‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 39 sur 544 · QUATRIÈME SESSION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME SESSION

là ce que nous croyons. » Commissaires et sénateurs réclamèrent de tous les évêques de déclarer par serment, sur les Evangiles, placés au milieu de l'assemblée, que la lettre de Léon coïncidait avec les explications et décisions de Nicée et de Constantinople. Anatole de Constantinople répondit le premier par l'affirmative, ajoutant que la lettre de Léon était aussi en harmonie avec les explications et décisions du premier concile d'Ephèse. Les trois légats du pape répondirent dans le même sens ; et, après eux, tous les autres votants répondirent d'une manière plus ou moins concise *• Presque tous firent aussi remarquer qu'ils avaient déjà souscrit la lettre du pape Léon 2. Le plus important pour nous est de savoir [4o4J comment votèrent les évêques de l'Illyrie et de la Palestine, qui, on s'en souvient, avaient manifesté dans la 11e session quelques réserves sur certains passages de la lettre du pape Léon. Les évêques de l'Illyrie, par l'intermédiaire de Sozon, évêque de Philippes, firent la déclaration suivante : « Nous adhérons inébranlablement à la foi des Pères de Nicée et de Constantinople, et aux conclusions du premier concile d'Ephèse, et nous sommes aussi pleinement convaincus de l'orthodoxie du très saint père et archevêque Léon. Les légats du pape nous ont expliqué, d'une manière très satisfaisante, lorsqu'ils étaient chez Anatole, ce qui dans cette lettre ne nous avait pas paru parfaitement clair, ou ce qui semblait prêter à l'équivoque ; ils ont anathématisé quiconque séparera la divinité du Seigneur de son humanité, et ne reconnaîtra pas que les attributs divins et humains se trouvent en lui, sans être mêlés, sans être séparés (ào-UY^JTwç •/.al àxpévxtùç xal àStatplTtoç). » Après ces explications, ils avaient, eux aussi, souscrit et adhéré a la lettre du pape Léon 3.

1. Mansi, op. cit., t. vu, col. 10 sq. ; Hardouin, op. cit., t. vi, col. 386.

2. Ils l'avaient fait dans la réunion tenue chez Anatole ; c'est ce que nous apprenons par la déclaration des évêques de l'Illyrie.

3. Mansi, op. cit., t. vu, col. 27 sq. ; Hardouin, op. cit., t. 11, col. 399 sq. Fuchs [op. cit., p. 438) suppose que deux évêques, un de l'Illyrie et un de la Palestine, avaient donné des explications particulières. C'est là une erreur, dans laquelle il est tombé à cause de la mauvaise disposition de l'édition. Il faudrait, en effet, mettre un point après les votes d'Euphratas et de Marcianus, qui déclarent voter, l'un avec les évêques de l'Illyrie, l'autre avec ceux de la Palestine; ce point montrerait, ce qui existe en réalité, à savoir que les explications qui suivent, et qui furent données par tous, n'ont pas été fournies uniquement par ces deux évêques. Le contexte, et le pluriel dont on se sert, prouvent bien que ces explications ont été données, d'un côté, par tous les évêques d'Illyrie, et de l'autre par tous ceux de la Palestine.

Ananie, évêque de Capitolias dans la Palestina II* y lut, à la demande des évêques de la Palestine, une déclaration analogue à la précédente : « Nous tous, adhérons fermement à la foi des trois cent dix-huit Pères de Nicée et des cent cinquante Pères de Constantinople, nous adhérons aussi aux décisions du premier concile d'Ephèse. A la lecture de la lettre de Léon, nous avons souscrit à la plus grande partie de son contenu ; toutefois, quelques passages de cette lettre nous ayant semblé favoriser dans le Christ une certaine séparation entre l'humain et le divin, nous avons exprimé nos appréhensions. Mais les légats romains nous ont fait savoir qu'eux non plus n'acceptaient pas une pareille séparation, et qu'ils ne professaient tous qu'un seul Seigneur et Fils de Dieu. Aussi avons-nous adhéré à la lettre du pape Léon et y avons-nous souscrit. Il serait bon cependant que, pour la satisfaction de tous, [455] les légats romains renouvelassent maintenant en public les explications qu'ils nous ont données 4. »

A la suite de ces déclarations des évêques de l'Illyrie et de la Palestine, on continua à recueillir les votes ; mais, après le 161e, les commissaires impériaux invitèrent les évêques qui n'avaient pas encore voté à le faire tous ensemble. Tous les évêques s'écrièrent aussitôt : « Nous adhérons tous, nous croyons tous ainsi ; quiconque adhère appartient au concile. Longues années aux empereurs, longues années à l'impératrice ! Les cinq évêques (Juvénal, Thalassius, Eusèbe, Eustathe et Basile) ont aussi souscrit et croient comme Léon; qu'eux aussi soient du concile ! » Les commissaires impériaux répondirent : « Nous avons écrit aux empereurs au sujet de ces cinq évêques, nous attendons des ordres. Quant à vous, vous êtes responsables devant Dieu pour ceux en faveur desquels vous intercédez, comme aussi pour tout ce qui se passera dans ce concile. » Les évêques crièrent : « Dieu a déposé Dioscore ; Dioscore a été justement déposé ; c'est le Christ qui Ta déposé 2. »

Le concile patienta quelques heures, jusqu'à l'arrivée de la décision de l'empereur au sujet des cinq évêques. Cette décision portait : « Le concile doit aviser lui-même à ce qu'il y a à faire. » Aussitôt de grandes acclamations se firent entendre pour que les évêques fussent introduits, et ils prirent place en effet au milieu

1. Mansi, op. cit., t. vu, col. 31 sq. ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 402.

2. Mansi, op. cit., t. vu, col. 34-47 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 403-414,

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