‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 51 sur 544 · CINQUIÈME SESSION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME SESSION

[474] hypostase ; et nous confessons, non pas (un fils) partagé ou divisé en plusieurs personnes, mais bien un seul et même fils, fils unique et Dieu Verbe, Notre-Seigneur Jésus-Christ; tel qu'il a été prédit jadis par les prophètes, tel que, lui-même, il s'est révélé à nous, et tel que le symbole des Pères nous l'a fait connaître. Ces différents points de doctrine, une fois déterminés et formulés avec toute l'attention et toute la précision possible, le saint et œcuménique synode déclare qu'il n'est loisible à personne de proposer une autre croyance ou de l'enseigner aux autres. Quant à ceux qui oseraient soit constituer une autre doctrine1, soit présenter ou enseigner, ou livrer un autre symbole, à ceux qui désirent revenir de l'hellénisme, ou du judaïsme, ou de toute autre hérésie, à la connaissance de la vérité, s'ils sont évèques ou clercs, qu'ils soient exclus: les évêques de Tépiscopat, les clercs de la cléricature, s'ils sont moines ou laïques qu'ils soient anathème. » (II. L.)]

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Après la lecture de ce symbole de foi, tous les évèques s'écrièrent :

1. "Opo; Tf,; èv XaXy.Y)8ovt Te-ràptY]? E-jvôSou, dans Hardouin, Coll. concil., t. ir, col. 450 sq. ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vu, col. 108 sq. ; H. Denzinger, Enchiridion symbolorum et definitionum, in-12, Wirceburgi, 1865, n. 134, p. 44- 40 ; A. Hahn, Bibliothek der Symbole und Glaubensregeln der alten Kirche, 3e édit., in-8, Breslau, 1897, p. 166, n. 146; F. Kattenbusch, Das apostolische Symbol, in-12, Leipzig, 1899, t. u, p. 250, note 12. Les variantes du texte d'après Evagrius et la lettre du pape Agathon sont presque insignifiantes ; elles ont été relevées par A. Hahn, loc. cit. Au premier coup d'œil la différence profonde qui existe entre le décret dogmatique de Chalcédoine et les symboles de Nicée et de Constantinople, qui s'y trouvent insérés, s'impose à l'attention. Il ne s'agit plus ici d'une formule condensée le plus possible mais d'un ample exposé de la foi chrétienne. Outre l'approbation donnée aux trois premiers conciles œcu* méniques et l'insertion intégrale de leurs règles de foi que, par ce moyen, le concile fait siennes et promulgue à nouveau, nous voyons ici la mention des hérésies de Nestorius et Eutychès auxquelles on oppose les lettres de saint Cyrille à Nestorius (Epist., iv, P. G., t. lxxvii, col. 43-50) et à Jean d'Antioche (Epist., xxxix, P. G., t. lxxvii, col. 173-182) et la lettre dogmatique de saint Léon à Flavien. Epist. , xxviii, P. G., t. liv, col. 755-782. Cette façon de citer des sources et de s'entourer visiblement d'un appareil d'érudition est assez nouvelle et originale pour qu'elle vaille la peine d'être signalée. Un autre document, capital celui-ci, a cependant été passé sous silence; c'est la lettre de Cyrille à Nestorius contenant les douze anathématismes. Manifestement les Pères ont appréhendé qu'une fois de plus cet écrit ne mît les partis aux prises ; aussi firent-ils la sourde oreille à l'interpellation d Atticus de Nicopolis qui réclamait communication de ce document à l'assemblée. Les Pères mieux inspirés que leur collègue se contentèrent d'englober cette lettre dans l'approbation générale accordée au concile d'Ephèse et, par conséquent, à la doctrine christologique de saint Cyrille. Au reste, les anathématismes de Cyrille visaient le seul Nestorius et il s'agissait, à Chalcédoine, de faire face à Nestorius et à Eutychès à la fois. Pour parer aux objections que ne pouvait manquer de provoquer l'utilisation du document, il eût fallu lui faire subir des retouches. Le plus rapide et le plus habile consistait, comme on fit,à le reléguer tacitement parmi les engins théologiques vieillis et d'un intérêt plus historique que polémique. Ainsi on évita les discussions, les disputes, et les auteurs de la formule nouvelle jouirent de la satisfaction de produire leur ouvrage. En définitive, il s'agissait à Chalcédoine beaucoup moins de combattre le monophysisme eutychien que

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