Voir plus haut, p. 295, note
FRAGMENTS COPTES DU CONCILE d'ÉPHÈSE 1313
collationna sur celui de Beauvais cette ancienne version latine *. A ce propos, il rencontra le « Commonitoire » remis parle pape Célestin Ier à ses légats et y releva l'allusion à des instructions plus détaillées. Baluze jura de se procurer ce dernier document qui ne pouvait avoir disparu et dont l'importance n'était guère douteuse. Le cardinal Gasanate remua ciel et terre pour découvrir les « Instructions », mais les bibliothèques de Rome ne livrèrent qu'un nouvel exemplaire du a Commonitoire » (ms. Vatican 1320) dont Gasanate adressa une copie à Baluze 2. Piqué au jeu, le cardinal fit continuer les recherches à Venise, à Florence, à Milan, au Mont- Gassin 3. Dans cette dernière bibliothèque on découvrit deux manuscrits très anciens contenant un grand nombre de pièces relatives aux conciles d'Éphèse et de Ghalcédoine, que le cardinal fit examiner et dépouiller par Christian Lupus, religieux augustin. A en croire Baluze, il arriva que Lupus se mit en tête de lui ravir les documents qu'on lui destinait afin d'avoir Thonneur de leur publication ; le cardinal se laissa berner et l'érudit français se trouva déçu après une longue attente à l'heure même où il était en droit d'attendre un complet dédommagement 4. Il s'en faut de beaucoup que cette insinuation soit exacte, ainsi qu'en fait preuve la correspondance de Baluze avec Gasanate et divers passages de celle de Gasanate avec Lupus 5. Dès le 18 janvier 1678, Casanate avait mandé à Baluze l'existence du manuscrit du Mont-Cassin impatiemment attendu, puis soudain il cessait de l'entretenir de ce sujet et il n'en fut plus jamais question dans les lettres du cardinal pendant près d'une année et demie. Baluze l'oublia ou bien se persuada que le volume ne contenait rien qui eût rapport aux et Instructions » du pape Célestin ou aux Actes du concile d'Ephèse ; il passa outre et prépara la publication du premier volume de sa Nova collcctio conciliorum. On peut préjuger sa surprise quand une lettre de Henri Noris, élève de Lupus, lui apprit indirectement la nouvelle de la découverte faite dans un manuscrit dn Mont-Cassin, d'un nombre considérable de lettres inédites ayant trait aux conciles d'Éphèse et de Chalcédoine aussi bien qu'à l'appel d'Eutychès au pape. A cette nouvelle déconcertante, Baluze écrivit sur-le-champ à Gasanate 6 dans l'espoir que l'édition préparée du manuscrit cassinien n'était pas si avancée qu'il ne pût se procurer, avant
1. H. Quentin, Jean- Dominique Mansi, in-8, Paris, 1900, p. 113-143, d'après qui nous résumons le récit de cet épisodeé