‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 424 sur 544 · A souscrit au concile de Néocésarée · texte numérisé non relu

A souscrit au concile de Néocésarée

5. La nomenclature grecque contient quinze noms de chorévêques, Labbe, Concilia, t. i, col. 54 ; la liste syriaque, dans Pitra, Analecta noviss., in-8, Parisiis, 1883, p. 234, 459, quatorze seulement; la liste arménienne, Ibid., p. 237, 462, treize noms ; la liste copte ne présente que cinq noms : Palladius (ou Phalatos), Seleucios, Stephanos, Rhodion, Gorgonios, Pitra, Spic. Solesm., t. i, p. 517-518.

6. Labbe, Concilia, t. m, col. 540, cf. col. 1166-1174. Dans la ive session on relève l'indication d'un certain nombre d'évêques sans mention de siège.

chorévêques *\ Les conciles d'Antioche, de Sardique, de Laodicée s'occupent d'amoindrir et de supprimer l'institution que nous trouvons encore vivace au synode de Constantinople en 459 et au IIe concile de Nicée, en

A suivre les assemblées conciliaires que nous venons d'énumérer, on constate bientôt une tendance continue, celle de déprimer l'institution chorépiscopale. Cette tendance se révèle dès le début du ive siècle, dans le canon 14e du concile de Néocésarée, où il est dit : « Les chorévêques tiennent la place des Soixante-dix (disciples). [On les admet] à offrir le sacrifice comme concélébrants, pour les honorer, à cause du ministère qu'ils remplissent à l'égard des pauvres '2. » C'est bien ainsi qu'on entend ces formules en apparence fort honorables. Marius Mercator dans sa traduction des textes des conciles grecs n'y met pas de mystère : Vicarii episcoporum quos Grseci chorepiscopos nominant^. Les chorévêques ne sont dès lors que des coadjuteurs. Relégués à la campagne, dans ce milieu fruste des ruraux, ils y tiennent tout à la fois le rang et les fonctions d'intendant de l'évêque urbain sur les biens et les gens que possèdent les églises en dehors des villes.

Le canon 13e du concile d' Ancyre aborde au contraire, et résolument, la question du pouvoir d'Ordre des chorévêques. Quelque lecture qu'on préfère, le texte de ce canon que nous avons étudié au début de cet Appendice ne laisse aucun doute sur la reconnaissance qu'il contient du pouvoir radical reconnu aux chorévêques de conférer les Ordres majeurs. Cependant, comme s'il fallait que le chorépiscopat n'obtienne rien sans quelque restriction, on doit remarquer que le canon qui lui est le plus favorable et peut servir, en quelque manière, de charte à ses droits, ce canon, disons-nous, restreint les pouvoirs d'ordre du chorévêque à l'égard des deux degrés majeurs.

Le canon 10e du concile d'Antioche (341) est encore plus décisif en faveur du pouvoir d'Ordre des chorévêques, bien qu'il veuille y apporter lui aussi une restriction : Toùç èv Taïç xwjxaiç y) touç ya>paiç, r] toÙ; xaXo-j|xeWjç yv<jopsucarxo7t:ov<:, et xal ^eipoôeatav eTsv È7naxo7ta)v eîXyjçôteç, eôo£s tyj àyca <7uv68a> EiSsvai Ta éauràiv [jixpa, xal Siotxeîv Ta çv7roxEi[Asva? aÙTOÏç è 'ExxXiqoïaç, xal tyj toutwv àpxeîaôac çpovTi'ôi xal xr(8e{jL0vt'a* xaOïarav Se àvayvaxrTaç xal •j7co8cax6vo"j; xal èçopx'.aràç, xal tyj

TO'JTtoV àpX£tCr6ai ■KpO!XyiùyTl, |XY)T£ 8È 7rp£(TëÛT£pOV [XT)T£ )(£tpOTOV£tV ToXfAaV, 8fya TCTJ èv

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1. Labbe, Concilia, t. iv, col. 295 : Eutychias, chorepiscopus de vico Aulacis, princeps tessarsedecatitorum ; Zeno, chorepiscopus quartodecimanorum hsereseos.

