‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 406 sur 544 · Éditde Justinien contre Origène · texte numérisé non relu

Éditde Justinien contre Origène

En revenant de Gaza à Constantinople, Pelage fit route avec des moines de Jérusalem qui, ayant avec eux des extraits des ouvrages d'Origène, venaient demander a l'empereur d'en condamner la doctrine 4. Pelage et Menas, patriarche de Constantinople, appuyèrent leur demande et Justinien publia contre Origène l'édit autrefois si célèbre 2. Cette pièce, très prolixe et traitant de matières théologiques, a été d'abord éditée en latin par Baroriius 3; plus tard Lupus en publia le texte grec, qui fut inséré dans les collections des actes du Ve concile œcuménique 4. L'exemplaire de cet édit qui nous est parvenu a été adressé à Menas, patriarche de Constantinople. [787] L'empereur affirme dès le début que sa plus grande préoccupation est de maintenir la pureté de la foi et la tranquillité de l'Eglise. « Il avait appris, à son grand regret, que quelques-uns cherchaient

1. Tel est le récit de Liberatus dans son Breviar.,c. xxiii ; comme d'un autre côté, Cyrille de Scythopolis rapporte, l. c, c. lxxxv, que Pierre, patriarche de Jérusalem, avait fait composer par deux moines, Sophronius et Gélase, un mémoire contre Origène et les avait envoyés à l'empereur, on est porté à croire que Liberatus et Cyrille parlent ici du même fait. Walch met toutefois en doute l'identité de ces deux mémoires, t. vu, p. 668, sq., note 2. Quoi qu'il en soit, il ne faut pas confondre ce mémoire contre Origène, rédigé par Sophronius et Gélase, avec un autre plus récent de dix ans et qui provenait aussi des moines de la Palestine, Conon, Eulogius, etc. Cf. Mansi, t. ix, col. 707. En les confondant, Évagrius a jeté beaucoup de confusion dans son Histoire de l'Eglise^ 1. IV, c. XXXVIII.

2. Liberatus, Breviarium, c. xxiii. Sur toutes ces luttes de Forigénisme, il existe un livre très complet, très lucide et très modéré : Diekamp, Die origenistischen Sireitigkeiten im VI Jahrhundert, in-8, Munster, 1899. «L'édit de Justinien était adressé à Menas ; ce document, nourri de dissertations théologiques et de textes des Pères, se terminait par une liste d'anathèmes où étaient condamnés les points principaux de la doctrine origéniste. Justinien prenait, une fois déplus, le rôle de docteur de l'Eglise, un rôle où son goût l'entraînait souvent, même quand son devoir de prince ne le contraignait pas à se mêler aux querelles religieuses. » L. Duchesne, Vigile et Pelage, dans la Bévue des Questions historiques, 1884, t. xxxvi, p. 390. (H. L.)

Page 1