‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 494 sur 544 · Mansi, Concil. amplUs. colL, t. v, col · texte numérisé non relu

Mansi, Concil. amplUs. colL, t. v, col

l'assentiment. Ou bien faut-il admettre que des moines de Pebaw (à moins que ce ne soit de Tabennèsi) ayant lu dans quelque récit grec les prouesses de quelque archimandrite Victor au profit de l'orthodoxie, auront attribué ces hauts faits à l'abbé de ce nom qu'ils savaient avoir gouverné leur monastère à l'époque du concile d'Ephèse? Ceci ne laisse pas de présenter à nos yeux quelque vraisemblance.

L'écrivain copte à qui nous devons le document n'y a d'autre part d'invention que ce qui concerne Victor et peut-être quelques fioritures répandues dans le reste de la narration. Sa besogne s'est bornée à accommoder un texte grec et à le farcir de quelques pièces d'un intérêt particulier pour l'Egypte ; ce sont en particulier : la convocation adressée par saint Cyrille à son mandataire et le mémorandum dans lequel il lui assigne sa mission 4 ; la lettre de Cyrille à un correspondant inconnu 2 ; la lettre du concile à l'empereur 3 et quelques autres pièces. Il est aisé de se rendre compte que ces documents, avec les récits et les discours qui les encadrent, ont été insérés plus ou moins maladroitement dans le texte grec des actes, ils offrent toutes les apparences d'un décalque. Parfois c'est une suite de mots grecs transcrits en caractères coptes 4, ou bien un mot grec introduit pour désigner une idée éminemment grecque, par exemple x.avovt'Çsiv désignant les définitions dogmatiques de Nicée 5, ou bien encore une phrase copte moulée à contre-sens sur une inversion grecque 6.

Nous pouvons donc tenir les fragments coptes relatifs au concile d'Ephèse pour une composition égyptienne, probablement alexandrine, vraisemblablement postérieure à la mort de Théodose II (450) et au concile de Chalcédoine (451). Les actes coptes du concile d'Ephèse ont été fort malmenés par M. V. Bolotov : Arkhimandrit Tavennisiotov Viktor pri KonstantinopoV skom dvoré v 434 g.f dans Khistianskœ.

Si les fragments coptes relatifs au concile d'Ephèse ne sont connus et mis à contribution que depuis peu d'années, pour la version latine des actes du concile, dès l'année 1574, Antoine Le Conte publiait un livre intitulé : Sanctum magnum Ephesinum Concilium ex quatuor primis Conciliis generalibus ordine tertium,... [nunc primum latine editum,]... ex Bibliotheca Antonii Contii, ejusdem cura transcriptum, in-8, Parisiis, 1574. Cette ancienne version latine sommeilla paisiblement pendant plus d'un siècle, car les travaux de Peltanus ajoutèrent assez peu de chose à ce qu'on savait déjà 7 — lorsqu'en 1677 Baluze copia dans le manuscrit de Tours et

Page 1