QUATRIÈME SESSION
de l'eutychianisme, et que nous avons rencontré au Brigandage d'Ephèse. Diogène, évêque de Cyzique, cria en le voyant : « CeBarsauma, que vous voyez parmi vous, a tué Flavien ! » et les autres évêques ajoutèrent : « Il a mis toute la Syrie en révolution et a
drites et les clercs convoqués furent invités à prendre séance —eu égard à leur qualité de prêtres — du côté des évêques. En l'absence des requérants on lut la pièce et les signatures ; à chaque nom, les magistrats interrogeaient les archimandrites présents sur l'identité de la personne désignée et sur ses antécédents. C'était de préférence à Fauste, archimandrite très considéré, que les magistrats s'adressaient et il résulta de cet interrogatoire que sur les dixhuit signataires, quinze étaient de vulgaires imposteurs. Carausius, Dorothée et Maximus seuls étaient archimandrites, les autres, simples sacristains ou gardiens de chapelles, cénobites ou solitaires, usurpaient le titre auquel ils n'avaient nul droit. L'enquête ne dut pas laisser de surprendre les Pères du concile. Au nom d'Elpidius, qualifié abbé, Fauste dit : « Il n'est pas abbé, il est gardien des tombes au monastère de Procope. » — Au nom de Photin, Fauste dit encore: « Photin? Qui est-il? Je ne connais pas. » — Au nom d'Eutychius : € Celui-ci n'a pas de monastère ; il est gardien de la basilique célestine. » — Au nom de Théodore : « Il est gardien de tombeaux. » — Aux noms de Moyse, Gérontius, Théophile: « Ces gens-là nous sont complètement inconnus. » — Au nom de Thomas : « Je ne connais pas. » — Au nom de Némésianus : c Ce nom me déroute. » — Au nom de Léontius : «: C'est celui qui demeure proche de la ménagerie aux ours. » — Au nom de Hypsius : « Celui-ci habite au cirque de bois avec deux ou trois compagnons qu'il appelle ses moines. » — Au nom de Gaudentius : « On compte cinq individus de ce nom dans le quartier de Philippe. » L'interrogatoire achevé, Fauste dit aux magistrats : « Que Votre Magnificence et le saint concile fassent vérifier dans la ville si ces gens qui se qualifient archimandrites ont des monastères ou s'ils jouent ici une comédie. Quant à ceux qui se disent simples moines et qu'aucun de nous ne connaît, nous demandons leur expulsion de Constantinople comme imposteurs n'ayant d'autre but que de provoquer le scandale. » Les magistrats firent introduire Carausius et sa suite, composée d'abord des signataires, puis d'une foule de moines et de clercs adhérents à la pétition. Anatole de Constantinople ayant remarqué au défilé de cette foule le prêtre Gérontius et un eunuque nommé Calopodius, également prêtre, se leva et dit: « Ces gens-là sont déposés, il ne leur est pas permis d'entrer dans le concile. — Déposés ! dirent-ils, personne jusqu'à ce jour ne nous l'a appris. » L'archidiacre Aétius, s'approchant de Calopodius, lui dit : c L'archevêque vous répète par ma bouche que vous êtes déposés. — Pourquoi ? — Parce que vous êtes hérétiques, sortez ! » Calopodius refusa de sortir, mais, prenant la parole, il s'adressa aux magistrats : « Nous requérons qu'il soit donné lecture de notre plainte, » dit-il. C'était la plainte récemment adressée à l'empereur et que Marcien renvoyait au concile. Les pétitionnaires y réclamaient protection contre les sévices et les menaces d'Anatole qui violentait les moines pour leur faire signer la lettre de Léon. C'est à ce moment que se place l'apostrophe de Diogène de Cyzique à la vue de Barsanma. (H. L.)
ameuté contre nous des milliers de moines. » [Les commissaires impériaux demandèrent alors à Carausius et à ses collègues s'ils étaient disposés à professer maintenant devant le concile la foi orthodoxe. Ils réclamèrent, avant tout, la lecture de la seconde supplique par eux adressée au concile, et les commissaires et les sénateurs y consentirent, tandis que de tous côtés s'élevait ce cri : « Hors d'ici l'assassin Barsauma 4 ! »]
Dans la lettre au concile, les eutychiens s'excusaienl de n'avoir pas répondu plus tôt à l'invitation à eux faite ; ils dirent « que l'empereur ne l'avait pas voulu, ainsi qu'ils l'avaient déjà prouvé par des documents écrits. Ils demandaient maintenant que le saint archevêque Dioscore et ses évêques fussent introduits dans le con- [459 1 cile. » Irrités de cette effronterie, les évêques crièrent : « Anathème à Dioscore ! le Christ l'a déposé ; mettez-les tous à la porte ! vengez l'injure faite au concile. On ne doit pas poursuivre la lecture de leur requête, car ils donnent le nom d'évêque à Dioscore qui a été déposé, etc. 2. » Les commissaires et les sénateurs firent remarquer que cette appellation ne causerait aucun préjudice, et on continua la lecture. Les prétendus archimandrites disaient tenir de l'empereur l'assurance que, dans le concile, on confirmerait la foi de Nicée, et on ne prendrait auparavant aucune décision. Cette
1. Tout ce paragraphe est encore peu satisfaisant. À la suite des clameurs poussées par les évêques contre Barsauma, [le tumulte dans l'assemblée était à son comble. Pour l'apaiser, les magistrats dirent à Carausius : « Le très religieux empereur vous a fait introduire ici pour que le concile entende vos explications : mais vous devez d'abord être instruits de ce qui a été réglé touchant la foi. — Avant tout, repartit Carausius, nous demandons avec instance qu'on veuille bien lire une seconde requête, que nous adressons cette fois au saint concile ici présent. » Celte seconde requête était, ainsi que la première, signée par Barsauma. En entendant ce nom, le tumulte recommença dans l'assemblée : « Hors d'ici l'assassin Barsauma ! A l'amphithéâtre, qu'on le livre aux bêtes ! Qu'on l'exile ! Anathème à Barsauma ! » Les magistrats laissèrent le bruit s'apaiser et firent lire le libelle par Constantin, secrétaire du consistoire impérial.] (H. L.)
2. Les magistrats exigèrent que la lecture du libelle fût achevée et donnèrent à Constantin l'ordre de poursuivre. La requête contenait une verte remontrance à l'assemblée pour avoir « déraisonnablement » condamné Dioscore. Si elle ne relirait pas sa sentence, les requérants déclaraient qu'ils secoueraient sur elle la poussière de leurs chaussures et se retireraient de sa communion. A ces mots, l'archidiacre Aétius saisit le livre des canons qu'il avait près de lui, l'ouvrit et lut à haute voix le 5e canon d'Anlioche, et le reste de l'incident comme dans le texte. (H. L.)