‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 421 sur 544 · P. G., t. x, col · texte numérisé non relu

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concélébrants, pour les honorer, à cause du ministère qu'ils remplissent à Fégard des pauvres. » Cette assimilation des chorévêques aux disciples n'a d'autre but que de les distinguer des évêques, suivant la tendance qui prévaut depuis le concile d'Ancyre. Les évêques sont équiparés aux apôtres, les chorévêques ne s'élèvent pas au-dessus des disciples parce qu'on veut leur rappeler à tout propos qu'ils ne sont que des aides, des coadjuteurs, relégués dans la banlieue et la campagne où ils exercent leur ministère et leur juridiction sur des gens de condition inférieure, esclaves, colons, etc. Parfois la destination des chorévêques différait assez peu de celle d'intendants ruraux pour les biens de l'Eglise. Cependant lorsqu'ils revenaient rendre compte de leur charge ou bien dans certaines circonstances solennelles, on les invitait à se joindre au clergé de la ville épiscopale. Ils jouissaient alors, comme les prêtres du lieu, de l'honneur de concélébrer avec l'évêque, ce qui constituait un privilège et une distinction, puisque les prêtres de campagne du ressort des chorévêques n'en jouissaient pas.

Le canon 14e de Néocésarée ne nous apprend pas ce qu'il importerait beaucoup de connaître : le chorévêque avait-il le caractère d'ordre ? Sans doute, le canon ne le lui dénie pas, il semble même qu'il ne fasse sous ce point de vue, aucune différence entre l'évêque citadin et l'évêque rural. Néanmoins l'infériorité hiérarchique du chorévêque est évidente. Elle ressort, non seulement de ce canon, mais de celui de Nicée, décrétant que si un évêque novatien revenant à la foi catholique se trouve en présence d'un évêque orthodoxe, pour ne pas diviser l'Église on donnera à l'évêque converti un poste de chorévêque. Quant au caractère d'ordre nous ne pensons pas qu'on puisse inférer rien, pour ou contre, du titre de <ruXXeiTo-jpyo de l'évêque, bien que ce titre s'applique souvent à des collègues dans l'épiscopat.

A partir du moment où le canon d'Ancyre atteste officiellement leur existence, les chorévêques nous apparaissent fréquemment dans les textes. Il semble qu'on en doive conclure que l'institution était aussi récente que le vocable puisque auparavant elle ne se montrait nulle part. Ce serait une induction assez téméraire. Les textes du iv* siècle et des siècles suivants nous permettront de déterminer la région dans laquelle l'appellation a reçu son plus large emploi et probablement pris naissance. La plupart des attestations anciennes relatives aux chorévêques se rapportent aux provinces du Pont, de Galatie, de Cappadoce, de Cilicie, d'Isaurie et de Bithynie, c'est-à-dire dans la partie orientale de PAsie-Mineure. Toutefois, en regard des mentions formelles, nous devons faire place à des indications pratiques presque aussi certaines d'où résulte l'existence de l'institution chorépiscopale dans des régions ne possédant pas d'attestations directes. En Syrie, nous savons par Eusèbeque Paul de Samosate, évêque d'Antioche, était parvenu à entraîner des évêques de pagi à

LA LEGISLATION CONCILIAIRE RELATIVE AUX CHOHEVEQUES

prêcher ses erreurs, Eusèbe les désigne en effet, sous le nom de i-Kirjy.oTio'j; xôiv ô(xoptov àypôiv 1 .

Dans l'île de Chypre et en Arabie, les chrétiens avaient, au dire de Sozomène, des évêques dans les xûpwu, ainsi que les raontanistes et les novatiens en Phrygie ; cependant, ajoute-t-il, dans certaines provinces telles que la Scythie, il y a normalement un évêque par ville 2.

En Egypte, l'existence des chorévêques paraît moins avérée. Saint Athanase faisant l'énumération des dignitaires ecclésiastiques en butte aux persécutions des ariens, omet entièrement la mention des chorévêques 3. Ailleurs le même Père représente lax^pa de la Maréotide comme ne possédant « ni évêques ni chorévêques », mais dépendant exclusivement de l'évêque d'Alexandrie 4. Par contre, la lettre d'Athanase à Dracontius nous montre la /vwpa voisine d'Alexandrie faisant choix de ce Dracontius pour évêque 5.

En Mésopotamie comme en Egypte, le chorépiscopat est attesté indirectement, mais non avant la paix de l'Eglise. Le concile de Séleucie, tenu en 410, constate la nécessité de réduire le nombre des chorévêques 6. Les circonstances connues de l'histoire de l'Église chrétienne en Perse et en Mésopotamie pendant tout le cours du ive siècle 7 ne nous montrent que des persécutions presque ininterrompues. On n'est guère fondé à supposer que des conditions aussi désavantageuses aient coïncidé avec l'expansion du christianisme entraînant un développement anormal du chorépiscopat. Celui-ci peut donc être ramené à une date ancienne, antérieure probablement à la persécution de Sapor en 339-379.

1. Eusèbe, Hist. eccles., 1. VII, c. xxx, P. G., t. xx, col. 713 Cf. Nicéphore Calliste, Hist. ecclés., 1. VI, c. xxx, P. G., t. cxlv, col. 1189.

2. Sozoraène, Hist. eccles.y 1. VII, c. xix, P. G., t. lxvii, col. 1476: 'AfxéXec Sxu6ai uoXXai uôXEt; ov-eç, ëva rcavre? £7u'a-xo7tov ïyo-ociV èv aXXoiç 8è k'ôvsac'v èa-riv ouïr) •/.al èv y.iofxouç iTzirr/.OTioi îepouvTac, toç 7rapà 'Apaêîoc; xai Kuirpiotç eyvtov, xai uapà 70X; èv (I>p-JYs'a'.; NouaTiavotç xai Movraviaxaiç.

3. S. Athanase, Apologia de fuga sua, n. 3, 7 ; P. G., t. xxv, col. 647-654.

4. Saint Athanase, Apologia contra arianos, lxxxv, P. G.f t. xxv, col. 400 : MapscÔTr,;, xarà upieiTrov, xwpa Trt; 'AXeîjavôpsiaç èatt, xai oùSsuote èv r?j X^P^ Y6Y0V£V NrfoxOKOC ovoe •yuiÇtZ'xicr/.oTZQç, àXXà tm xf,; 'Aye^avSpîtai; tmaxéftcp ai èxxXv^acai 7rà<Tr]ç -rr,; x^Pa* û«Ài«vt*i. Suivant la remarque de dom J. Parisot, « le texte ne peut être donné en preuve contre l'existence du chorépiscopat en Egypte. Il ne prouve que pour la province désignée, et une application plus étendue de ce témoignage nierait l'existence des évêques eux-mêmes pour le reste du pays. » Op. cit., p. 161.

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