‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 405 sur 544 · conciles d'antioche et de gaza · texte numérisé non relu

conciles d'antioche et de gaza

d'Alexandrie. A celte nouvelle Justinien envoya Libère en Egypte, faire une enquête. Rhodo se défendit en disant que l'empereur lui ayant recommandé de faire tout ce que l'évêque lui dirait, il avait, pour ce motif, fait assassiner ce diacre, d'après l'ordre de l'évêque. L'évêque Paul nia, et on découvrit que c'était un certain Arsène, notable d'Alexandrie, qui avait préparé et perpétré ce meurtre avec Rhodo. Arsène fut exécuté et Rhodo, avec les pièces du procès, envoyé a l'empereur qui le condamna à mort. Toutefois, comme Paul d'Alexandrie ne s'était pas parfaitement justifié, Justinien envoya à Antioche le diacre romain Pelage, qui résidait à Constantinople en qualité d'apocrisiaire (nonce), afin que d'accord avec Ephrem d'Antioche, et d'autres évêques de marque, il fît déposer Paul d'Alexandrie.'Pélage, Ephrem, Pierre de Jérusalem, Hypatius d'Ephèse et plusieurs autres évêques se réunirent à Gaza, ainsi que Liberatus le rapporte, enlevèrent à Paul son pallium, le déposèrent et ordonnèrent Zoïle à sa place.

avec ses jours d'éclat et ses accalmies prolongées. Depuis la mort de saint Sabas (531), les origénistes avaient repris le dessus. Leurs adversaires, jugeant l'occasion favorable, endoctrinèrent Pelage, comptant obtenir de son crédit sur l'empereur une bonne sentence qui mettrait pour longtemps les origénistes à la raison. Le recours était naturel ; on se répétait, dans ces milieux où l'on n'oubliait rien, qu'autrefois, au temps du pape Anastase Ier, l'Église romaine avait interdit la lecture d'Origène. Cf. J. Van den Gheyn, La lettre du pape Anastase /er« saint Venerius, évoque de Milan, sur la condamnation d'Origène, dans la Revue d'histoire et de littérature religieuse, 1899, t. iv, p. 1-12. Pelage, en accueillant l'ouverture des moines palestiniens, ne pouvait ignorer qu'il allait se heurter à plusieurs évêques orientaux, choisis les années précédentes dans les rangs des moines origénistes, notamment Domitien d'Ancyre et Théodore Askidas, évêque de Césarée en Cappadoce ; ce dernier, bien vu en cour, était pour Pelage un rival d'influence. Dès son retour à Constantinople, Pelage aborda la question avec le patriarche Menas et tous deux s'entendirent pour appeler l'attention de Justinien sur les querelles origénistes. A cet effet, ils firent dans les œuvres du docteur alexandrin des extraits disposés avec art de manière à mettre Origène et ses partisans en aussi vilaine posture que possible. L'écrit fut placé sous les yeux de Justinien qui savait assez la théologie pour y reconnaître des erreurs monstrueuses. D'où un prétexte à dogmatiser. (H. h.)

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