, telle que nous l'avons rapportée. Ayant quitté l'évêché de Trébizonde, il avait hypocritement simulé la profession ascétique, et s'était, en réalité, allié aux hérétiques pour usurper le siège de Constantinople. Les moines l'avaient pressé, à plusieurs reprises, d'adhérer au concile de Chalcédoine et à la lettre du pape Léon, et d'anathématiser Eutychès, Dioscore, etc. Dieu avait alors suscité Agapet, qui avait chassé Anthime du siège épiscopal de Constantinople, et avait sacré Menas l'élu de l'empereur, du clergé de la ville et de toutes les personnes de marque. Peu après, ils avaient remis au pape leur nouvelle requête contre Anthime ; mais Agapet étant mort sur ces entrefaites, ils s'étaient adressés à l'empereur, ce qui avait donné lieu à la réunion du présent concile 3.

1. C'est précisément de cette phrase que nous avons conclu plus haut à l'existence de ce concile, ou mieux de cette assemblée de Constantinople.

2. Mansi, op. cit., t. vin, col. 881-890 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1190 sq.

3. Mansi, op. cit., t. vm, col. 892 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1198. Le contenu de ce Sioa<r/.aXcxbv prouve qu'il était réellement adressé à Menas : car vers le milieu on lit ce passage : ttjv ûjjieTèpav {/.axapiÔTYrca. x. t. X. Walch a cru, à tort (Ketzerhistor., t. vu, p. 149) que ce 6i8<x<rxaXty.bv était un discours de l'abbé Marianus.

On lut ensuite une lettre adressée par quelques moines à Agapet, peu de temps après la déposition d'Anthime. Dans ce document ils appellent Agapet « patriarche œcuménique » et se plaignent de ce que les acéphales et les schismatiques commettent des sacrilèges contre les églises, contre le pape et contre l'empereur. Ainsi, les moines monophysites avaient crevé les yeux à une image de l'empereur; l'un d'eux, le Perse Isaac, l'avait batonnée et injuriée, outrageant Dieu même, à cause de qui il s'en était pris à cette image. Le bâton s'étant brisé, il avait déchiré l'image peinte et l'avait jetée au feu. Ces hérétiques s'étaient introduits chez plusieurs personnages de marque et chez plusieurs femmes, et ils avaient érigé dans leurs propres maisons et dans les faubourgs des faux autels et des baptis- [767] tères, grâce aux secours de quelques puissants personnages de la cour (c'est-à-dire grâce à l'appui de l'impératrice Théodora). C'était là chose que le pape ne devait pas souffrir ; mais, de même qu'il s'était alors dressé contre Anthime et avait chassé ce loup, de même il devait maintenant faire des représentations à l'empereur et chasser les sacrilèges. Il était notoire que l'empereur avait défendu les baptêmes et les services divins célébrés dans les oratoires domestiques ; néanmoins le moine eutychien Zooras avait baptisé un assez grand nombre de personnes, parmi lesquelles se trouvaient des enfants de dignitaires de la cour 1. On rapporte ensuite l'histoire d'Anthime, son élévation au siège de Constantinople, sa déposition par le pape ; enfin comment celui-ci avait promis, au nom de la sainte Trinité et de l'apôtre Pierre, de fixer à Anthime un délai à l'expiration duquel l'archevêque devait faire connaître par écrit son orthodoxie, et revenir à l'Église délaissée de Trébizonde, s'il ne voulait être déposé. On demandait aussi au pape de faire comparaître devant lui les nombreux évêques, prêtres ou archimandrites du parti d'Anthime pour les punir, conformément aux canons, et en particulier Sévère, Pierre et Zooras. Enfin on assurait que les nestoriens et les eutychiens cherchaient à déchirer l'Eglise 2.

Les évêques des diocèses orientaux, et palestiniens, et les clercs, simples fondés de pouvoirs, avaient, pendant leur séjour à Constantinople, écrit au pape une lettre analogue, qui fut également lue 3. On lut aussi la lettre du pape Agapet au patriarche Pierre de

1. Walch, Ketzerhist., t. vu, p. 150, traduit ce mot : « enfants d'esclaves ». 2r Mansi, op. cit., t. vm/col. 896-912 ; Hardouin,o/>. cit.,t. h, col. 1203-1217. 3- Mansi, op. cit,, t. vin, col, 913-921; Hardouinîoj». cit., t. ij,coL1 7-122 214*

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