LES QUINZE ANATHÈMES CONTRE ORIGENE
Can. 10.
Et Ttç Xéyzi, <oç to tou Kuptou IÇ àvaaxaasQç awjxa al0£ptcv T£ xat a©atpo£toàç xto a^Yjpum, xat oxtià TOtauTa xat Ta tôv XoixgW èÇavaaxaffewç £<7Tat aco^ata' xat oti aÙTOu tou Kuptou Tupwxov àrcoT^ptivou to totov aÙTOu aô^a, xat TcavTwv ôpiotcoç sic to àvuxapXTOV ^cùp/jcrst y) tg>v aw^axcov <p6atç* àvà0£-
[JLa £CTT(0.
Quiconque dit qu'après la résurrection le corps du Seigneur est éthéré, ayant la forme d'une sphère, et que les corps de tous les autres ressuscites seront de même, et qu'après que le Christ aura rejeté son vrai corps et après que les autres ressuscites les auront rejetés aussi, la nature de ces corps sera anéantie : qu'il soit anathème.
Can. 11.
Et Ttç "kéyei, otitIj [JtiXXouaa xptatç âvatp£<jtv xavT£X?j tôv g(ù\l<xt(ùv ay^at-
V£t. Kat OTt T£Xoç £ŒTt TOU |XU0£UO|Jl£VOU Y] auXoç <?U<7tÇ, Xat OUO*£V £V TG> [J(,eX-
Xovti twv tyjç uXyjç Û7uap?£t, àXXà yu^v°? ° vouç' «vaO£[xa lot 6).
Quiconque dit que le jugement futur annonce l'anéantissement des corps, et que la fin de la fable sera une (fwirtç) nature immatérielle, après quoi il n'y aura plus de matière, mais seulement de purs esprits : qu'il soit anathème.
Can. 12.
Et Ttç X£y£t, OTt èvoïïvTat tw ®£0u Abyu> outwç àiuapaXXaxTtoç al t£ Ituoupavtat Suvajjtstç, xat 7uavT£ç ol avOpcoxot, xat o ota6oXoç, xat toc luvsujjLcmxa
TYJÇ TUOVYjptaç, (OÇ aÙTOÇ Ô VOUÇ O X£Y0pt,£V0Ç TCap' aÙTWV XptŒTOÇ, Xat£V JJLOp9?3
©£0u UTuap^tov, xatx£vwaaç coç çaatv èauTbv, xat rcépaç IcscrSai tyjç (3aatX£taç tou Xptorou' àvaÔ£|jt.a Iotg).
Quiconque dit : les Puissances célestes et tous les hommes, et le démon et les mauvais esprits, s'uniront avec le Logos de Dieu, comme l'esprit (voûç) qu'ils appellent Christ, qui a la forme divine, et qui s'est abaissé, et le royaume du Christ aura une fin : qu'il soit anathème.
Can. 13.
Et Ttç Xé^Ei} ^Ç Ott&l l*iav twcvteXwç sjsi ô XptoTbç 7upbç où§£ âv tûv Xoytxc5v otaçopàv, oboï tî) ouata, oirèè tyj yvwc£i, ouSè tyj £9' axavTa Suva^t yj èv£p*)f£ta, àXXà 7:avT£ç èx dz^i <3v sjovxai tou 0£oïï, xaOaiu£p 0 xàp' aÙTOîç Xpiarbç, a)ç xat iv tyj zapù aÙTwv [xuG£uo[j.£vyj 7upou7uap?£t èvTUY^avcùv' àva- 0£[xa è'aTG).
Quiconque dit qu'il n'y a pas de différence absolue entre le Christ et les autres êtres raisonnables, ni quant à la substance, ni quant â la
science, ni enfin quant à la force et puissance souveraine, mais que tous seront placés à la droite de Dieu, et parmi eux le Christ ainsi qu'étaient déjà les choses dans la préexistence fabuleuse dont ils parlent : qu'il soit anathème.
Can. 14.
Et tiç A£*f£l» ôxi xbtVTûjv twv XoyixgW évGcç [Ma Serrât tô5v ÛTroaTaaswv y.ai tgW àpiôfj.wv, auvavatpou[X£vo)v to£ç crtoy.aai. Kai OTi tyj yvwo-si ty) irepl tg5v Ao- Yixûv ïwtzi 7.6a[i.(ùv T£ ç6opà xaî a(ojj.aTfov àxsôsatç, xai cvojj.gctcùv aïpsaiç, tocototyjç forai tyjç y7^0"^? xaOàicep xat twv uTCOŒTàaswv. xaî oti èv Tlj jxo- OsuopiévY] qhcoxaraffTaflPti laovTat (Jtivot fujAvoi, xaOcnuepxai èv t?) rcap' aùiàW XyjBwpcu^svy; xpou^ap^£i èxJY^avov, àvaôcjxa ettcù.
Quiconque dit que de tous les êtres raisonnables se formera une seule unité des hypostases, et des nombres, les corps ayant disparu, et que la connaissance du monde futur entraînera avec elle la ruine du monde et le rejet des corps, de même que l'abolition de tous les noms, et enfin une identité de la gnose et de l'hypostase; en outre, que dans cette prétendue apocatastase, les esprits seuls continueront à subsister, ainsi que cela était dans la prétendue préexistence : qu'il soit anathème.
