‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 49 sur 544 · CINQUIÈME SESSION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME SESSION

à laquelle ils s'arrêtèrent: « Le saint et grand concile général... à Chalcédoine en Bithynie... a défini ce qui suit... Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, affermissant la connaissance de la foi dans [4ooJ ses disciples, a dit : Je vous laisse ma paixy je vous donne ma paix, afin que nul ne différât de son voisin sur le dogme de la piété, et pour que la prédication de la vérité portât en tous les mêmes connaissances. Mais comme le mauvais ne cesse de combattre par son ivraie la semence de piété et trouve toujours quelque nouveauté à opposera la vérité, Dieu, soucieux du genre humain, a suscité le zèle de ce pieux et orthodoxe empereur, et a réuni les chefs du sacerdoce pour éloigner des brebis du Christ toute peste de mensonge et pour les nourrir des plantes de la vérité ; c'est ce que nous avons fait : car d'un commun accord nous avons condamné la doctrine de l'erreur, renouvelé la foi orthodoxe des Pères, annoncé à tous, le symbole des trois cent dixhuit de Nicée, et le second accepté par les cent cinquante de Constantinople. Nous acceptons aussi l'ordonnance et les développements dogmatiques du premier d'Ephèse sous Célestin et Cyrille, nous avons conclu que la déclaration des trois cent dix-huit de Nicée exprimait une foi orthodoxe et irréprochable, et qu'il fallait reconnaître la valeur de ce qui avait été accepté à Constantinople par les cent cinquante Pères pour l'affermissement de la foi catholique et apostolique *. » Viennent ensuite les deux symboles de Nicée et de Constantinople reproduits intégralement ; le concile de Chalcédoine ajoute: « Ces deux symboles avaient suffi longtemps à la connaissance de la foi et à l'affermissement de la vraie piété ; car ils enseignent tout à l'égard du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et l'Incarnation du Seigneur à ceux qui les reçoivent avec foi; mais certains, voulant supprimer la prédication de la vérité, ont imaginé à cause de leurs erreurs des expressions frivoles, et ont osé défigurer (TuapaoQapstv) le mystère de l'incarnation du Seigneur (tyjç tsj Kupfo'j oV/.ovo;jia<; ;rj<TTr,piov) et rejeté l'expression de Mère de Dieu, ou bien ils ont introduit une sorte de confusion (aùv^uji; '/.al xpaai;) des

définition. La commission rejoignit les Pères du concile et leur présenta son projet comme voté à l'unanimité. Quand tous furent assis, le chef des magistrats prononça ces paroles : c Plaise au saint concile d'écouler en silence ce que les très saints évêques réunis à l'oratoire viennent de décréter sur la loi, en notre présence.» Le diacre Aélius prit la minute et commença la lecture. (H. L.)

1. Mansi, op. cit., t. vu, col. 107 ; Hardouin, op. cit., t. tl, col. î5l.

natures, rêvant cette chose monstrueuse, qu'il n'y a qu'une seule nature de la chair et de la divinité (yiav elvai çuatv tyjç crapxoç y.at tyjç Osst^tcç àvo^TQ? $v«*XdttTOVTCç) et que la nature du Fils unique est devenue, par le mélange de l'humanité, capable de souffrir (^a6r1T-/;v tcO ;j.svoY£vouçTY)vÔ£iav çûfftv tf}Wf^6fl«i tapdrcso6jievot). Pour ces motifs, le saint et grand concile général a décidé que la foi des trois cent [469 dix-huit Pères demeurait intacte et que la doctrine des cent cinquante Pères de Gonstantinople au sujet des pneumatistes (813 tsjç tw IIv£'J[j.aTiTà) àyuo y.axo|j.svouç) conservaittoute sa valeur : car lesPères (de Constantinople) n'avaient pas eu l'intention de combler une lacune du symbole de Nicée: ils avaient voulu simplementfaire connaître par écrit leurs sentiments (Ivvoiav) au sujet du Saint-Esprit contre les négateurs. Quant à ceux qui cherchent à dénaturer le mystère de l'Incarnation (olxovcpùaç [ÀOfrT^piov), et qui, outrageant effrontément celui qui est né de Marie, déclarent qu'il n'est qu'un homme, le saint concile a adhéré aux lettres synodales de saint Cyrille à Nestorius et aux Orientaux, qui contenaient une réfutation du nestorianisme 4, et il leur adjoint, pour la confirmation des dogmes orthodoxes, la lettre du très saint archevêque Léon de Rome à Flavien touchant l'extirpation des erreurs d'Eutychès, lettre qui coïncidait avec la doctrine de saint Pierre, et s'élevait comme une colonne contre tous les hérétiques 2.

[ « Il s'oppose (le concile) 3 à ceux qui cherchent à diviser le mystère de l'incarnation en une dualité de Fils, exclut de la participation aux sacrés mystères, ceux qui osent déclarer passible la divinité du Fils unique et contredit à ceux qui imaginent un mélange ou une confusion des deux natures dans le Christ ; il rejette ceux qui déraisonnent jusqu'à dire que la forme d'esclave que le Fils nous a empruntée est d'une nature céleste ou de tout

1. C'est une allusion à la lettre d'union de saint Cyrille aux Orientaux et à sa seconde lettre à Nestorius, mais non pas à sa troisième lettre, qui était suivie des anathèmes ; car ces deux premières, mais non la troisième, avaient été lues en synode. D'un autre côté, les Orientaux auraient eu bien de la peine à approuver les anathèmes de Cyrille, qui les scandalisaient si fort.

2. A partir de ce passage jusqu'à la fin, nous avons donné après la traduction française le texte grec lui-môme, à cause de l'importance exceptionnelle de ces documents.

3. Hefele a donné dans le texte une traduction partielle du formulaire dogmatique ; il ne sera pas superflu de donner ici une traduction littérale du morceau entier. (H. L.)

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