‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 4)Chapitre 52 sur 544 · CINQUIEME SESSION · texte numérisé non relu

CINQUIEME SESSION

« C'est la foi des Pères ; que le-; métropolitains souscrivent immédiatement, en présence des magistrats ; ce qui a été bien défini

de fonder le sol immuable et définitif de la théorie orthodoxe de l'incarnation, de façon non seulement à confondre les systèmes de Neslorius et d'Eutychès, mais de prévenir les erreurs nouvelles. C'est une question ardemment controversée et d'ailleurs très délicate de savoir en quel sens furent prises les décisions dogmatiques du concile, M. A. Harnack, Dogmcngeschichte, 3e édit., p. 368, estime que la majorité entendit se prononcer dans le sens de saint Cyrille et du premier concile d'Éphèse. M. F. Loofs, Christologie, dans Eealencyklopâdie fur protestantische Théologie und Kirche, t.-iv, p. 51, pense que le décret dogmatique constituait une sorle de compromis ou de teinte neutre entre les deux nuances théologiques représentées par la théorie alexandrine modérée de saint Cyrille et la théorie occidentale intransigeante de saint Léon, avec une prépondérance marquée en faveur de cette dernière. D'après le même érudit, le tort de cette formule et sa faiblesse consistait dans ce caractère de compromis, alors qu'une formule nette et définitive eût mis fin à la controverse qui se prolongea longtemps encore. Malgré sa modération apparente ce jugement nous paraît peu exact. Et d'abord, si la majorité partageait — ainsi que nous le croyons — les opinions théologiques de Cyrille, il ne s'ensuit en aucune façon qu'elle se soit déclarée en faveur de ces opinions. C'est ce qu'il est impossible de soutenir pour peu que l'on fasse quelque attention à des expressions comme les suivantes, empruntées à saint Léon : Salva igitur proprietate utriusque naturse et substantiœ et in u/iam coeunte personam suscepta est a majestate humilitas (Mansi, op. cit., t. vi, col. 962) et encore : mediator Dei et hominum homo Christus Jésus. Mansi, op. cit., t. vi, col. 971. Faire du décret dogmatique un compromis n'est pas lui rendre pleine justice. Les querelles qu'il ne parvint pas à faire cesser entièrement sont beaucoup plus le résultat des haines locales invétérées que du dissentiment théologique. Ce qui est vrai c'est que la majorité a adhéré au « tome » du pape Léon sur l'invitation qui lui en fut adressée par les commissaires impériaux et ce « tome » condamne Néstorius au même titre qu'Eutychès et prescrit l'adhésion au 620x6x0;. Il est facile de confronter un certain nombre de passages du décret dogmatique avec des expressions tirées des documents dont la commission a fait usage pour la rédaction de la formule de foi.

Page 1