Can. 15.
El TIÇ X^ffl, CTl YJ OC^iù^ri TWV VOtoV, Y) (TJTY) ëffTOCl TYJ 7UpOT£pa, 0T£ OUTCG)
ÙTuâeS'^xerav y) xaTaxsiuTCûxeiaav , wç tyjv àp^Yjv rrçv a&Tïjv eIvou tg> réXei, xaî to T£Aoç tyjç àpx^Ç ptiTpov eîvai" àvaÔ£[j.a Sorti).
Quiconque dit que la vie des esprits sera analogue à la vie qui existait au commencement, lorsque les esprits n'étaient pas encore tombés et déchus, de telle sorte que la lin et le commencement seront pareils, et que la fin sera la vraie mesure du commencement : qu'il soit anathème 1.
1. Mansi, op. cit., t. ix, col. 395 sq ; Hardouin, op. cit., t. m, col. 283 sq.
Nota. L'abondance des matières nous force à renvoyer au t. m le livre XIV : Discussion sur les Trois Chapitres.
LA LÉGISLATION CONCILIAIRE RELATIVE AUX CHORÉVÊQUES
l/institution du chorépiscopat est ancienne ; elle a été appliquée à l'Orient et à l'Occident à travers bien des vicissitudes que les canons des conciles nous feront connaître. L'étude de cette institution a été abordée souvent. Outre les ouvrages généraux tels que Dictionnaires, Encyclopédies, nous mentionnerons divers travaux d'un mérite assez inégal :
F. Hallier, De sacris electionibus et ordinationibus ex antiquo et novo Ecclesiœ usu, in- fol., Parisiis, 1636, part. II, sect. v, c. i, 2; c. n, 7-9, 14, 19, réimprimé dans le Cursus theologiœ de Migne, t. xxiv, col. 898- 917, 942-961. — D. Petau, De ecclesiastica hierarchia, in-8, Parisiis [1870], p. 225-237 ; De chorepiscopis, appendice aux œuvres de saint Épiphane, Hœres., lxix, P. G., t. xlii, col. 1045-1054. — J. Morin, De sacris Ecclesiœ ordinationibus, in-fol., Parisiis, 1655, part. III, exercitatio iv ; De chorepiscopis, p. 51-73. — L. Thomassin, Vêtus et nova Ecclesiœ disciplina, in-fol., Parisiis, 1686, part. I, 1. II, c. i-vi, t. i, p. 215-221. — J. Pertschen,s Abhandlung von dem Ursprunge der Archidiaconen... nebst... Anmerkungen von den Archidiakonen... in Hochstifft, in-8, Hildesheim, 1743. — C. Chardon, Histoire des sacrements, in-4, Paris, 1745, t. III, De V Ordre, c. III, 4, réimprimé dans le Cursus tlieologiœ, t. xx, col. 917- 931. — J. Weizsaecker, Der Kampf gegen den Chorépiscopat des frankischen Reichs in neunten Jahrhundert, in-8,Tùbingen, 1859. — Hinschius, Das Kirchenrecht der Katholiken und Protestanten in Deutschland, in-8, Berlin, 1869-1897, t. II j p. 162. — F. Ghamard, Les Églises du monde romain, in-8, Paris, 1877, c. vi : Les cliorévêques dans le monde romain et dans les Gaules, p. 167-270. — J. Parisot, Les chorévéques dans la Revue de V Orient chrétien, 1901, t. vi, p. 157-171, 419-443. — F. Gillmann, Das Institut der Chorbischofe im Orient. Historich-canonistische Studie, in-8, Mùnchen, 1903. — M. Jugie, Les chorévéques en Orient, dans les Echos d'Orient, 1904, t. vu, p. 263-267. — H. Grisar, / vescovi di campagna nelt antidata cristiana, dans Civiltà cattolica, 15 oct. 1904 ; Vescovi di campagna e corepiscopi, dans la môme revue, 25 janv. 1905 ; Vescovi di campagna c vescovi cardinali nell antichità, dans la même revue, 18 mars
1905. — H. Bergère, Etude historique sur les chorévêques. Thèse de doctorat, in-8, Paris, 1905. — J. Zeiller, Le chorévéque Eugraphus. Note sur le chorépiscopat en Occident au Ve siècle, dans la Revue d'histoire ecclésiastique, 1906, t. vu, p. 27-32, cf. p. 86-87. — F. Falk, Die Mainzer Weihbischdfe{Chorbischofe) des 9.Jahrhundert, dans HistorischesJahrhuch, 1907, 3e trimestre.
A l'époque où le chorépiscopat devint l'objet de règlements conciliaires, c'est-à-dire au ive siècle, l'institution existait depuis longtemps. Loin de marquer la date de son apparition ou de son plus grand développement la législation relative au chorépiscopat marque au contraire le temps où son utilité a commencé d'être mise en question et résolument niée. Ainsi que nous le verrons dans cette étude, l'institution est assurément très ancienne ; cependant la première attestation que nous en avons concerne non point un décret conciliaire, mais un individu isolé. Il s'agit de Zotique, chorévéque de Gomane, bourgade de Phrygie, dans la seconde moitié du ne siècle.