‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 46 sur 544 · QUATRIÈME SESSION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME SESSION

assisté à ce concile ; on lui avait apporté le document en question ; ayant vu la signature d'Anatole de Constantinople, il avait consenti à donner la sienne. Photius répondit qu'au début il n'avait pas tenu compte de cette nouvelle ordonnance, et avait continué, comme par le passé, à faire les ordinations épiscopales ; pour ce motif, il avait été excommunié, et les évêques ordonnés par lui, déposés et ramenés de Tépiscopat au sacerdoce. Anatole ne discuta pas ces dernières allégations de Photius. Il se contenta de dire que, par sa conduite illégale, l'évêque de Tyr avait forcé le concile de Constantinople à l'excommunier. Il saisit cette occasion pour défendre la coutume de la crùvoooç hor^ouaa. Après quelques [464] explications, on conclut, en se fondant sur le 4e canon de Nicée \% que dans la province ecclésiastique de Phsenicia 7a Tyr était seule métropole et l'évêque de Tyr avait le droit de faire les ordinations des autres évoques de la province. L'évêque de Béryte ne pouvait pas alléguer les droits conférés par l'empereur Théodose, et les trois évêques ordonnés par Photius devaient être reconnus comme tels et réintégrés. Les légats du pape ajoutèrent que c'était un sacrilège de dégrader un évêque pour le réduire à la prêtrise. « Si un évèque a commis un crime qui emporte la déposition, il ne doit même pas rester prêtre. » Analole voulut expliquer ce qui s'était passé, mais le concile adhérant à la parole des légats, déclara, sur la proposition de Cécropius, évêque de Sébastopol, que tous les décrets impériaux en contradiction avec les canons, seraient nuls de plein droit 2.

sition avec les canons. Il résulte aussi des documents, qu'un synode de Constantinople, s'inspirant de traditions par trop byzantines, avait prêté main forte à l'empereur pour qu'il pût empiéter ainsi sur les droits de l'Église.

1. Ce même 4e canon de Nicée fut également rappelé dans la troisième session, mais alors d'après un autre manuscrit que dans la session actuelle. Cf. Ballerini, op. cit., ni, p. xxxvi sq., P. L., t. lvi, col. 47 sq.

2. Mansi, op. cit., t. vu, col. 86-98 ; Hardouin, op. cit., t. Il, col. 435-446. Dans la session du 22 octobre, c'est-à-dire deux jours après le jugement rendu sur l'affaire de Béryte, Eustathe est encore placé entre les métropolitains. Dans la session du 25, il signe la profession de foi en qualité d'évêque de la métropole de Béryte, mais nu rang des simples évêques. Dans la lettre à l'empereur il signe contre les évêques de la Phénicie /r% mais le premier après Photius de Tyr. On prétend que, dans la suite, Béryte est toujours demeurée métropole honoraire. La part importante prise par Anatole et la <ruvo8o; èvfir^oiJCTa à l'affaire d'Eustathe, ne laissa de choquer les officiers civils qui trouvèrent étrange que cette assemblée peu qualifiée fût traitée comme un vrai concile. Tryphon de Chio en appela à l'usage et Anatole soutint fortement cette pra-

193. Cinquième session, le 22 octobre 451 *. Le décret de foi.

Trois commissaires impériaux seulement, Anatole, Pallade, Vincomale, sans aucun sénateur, assistèrent à la ve session (22 octobre ~). Les actes grecs n'indiquent parmi les évêques présents

tique qui ajoutait au pouvoir et à l'éclat de son siège. On ne poussa pas cette affaire plus loin. (H. L.)

1. Il est tout à fait vraisemblable que, dès le 20 octobre et même auparavant, peut-être dès la veille ou plus tôt, il était décidé eu principe que l'on rédigerait un nouveau formulaire dogmatique. En effet, Eustathe de Béryte demande, à l'ouverture du débat de la session du 20, que l'on sursoie au jugement de son différend avec Photius de Tyr jusqu'après l'acceptation du formulaire. Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vi, col. 859). Vraisemblablement l'empereur n'avait pas renoncé à obtenir la formule dogmatique qu'il avait réclamée dès l'ouverture du concile. On la lui avait refusée ; il s'y était pris plus habilement et arrivait à son but. Nous n'avons pas de traces de la pression exercée sur les évêques individuellement, néanmoins cette pression est certaine ; le revirement de l'assemblée suffit à en donner la preuve. Les conciliabules se tenaient chez l'évêque Anatole de Constantinople ; on poussait vers lui les évêques en leur insinuant que « l'empereur en saurait bon gré » et la plupart des évêques avaient tant et de si graves intérêts diocésains à faire valoir pendant leur séjour dans la capitale, parmi les gens de cour et les ministres, qu'ils se rendaient aux conciliabules, pour « faire plaisir » et recommander ainsi leurs affaires pendantes. Mais une fois les évêques en présence, on n'aboutissait pas. Le groupe d'évêques du côté droit, que nous avons vu, en séance, se rallier à la gauche, Illyriens, Grecs continentaux et Palestiniens, n'étaient pas entièrement indemnes de ces idées eutychiennes et semi-eutychiennes auxquelles ils avaient si longtemps appartenu. Ils inclinaient toujours vers des formules qui effaçaient la séparation des deux natures après l'union, tandis que les Orientaux et les évêques d'Asie, du Pont et de Cappadoce se tenaient en garde contre toute expression pouvant prêter à l'idée de confusion des natures et de passivité du Verbe dans la personne de Jésus-Christ. Une suspicion, une aigreur résultait de ces essais infructueux pour tomber d'accord et au milieu de ce malaise, les légats romains escomptaient un succès. Ils espéraient que l'empereur, de guerre lasse, se contenterait de la lettre dogmatique du pape. Anatole se donna tant de soins qu'il finit parfaire adopter par des groupes nombreux un projet de définition, dont, suivant toute apparence, il était l'auteur. Baronius, Annales, ad ann. 451, n. 101. (H. L.)

2. Les actes de cette session se trouvent dans Mansi, op. cit., t. vu, col. 97- 118 ; Hardouin, op. cit., t. n, col. 446-456 ; le procès-verbal montre clairement que les sénateurs n'assistèrent pas à cette session, car ils ne parlent que des (xeyaXo7rp£TréCTTaToc xal èvSoSjÔTaToc apxovxeç, c'est-à-dire des commissaires.

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