‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 372 sur 544 · CONCILES A CONSTANTINOPLE ET A JERUSALEM · texte numérisé non relu

CONCILES A CONSTANTINOPLE ET A JERUSALEM

Jérusalem et à ses évêques, après la déposition d'Ànthime. Le pape y disait que non seulement Anthime s'était élevé, au mépris de tous les canons, sur le siège de Constantinople, mais que s'obstinant dans les erreurs d'Eutychès, il n'avait pas voulu se laisser ramener par le pape à la véritable doctrine. Aussi ce dernier l'avait-il déclaré indigne du titre de prêtre et de catholique. Ses partisans avaient [768] été de même condamnés par sentence du Siège apostolique, et l'évêché de Constantinople accordé à Menas, homme excellent, dont l'honneur avait été d'autant plus rehaussé que le pape l'avait ordonné lui-même, ce qui ne s'était pas fait depuis les temps apostoliques. Menas avait été choisi par l'empereur, avec l'assentiment du clergé et du peuple. Agapet s'étonne de ce que Pierre de Jérusalem n'eût pas signalé au pape l'élévation anticanonique d'Anthime sur le siège de Constantinople, et plus encore, son parfait accord avec Anthime , il espère qu'en Palestine on ne recevra aucun de ceux qui ont été condamnés par le pape *.

Enfin Menas annonça l'envoi à Anthime d'une députation de sept évêques, prêtres et notaires qui lui donnerait connaissance du présent concile et l'assignerait à comparaître sous trois jours, afin de donner pleine satisfaction sur son orthodoxie 2. Ainsi se termina la première session.

La seconde se tint le 6 mai dans le même local. Les moines redemandèrent à être introduits ; on lut, en leur présence, le procès-verbal de la première session, et les députés du concile envoyés vers Anthime racontèrent qu'ils l'avaient cherché en vain. Menas fixa un nouveau délai de trois jours, et chargea sept autres évêques et clercs de chercher Anthime et de l'assigner 3.

La troisième session, 10 mai, ressembla à la seconde ; les moines sur leur demande furent introduits. On lut le procès-verbal de la session précédente, et les députés déclarèrent n'avoir pu trouver Anthime nulle part ; en conséquence le patriarche Menas accorda un troisième et dernier délai de dix jours. Si au bout de ce temps Anthime ne se purgeait pas de tout soupçon d'hérésie, on lui appliquerait la sentence portée contre lui par Agapet. Sept députés devaient le chercher et lui remettre officiellement l'assignation dont

1. Mansi, op. cit., t. vin, col. 921-924; Hardouin, op. cit., t. n.col. 1225 sq.

2. Mansi, op. cit., t. vin, col. 925 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1227.

3. Mansi, op. cit., t. vin, col. 925-926 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1227- 123*.

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nous trouvons le texte dans les actes de la quatrième session. Datée [769] du 15 mai, elle est écrite au nom du « patriarche œcuménique » Menas, et de tout le concile l ; elle n'accorde qu'un délai de six jours, parce que ce délai avait été fixé après que les députés du concile eurent fait de longues et inutiles recherches pour trouver Anthime. Dès qu'ils eurent rendu compte de leur mission, dans la quatrième session (21 mai), Menas demanda leur sentiment aux évêques italiens et aux évoques grecs. Les Italiens répondirent en peu de mots, et d'accord avec les diacres romains, qu'ils s'en tenaient absolument au jugement d'Agapet. Hypatius d'Ephèse prit la parole au nom des évêques grecs ; il lit voir dans un long discours la faute d'Anthime rejetant l'expression de Chalcédoine èv Buo crissai, et conclut en demandant sa déposition de l'évêché de Trébizonde et de toute autre dignité ecclésiastique, selon le jugement du pape, et la radiation de son nom du nombre des catholiques. Menas annonça cette sentence dans un discours solennel qui, selon l'usage, fut suivi de nombreuses acclamations : à l'empereur, au patriarche, à l'extirpation des hérétiques. Les moines de Jérusalem remirent en même temps un nouveau mémoire. Ils voulaient, d'accord avec leurs amis, profiter de l'agitation générale pour faire lire ce document et faire décréter la destruction des monastères eutychiens, et en particulier celui de Zooras. Menas écarta cette proposition en disant qu'il fallait d'abord en donner connaissance à l'empereur, car il ne devait rien se faire dans l'Eglise contre sa volonté et ses ordres (jjLYjSàv tgW èv tyj à^onair) 'ExxXvjata xivoofjivwv %apa Yva>pt,Yjv ai)T0u y.al xsXeuaiv Yevéaôai). Comme pour atténuer ses paroles, Menas ajoute immédiatement : « Nous suivons le Siège apostolique et lui obéissons ; nous communiquons avec quiconque est en communion avec lui et condamnons quiconque est condamné par lui. » — A la fin tous les évêques présents signèrent, de même que les diacres romains et les représentants des évêques absents 2,

Les actes de la ve session (4 juin 536) sont très volumineux : on y a inséré un grand nombre de documents lus dans cette session. Le premier était un mémoire remis à l'empereur par Paul d'Apamée et les autres évêques de la Syria //, dans lequel ils exposaient leur

1. Mansi, op. cit., t. vin, col. 960 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1254.

2. Mansi, op. cit., t. vin, col. 948-976 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 1246-

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