‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 496 sur 544 · Baluze à Casanate, 20 octobre · texte numérisé non relu

Baluze à Casanate, 20 octobre

CONCILES - II - sa

délivrer au public le premier volume de sa collection des conciles, une copie des lettres contenues dans le manuscrit du Mont-Cassin. La réponse de Gasanate fut désolante 1. Le précieux manuscrit avait paru à Rome devoir faire bon service apologétique contre les maximes gallicanes auxquelles un livre de Jacques Boileau venait de procurer un regain de succès 2. Christian Lupus n'avait pas rencontré dans le manuscrit les « Instructions » tant désirées, mais les documents nouveaux qu'une coïncidence mettait entre ses mains à l'heure où il songeait à entreprendre une histoire longtemps mûrie des Appels au Saint-Siège, l'avaient déterminé à composer un ouvrage pour prouver le véritable et légitime usage qu'on a fait autrefois des appels dans l'Eglise. « Les manuscrits du Mont- Cassin, continuait Casanate, lui offrirent des documents de premier ordre pour son sujet : la formule de l'appel d'Eutychès au Souverain Pontife, des actes en grand nombre se rapportant aux conciles d'Ephèse et de Chalcédoine, environ quarante lettres inédites de Théodoret et plusieurs autres pièces encore pour la copie desquelles je donnai toute liberté à ce savant homme, afin qu'il les fît servir à fermer la bouche aux méchants. Le tout réuni en un seul corps eût vu le jour à Rome même si ce bon vieillard, pris de l'amour du pays, ne se fût décidé à retourner dans sa Belgique après laquelle il soupirait depuis longtemps. Il a emporté avec lui son précieux et considérable butin, qui paraîtra pour la prochaine fête de Pâques dans un volume de Miscellanea. »

Baluze ne se tint pas pour battu. Il fit proposer à Lupus par Casanate de lui abandonner une copie des précieuses lettres qu'il pourrait insérer à leur rang chronologique dans la collection des conciles dont la publication serait postérieure d'une année au moins au livre de Lupus. Celui-ci refusa. Cependant le 20 juillet 1680 le volume était achevé d'imprimer et Lupus paraissait disposé à en faire tenir un exemplaire à Baluze, mais l'éditeur qui craignait une réimpression en France avant l'apparition du volume de commentaires s'y opposa absolument. De ce moment Baluze exhala sa colère et Casanate s'employa de son mieux à l'apaiser. A cet effet, il envoyait à Paris tout un paquet de lettres de Théodore Studite comme pour faire oublier celles d'Ephèse et de Chalcédoine, trouvait le moyen de faire copier aux Archives secrètes du Vatican un concile de Tarragone autrefois inabordable, expédiait courriers sur courriers à Louvain, mettait en mouvement, pour hâter l'impression, le provincial des augustins de Belgique, puis plus tard le général de l'ordre lui-même ; sur ces entrefaites, Lupus mourut (2 juillet 1681), son livre tarda encore quatre mois à paraître. A la fin de novembre 1681, sur la recommandation du car-

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