‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 486 sur 544 · Id.f p · texte numérisé non relu

Id.f p

Le catholicos Mar Dadiso prit la parole, accepta les propositions susdites, confirma les sentences portées contre les meneurs de la rébellion et pardonna aux comparses.

Ainsi se termina ce synode, dont l'importance est capitale ; l'autonomie de l'Église persane est définitivement proclamée, le protectorat des « Pères occidentaux » n'est plus admis. On est un peu surpris de lire le motif avancé par les évêques de la Perse pour justifier leur rupture avec les « Pères occidentaux ». Ceux-ci, disent-ils, ne peuvent plus nous aider. Et c'est au moment où l'intervention des Romains vient de mettre fin à la persécution de Waran qu'on leur adresse ce reproche d'indifférence ; il semble que Acace d'Amid devait encore se trouver à la Porte royale (où le roi des Perses l'avait mandé pour le féliciter de sa conduite à l'égard de sept mille de ses soldats prisonniers des Romains) au moment où Dadiso tenait concile. M. J. Labourt croit que le motif invoqué n'est qu'un prétexte, « En réalité, Dadiso voulait à tout prix se soustraire à l'ingérence des « Pères occidentaux ». 11 est fort possible que les dissidents en aient appelé à Acace d'Amid et que celui-ci se soit prononcé en leur faveur. On pourrait s'expliquer par là pourquoi le synode de Dadiso ne s'est pas tenu à Séleucie, mais dans une ville assez éloignée et politiquement à demi indépendante. A ces raisons toutes personnelles, il est probable que Dadiso en joignit d'autres d'un ordre supérieur. Il pensait peutêtre, en décrétant l'indépendance absolue de l'Eglise syrienne orientale, anéantir un préjugé vivace et qui avait coûté très cher à ses coreligionnaires : que les chrétiens de Perse étaient les alliés naturels des Romains, et les ennemis jurés du Roi des rois l, »

L'authenticité des Actes que nous venons de résumer ne paraît pas à l'abri de tout soupçon, au moins dans la partie qui contient les allocutions des métropolitains Agapit et Osée, ainsi que les histoires de Mar Papa et de Miles. M. Westphal 2 et M. Labourt 3 s'accordent à trouver ces discours composés sur un plan bien artificiel. Le parallélisme des situations entre Iahbalaha et Mana, Mar Papa et Miles est également bien difficile à faire accepter. Ce parallélisme était tout à l'honneur de la cause de Dadiso et on ne peut se défendre de penser qu'il aura favorisé l'éclosion de cette littérature apocryphe dont le résumé fut présenté dans le synode de 424. Une autre coïncidence non moins singulière se trouve dans le fait que la a lettre des occidentaux » est apportée aux orientaux par Habib-Agapet dans deux documents 4, tandis que, dans le Synodicon) c'est Agapit de

Page 1