LA LÉGISLATION CONCILIAIRE RELATIVE AU CÉLIBAT ECCLÉSIASTIQUE
La délicate question du célibat des clercs a été abordée, traitée et résolue dans un grand nombre de conciles. Autour des textes canoniques issus de ces assemblées une littérature s'est développée, si abondante qu'on ne peut songer à en dresser ici l'inventaire. La bibliographie absolument complète du célibat ecclésiastique est impossible et inutile parce que, exception faite de quelques ouvrages d'une science et d'un mérite hors ligne, le reste ne tend qu'à ressasser ce qui a été dit, et bien dit, une fois pour toutes 4. Au point de vue documentaire et bibliographique on dépasserait malaisément l'information dont témoigne l'admirable compilation d'Auguste de Roskovany ; néanmoins ce recueil peut, sur plusieurs points, re-
1. Il faut parmi les travaux modernes écarter purement et simplement A. Vassal, Le célibat ecclésiastique au premier siècle de l'Église depuis Notre-Seigneur Jésus- Christ jusqu'à Van 1000, in-8, Paris, 1896. On y trouve cités comme modèles du célibat les anges, les bergers, les mages, Zacharie et Elisabeth, etc. Parmi les travaux anciens, on ne trouvera rien qui n'ait été utilisé par les ouvrages cités dans le texte, chez des auteurs tels que F. Dugnani, Dissertazione sopra Vorigine del chierical celibato, dans Calogera, Nuova raccoltà d'opuscoli, 1761, t. vin, p. 251-308 ; Duguet, Conférences ecclésiastiques ou dissertations sur les auteurs, les conciles et la discipline des premiers siècles de l'Église, in-4, Cologne, 1742, t. n, p. 132-153 : Sur le 10e canon du concile d'Ancyre touchant le célibat des ordres majeurs. Quelques dissertations ne font guère que reproduire les textes et les opinions courantes à l'époque où elles ont paru ; ***,/)« célibat des prêtres, dans la Vérité historique, 1860, t. vi, p. 117-142; ***, Le célibat ecclésiastique, dans Analecta juris pontificii, 1867, t. ix, p. 671-625 ; M. Sanz, Sobre el celibato ecclesiastico, memoria, dans Memor. acad. cienc. mor. -polit., 1861-1864, t. i, p. 585-630 ; J. Morel, Le célibat des prêtres, dans la Revue de France, 1872, Ile série, t. m, p. 491-508 ; G. G. Haas, Vom neuesten Côlibats Sturm. dans Histor. -polit. Blàtter, 1876, t. lxxvii, p. 685-701, 781-798 ; F. Laurin, Der Célibat der Gcistlichen nack canonischen Rechte, in-8, Wien, 1880; H. C. Lea, An historical sketch of sacerdotal celibacyin the Christian Church, in-8, Philadelphia, 1867 ; 2o édit., Boston, 1885; *•*, Discipline de l'Église sur le célibat des clercs dans les premiers siècles et jusqu'au concile in Irullo, dans L'ami du clergé, 1897, t. xix, p. 1-15.
cevoir des compléments et des rectifications. Il est donc indispensable de tenir compte de :
G. Bickell, Der Célibat dennoch eine apostoliche Anordnung, dans 7,eitschrift fur katholische Théologie, 1878,- 1. Il, p. 26-64 ; 1879, t. III, p. 792-799.
F.-X. Funk, Célibat und Priesterche im christlichen Altertum, dans Kirchengeschichtliche Abhandlungen und Untersuchungen, in-8, Paderborn, 1897, t. i, p. 121-155 ; Colibat, dans Real-Encyclopàdie der christlichen Alterthùmer , t. i, p. 304 sq.
A. de Roskovany, Coelibatus et Breviarum, duo gravissima clericorum officia, e monumentis omnium sseculorum demonstrata, accessit compléta litteratura, 11 vol. in-8, Pestini et Nitriae, 1861-1881 ; Supplementum, 6 vol. in-8, Nitriae, 1890.
E. Vacandard, Etudes de critique et d'histoire religieuse, in-J2, Paris,
1905, p. 71-120 : Les origines du célibat ecclésiastique. Il ne faut pas hésiter à reconnaître que les plus lointaines attestations du célibat ecclésiastique n'offrent rien d'assez formel pour en tirer les témoignages d'une institution, et les plus anciens écrits de la littérature chrétienne se préoccupent peu de nous renseigner sur ces cas particuliers. L'effort individuel pour s'affranchir du mariage, afin de s'élever à un détachement plus complet et à une perfection plus haute n'est pas sans exemple dans les premiers siècles du christianisme ; mais pendant longtemps c'est un acte libre et ceux qui se l'imposent évitent, par pudeur ou par humilité, d'en faire part à leurs contemporains et à la postérité. Nous sommes donc réduits à des indications très vagues, à des insinuations et souvent à rien du tout. Ce qu'on peut avancer avec une quasicertitude, c'est que le pratique du célibat alla gagnant sans cesse depuis le Ier jusqu'au ive siècle, sans être soumise à des lois canoniques. A partir du ive siècle, la pratique fit place à l'institution, mais celle-ci ne s'imposa pas avec la même rigueur en Occident et en Orient.