‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 501 sur 544 · Philipp., iv · texte numérisé non relu

Philipp., iv

7. S. Jean Chrysostome, In epist. ad Philipp., homil. xm, P. C, t. lxii, col. 275.

8. S. Basile, Sermo de renuntiatione mundi, 1, P. G., t, xxxi, col, 628 sq, 9T I Cor., vu, 7, 8f

où je me trouve ; mais Dieu répartit ses dons différemment, à celui-ci d'une manière, à celui-là d'une autre. Je préviens les célibataires et les veufs qu'ils feront bien de persévérer dans cet état, ainsi que moi-même j'y persévère. »

Quant à l'apôtre Philippe, la tradition qui lui attribuait des filles reposait sur l'affirmation de Papias d'Hiérapolis et de Polycrate d'Ephèse. Ce dernier écrivait au pape Victor : « Philippe, celui qui fit partie des douze apôtres, qui est enterré à Hiérapolis, ainsi que ses deux filles qui vieillirent dans la virginité, sans parler de son autre fille, qui observa dans sa vie la règle du Saint-Esprit, et qui repose à Éphèse 1. » Si nous rapprochons ces paroles de celles des livres des Actes : « ^XOofjiev eî; Kaidapcav xai staeXôeJvTeç eî; tov olxov ^iXitittou tou eùaYYeXiarou ovxo; k% twv inzâ, è[X£tva(jLev uap aÛTtï», totjtw 8è ^aav GuyaTSpeç TÉa-crape; uapÔevot 7rpo9Y]TEVo-Jcrou 2. Nous abordâmes à Gésarée, où nous entrâmes dans la maison de Philippe l'évangéliste, qui était un des sept diacres et où nous logeâmes chez lui. Il avait quatre filles vierges qui avaient le don de prophétie ; » on peut donc imputer à Polycrate la confusion entre Philippe F apôtre et Philippe le diacre. C'est la remarque que faisait dès le ve siècle Isidore de Pé^se 3 ; quant à la difficulté qu'on pourrait soulever touchant le nombre des vierges, trois ou quatre, elle n'a pas de fondement, puisque Caius, auteur qui vivait vers la limite du 11e et du 111e siècle, nous apprend dans son dialogue rcptfç npd*Xov que Philippe, celui qui fut enterré à Hiérapolis, avait quatre fillesprophètesses 4 et Eusèbe n'hésite pas à l'identifier avec Philippe, l'un des sept, qui avait habité Césarée 5.

Quel crédit faut-il accorder à saint Épiphane quand il nous parle des apôtres André, Matthieu et Barthélémy comme ayant été mariés et subissant, de ce fait, une sorte de dépréciation par rapport à saint Jean qui leur est préféré pour prendre soin de la vierge Marie 6 ? Nous pouvons répondre sans hésiter que cette assertion est dépourvue de toute valeur tant à cause de la date tardive d'Épiphane que de l'absence de toute preuve qui autorise ce qu'il avance.

Comme nous n'entrevoyons pas bien clairement l'avantage qu'on peut tirer du mariage ou du célibat des apôtres, nous nous bornons à compter saint Pierre parmi les apôtres mariés et déclarons ne savoir absolument rien quant au reste du collège apostolique, y compris saint Jean. Nous n'en savons pas plus touchant l'état de continence que les apôtres auraient adopté en inaugurant leur apostolat et saint Jérôme

1. Eusèbe, Hist. eccles., 1. V, c, xxiv, P. G., t. xx, col. 493.

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