Lauchert, op. cit., p
qu'en a donnée G. Bickell. Parfois l'insuffisance de la manœuvre exécutée pour attirer le texte à soi est si extraordinairement manifeste qu'on se prend à chercher quelque finesse qu'on n'aurait pas aperçue au premier abord. En voici un exemple : saint Ephrem écrit dans l'éloge del'évêque dÉdesse, Abraham 1 : « Quelque soin que le prêtre apporte à sanctifier son esprit, à purifier sa langue, à se laver les mains et à tenir tout son corps net, il n^n apportera jamais assez pour sa dignité, il doit être pur à toute heui*e parce qu'il est comme un médiateur entre Dieu et l'humanité. Loué soit celui qui purifie ainsi ses serviteurs !» — « Tu vérifies pleinement le sens de ton nom, Abraham, car tu es devenu le père d'une multitude ; cependant tu n'as pas d'épouse, comme Abraham avait Sara : mais ton épouse c'est ton troupeau. » On cherchera sans doute en vain dans ces deux strophes l'affirmation de la promulgation d'une loi sur le célibat à l'époque apostolique ! On ne sera pas moins déçu lorsque, cherchant la même promulgation dans la lettre adressée par le pape Sirice à Himérius de Tarragone, en 385, on constatera que la lettre porte en tête ces mots: Apostolica et patrum institutio 2, mots qui s'appliquent également à chacun des canons de la lettre et qu'on n'a aucune raison de rattacher spécialement au canon relatif au célibat.
Suivant notre méthode chronologique nous entendons, en 390, Epigone, évêque de Bulla regia, déclarer qu'il <k convient que les évêques, les prêtres et les diacres observent absolument la continence, afin qu'ils puissent obtenir simplement de Dieu ce qu'ils demandent. De la sorte nous observerons ce que les apôtres ont enseigné et ce qu'a observé l'antiquité elle-même. » Epigone est acclamé : Plaçait ut in omnibus et ab omnibus pudicitia cUstodiatur, qui altari deserviunt 3. Mais cette acclamation n'a point de portée historique pour le passé ; c'est simplement une résolution en vue de l'avenir. L'affirmation de l'évêque Epigone lui reste pour compte puisqu'il n'a pas pris soin de nous apprendre sur quels témoignages il prétendait la fonder.
Aux environs de l'an 400, les Constitutions apostoliques font parler les apôtres en ces termes : « Voici ce que nous ordonnons à l'évêque, au prêtre et au diacre monogames, soit que leurs femmes vivent encore, soit qu'elles soient mortes ; il ne leur est pas permis, après leur ordination, de contracter mariage s'ils n'ont pas de femme, ou, s'ils ont une femme, de cohabiter avec d'autres ; mais ils doivent se contenter de celles qu'ils avaient quand ils sont venus à l'ordination : êwi<m<mov ■*■*<■ irpe<r6uT£pov xoù ôiàxovov eÏ7to{Ji£v [xovoyà[xouç xa6îora(7Ôai,xav Çuxr.v aûxâiv atya[X£Tat, xav teôvr,xdtaiv, |at) èlsïvat Se avitoT; [xsxà XÊ'poTovfav r\ àyà^otç ou<nv lit ènl ya[xov eaxeo'ôat, r.
i. G. Bickell, Carmina Nisibena, 1886, p. 112.