L. Duchesne, Églises séparées, p
la cause des évêques Badagios et Agapios qui se disputaient le siège de Bostra, dépendant d'Antioche. Perdant toute mesure l'évêque de Constantinople suspend l'effet d'une sentence de déposition prononcée par un concile d'Antioche contre les accusateurs dlbas d'Edesse et cite ce dernier à comparaître au tribunal de trois évêques orientaux, en Phénicie, province relevant d'Antioche. On ne compte plus désormais les usurpations. Le patriarche d'Antioche et le métropolitain de Tyr apprennent un jour que l'évêque de Gonstantinople va diviser la Phénicie en deux provinces. L'évêque de Tyr se rebiffe, il est excommunié» Le patriarche d'Antioche, Maxime, en est réduit à se laisser consacrer par l'inquiétant collègue de Gonstantinople. Celui-ci met à profit les prétentions connues de Juvénal de Jérusalem pour créer une division qui affaiblisse le patriarcat par un démembrement qui se produit lors de l'érection du patriarcat de Jérusalem taillé dans celui d'Antioche. Toutes ces usurpations, écrit justement M. S. Vailhé, accumulées en si peu de temps, relèguent Antioche au dernier rang et la livrent sans défense aux mains de sa rivale au moment où vont commencer les controverses monophysites.
Dans l'intervalle de 381 à 451 les évêques de Gonstantinople pouvaient se rendre ce témoignage : ils avaient beaucoup travaillé, beaucoup peiné et leur succès était bien leur œuvre. En 451, l'épiscopat d'Orient entendit bien poser le couronnement de l'édifice si laborieusement construit, et s'attacha à consacrer, sans retour, les résultats obtenus. Entraîné, plus que convaincu par les arguments et les promesses et aussi par son antipathie pour l'Occident, cet épiscopat s'associa à l'évêque de Gonstantinople soucieux d'obtenir des évêques réunis la confirmation des anciens privilèges et la collation de ceux qu'il ambitionnait encore. Ce fut le 28e canon du concile de Chalcédoine qui, promulguant de nouveau le 3e canon du concile de 381, exprima le principe faux et subversif, antitraditionnel et ruineux de la préséance honorifique de l'évêque de Constantinople fondée sur son titre d'évêque de la capitale de l'empire, séjour de l'empereur et du sénat.
« En poussant à bout les conséquences renfermées dans ce faux principe, il fallait de toute nécessité reconnaître plus tard le premier rang à l'Église byzantine, une fois que Rome, tombée au pouvoir des barbares, n'aurait plus l'honneur d'abriter dans ses murs le sénat et les empereurs *. »
H. Leclercq.