‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 419 sur 544 · P. L., t. cxxx, col · texte numérisé non relu

P. L., t. cxxx, col

canon. Bans cette voie on s'arrête difficilement; ils introduisent donc dans le texte les mots 7rot£Ïv xi, et obtiennent ce sens : « Il n'est pas permis aux prêtres de ville de rien faire dans d'autres paroisses que la leur sans la permission écrite de l'évêque du lieu. » Si on introduit dans le texte ainsi remanié les mots èv éxàcxY) uapoixc'a on obtient la lecture suivante :a de rien faire dans leurs paroisses en dehors des fonctions ordinaires, sans la permission écrite de l'évêque. » Cette solution n'est satisfaisante qu'au prix d'une addition que rien ne justifie et que nous ne saurions accepter; en effet, aucun des manuscrits grecs ne contient les mots Tuoteîv tt et on n'en retrouve pas l'équivalent dans toutes les versions latines, par exemple dans celle de Denys le Petit qui fait autorité 1.

Nous nous retrouvons donc en présence du texte de notre canon tel que nous l'avons transcrit au début de la présente dissertation. Hefele a fait mention d'une solution qui n'est guère autre chose qu'une échappatoire. Elle consiste à entendre le mot xsipoxoveîv non de l'ordination proprement dite, mais de l'institution. Le R. P. X. Le Bachelet dit excellemment à ce propos : « Dans l'un et l'autre membre du canon il s'agit d'un pouvoir que les chorévêques et les prêtres de ville semblent pouvoir exercer librement dans leur paroisse ou diocèse propre, tandis qu'une permission lécrite de l'évêque du lieu est requise en dehors du territoire soumis à eur juridiction ; ce pouvoir, commun aux chorévêques et aux prêtres de ville, ne peut être que celui d'élire, de déléguer, d'établir. Cette solution serait fort simple, mais il faudrait légitimer dans le cas présent cette acceptation restreinte du mot xe'poxoveiv contraire à l'interprétation commune et à l'usage des synodes postérieurs qui ont parlé des chorévêques et de leurs pouvoirs en matière d'ordination 2. »

Une dernière interprétation aussi ingénieuse que satisfaisante proposée par J. Peters 3 a été acceptée par Hefele 4 et le R. P. X. Le Bachelet 5. Elle avait été indiquée par Photius et pressentie par Petau 6. Photius, dans le Syntagma canonum. 7 oppose les évêques aux chorévêques : Xtope7uaxo7i:oiç \i-q èÊjetvai 7rpeaêuxépov>ç r\ Scaxôvouç -^eipozovzXv àXka. [xyjv f/.Y|8è suioxotcoiç uôXecoç. En conséquence, les prêtres de ville mis en opposition par le canon avec les chorévêques et supérieurs à eux en matière d'ordination se-

Page 1