‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 460 sur 544 · Id., t. x, col · texte numérisé non relu

Id., t. x, col

de Gonstantinople à témoigner à Jean toute la bienveillance possible et la protection à laquelle il avait droit K

Anastase, prêtre de Lycaonie. — Le prêtre Anastase, examiné par un tribunal ecclésiastique, fut condamné et déposé par Jean le Jeûneur. L'inculpé paraît n'avoir pas été à l'abri de tout reproche; on l'incriminait surtout pour conserver chez lui un livre rempli de propositions hérétiques. Anastase fit appel au Saint-Siège et composa un écrit dans lequel il déclarait n'avoir jamais cessé de croire à tout ce qu'enseignent les quatre conciles œcuméniques et ne pas hésiter à condamner ce qu'ils condamnent. Il acceptait également les décrets du concile des Trois-Chapitres. Saint Grégoire Ier à qui était adressé l'appel se fit envoyer le livre trouvé chez Anastase, lequel convint de l'avoir lu, s'engagea à ne plus le lire et condamna tout ce qui s'y trouvait contenu d'erroné. Le pape convaincu de la sincérité de l'accusé le déclara catholique et exempt de toute perversité hérétique; il l'autorisa à réintégrer son monastère de Saint-Mile ou Tamnaco, en Lycaonie, et à y reprendre ses anciennes fonctions. Dans la suite celui-ci devint archimandrite du monastère de Sainte-Marie-la- Neuve, à Jérusalem 2.

Saint Sophrone de Jérusalem. — Dès que Sophrone fut élevé sur le siège patriarcal de Jérusalem les défenseurs de l'orthodoxie le pressèrent de déférer au pape l'hérésie monothélite et son principal défenseur, Sergius. Mais celui-ci le prévint, écrivit le premier, s'efforcant de déconsidérer Sophrone, et en effet, il obtint du pape, inconcevablement ignorant des luttes théologiques de l'Orient, une vive recommandation de laisser sommeiller la discussion sur les volontés en Jésus-Christ. La lettre synodique de saint Sophrone, parvenue à Rome sur ces entrefaites, ne modifia pas les idées du pape Honorius qui demanda qu'on s'abstint de parler de toutes ces nouveautés théologiques.

Cependant le monothélisme gagnait du terrain, aussi Sophrone résolut de solliciter l'intervention personnelle du pape. Dans ce but, il envoya à Rome Etienne, évêque de Dora, le premier de ses suffragants, dûment stylé (637) : Allez, lui dit-il, jusqu'à ce que vous parveniez au trône apostolique, où sont les fondements des dogmes de la piété. Faites connaître exactement, non pas une fois ou deux, mais plusieurs fois, aux hommes très saints qui s'y trouvent, tout ce qui s'est passé ici, et ne cessez pas de les prier et de les supplierjusqu'à ce que, dans leur apostolique sagesse, ils prononcent un jugement victorieux et abolissent canoniquement les nouveaux dogmes 3. Etienne parvint à Rome probablement après la mort du pape Honorius ; le sacre de son successeur ayant été retardé pendant deux ans, ce ne fut qu'en 640, sous Séverin, et plus probablement en 641

l.Mansi.op. cit., t. x, col. 11-13 ; S, Grégoire, Epist.,1. V, epist, xv, xvi, xvji.

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