2. Pitra, Juris eccles. Grxcor. hist. et monum., Romae, 1864, t. I, p. 454: Oc 8è xa>p£7uoxouoi et<xl [aèv eîç totcov tôSv éë8o[jL^xoTa wç 8à ffuXXeiToypyot' 8tà ttjv (T7tou-

Sy)V SU TOÙÇ TZTlûyOVÇ, TCpOCçÉpOUO-C TCfitofAEVOl.

3. Labbe, Concilia, t. i, col, 1473, 1488 : Ancyre, can. 12 ; Néocésarée can. 14.

LA LÉGISLATION CONCILIAIRE RELATIVE AUX CHORÉVEQUES 1213

opccrGevTa, xaôatpetaôat auxbv xal r,ç (xe^e^et Ttjxfi^' /(opeTti'crxoTrov ce Ytveaôat Opo ûwi xr,; TtdXttoç ri ûweSxeiTat, èwi<xx<Sirov. « Ceux [les évêques] qui sont (établis) dans les villages ou les campagnes, ou, comme on les appelle, les chorévêques, quoiqu'ils aient reçu l'ordination des évêques, doivent — ainsi l'ordonne le saint Concile — connaître les limites de leur pouvoir, et régir les Eglises qui leur sont soumises en se contentant de la sollicitude et du soin de celles-ci. Ils peuvent établir des lecteurs, des sous-diacres et des exorcistes et ces promotions doivent leur suffire. Qu'ils ne poussent pas la présomption d'ordonner ni prêtre ni diacre, sans l'autorisation de l'évêque de la ville de laquelle dépendent la personne et le territoire du chorévêque. Si quelqu'un osait enfreindre ces déterminations, il serait destitué du grade qu'il possède. Du reste, le chorévêque doit être établi par l'évêque de la ville dont il dépend *. »

Le morceau capital de ce texte c'est la phrase : et xal xetpo6e<7Îav elev èwiffxd- 7io)v eîXïjfiwç, dont la traduction laisse assez de liberté pour remettre en question le problème qu'une proposition si formelle semble avoir résolu. En effet, on peut traduire ri xal de différentes manières. « Ce n'est pas là, a-t-on fort bien dit 2, une vaine subtilité de grammairien : « alors mê- « me qu'ils auraient reçu, — même s'ils ont reçu » n'est pas la même chose que : « quoiqu'ils aient reçu. » La seconde traduction signifie que tous les chorévêques sont évêques ; la première donne à entendre que c'est seulement le cas de quelques-uns 3. M. Fr. Gillmann résout le problème en disant qu'il ne faut pas confondre et xal {quoique) avec xal et {même si). Mais cet optatif « eîtv » n'est-il pas quelque peu embarrassant ? Ne semble-t-il pas légitimer la traduction : « alors même qu'ils auraient re- « çu... » et n'est-ce point lui qui a autorisé Thomassin à distinguer deux catégories de chorés'êques ? M. Gillmann ne souffle mot là-dessus. Il serait vraiment à souhaiter que certains manuscrits eussent elo-l au lieu de etev. Par ailleurs il serait difficile de prouver que et y.at'et xal si ont le sens si radicalement tranché qu'on leur attribue. Voici par exemple ce que nous lisons dans le 11e canon du concile de Nicée : Ilepl toW uapaêàviwv y/opi; àvdrfXYjç... eooije z-q auvoSto, xav àvà^tot •rçcrav çtXavôpwutaç, ô'[Aa)ç %pr)<rze,\)<r action et; a-jxo'jç. Ici xà'v (xal èàv = xal et) a sûrement le sens de quoique et non de même si. Quoi qu'il en soit, il y aurait peut-être quelque danger à vouloir chercher la pure syntaxe classique dans les textes conciliaires : pour cette raison, et à cause des déductions risquées qu'on pourrait tirer d'une autre interprétation, nous pensons que la traduction « quoiqu'ils aient reçu la a consécration épiscopale » est soutenable. Peut-être même y aurait-il

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