Eusèbe, Demonstr. evang.t 1. I, c
P. G., t. xxn, col. 81.
remplir avec dignité et exactitude la charge sacerdotale doit s'abstenir de la femme ; il n'est pas question d'une loi à laquelle il se soumet, mais d'une pratique à laquelle il s'astreint librement afin de se montrer à la hauteur des exigences de sa mission : xaXûç (epateutov *i
Saint Jean Chrysostome qui se montra intraitable à l'égard d'Antonin, évêque d'Éphèse, coupable d'avoir repris sa femme et usé d'elle après Une libre promesse de continence, n'invoqua, dans ce cas particulier, que la violation de la promesse et non le mépris d'une loi positive 2. Au reste, dans son commentaire de l'épître â Timothée, il rapporte que certains inerprétaient les paroles de Y apôtre dans ce sens qu'il exigeait que tout évêque eût une femme. L'occasion était unique d'opposer à ces interprètes quelque canon ecclésiastique formellement contraire ; or il n'en fait rien 3,
Saint Epiphane s'exprime ainsi à propos des montanistes : « Le Dieu Verbe honore la monogamie et il entend répandre les charismes du sacerdoce, comme en un parfait exemplaire, dans ceux qui, après le mariage, ont observé la continence ou dans ceux qui ont toujours gardé leur virginité. Et ses apôtres ont sagement et saintement formulé cette règle ecclésiastique (tov èxxXyjatacmxbv xocvôva r?)ç léptoauvr]?) 4. $ Il dit encore : « La sainte Eglise respecte la dignité du sacerdoce à ce point qu'elle n'admet pas au diaconat, à la prêtrise, à l'épiscopat, ni même au sous-diaconat celui qui vit encore dans le mariage et engendre des enfants : elle n'y admet que celui qui, marié, s'abstient de sa femme ou celui qui l'a perdue, surtout dans les pays où régnent de sévères canons ecclésiastiques. A la vérité, en certains endroits, les prêtres, les diacres et les sous-diacres continuent d'avoir des enfants» Je réponds que cela ne se fait pas selon la règle, mais à cause de la mollesse des hommes, parce qu'il est difficile de trouver des clercs qui s'appliquent bien à leurs fonctions. Quanta l'Eglise qui est bien constituée et ordonnée par l'Esprit-Saint, elle a toujours jugé plus décent que ceux qui se vouent au saint ministère n'en soient distraits, autant que possible, par rien, et remplissent leurs fonctions spirituelles avec une conscience tranquille et joyeuse. Je dis donc qu'il convient que le prêtre, le diacre ou l'évêque soit tout à Dieu dans ses fonctions et ses obligations, car si l'Apôtre recommande même aux fidèles de vaquera l'oraison de temps en temps, combien plus fait-il un devoir aux prêtres de se libérer de tout ce qui peut le dissiper dans l'exercice de son ministère 5. » Ces paroles sont fort précieuses, mais est-ce à dire qu'elles démontrent l'existence d'une loi positive du célibat
1. S. Cyrille, Cateches., XII, c. xxv, P. G., t. xxxin, col. 757.
2. Palladius, Vita S. Joannis Chrysostomi, c. xm, P. G., t. xlvii, col. 48.
3. In Epist. I ad Timoth., c. îii, homil. x, 1, P. G., t. Lxii, col. 547.
4. S. Epiphane, Adv. hœres., XLVIII, c. îx, P. G., t. xli, col. 868.