LÉGISLATION CANONIQUE EN OCCIDENT
Au IVe siècle, la pratique du célibat ecclésiastique évolue plus rapidement vers son état de fixation et de réglementation.
Le concile d'Elvire ( = Grenade), tenu vers l'an 300, porte le canon suivant: Placuit in totuni prohibera episcopis, presbyteris et diaconibus vel omnibus clericis positis in ministerio asbtinere se a conjugibus suis et non generare filios : quicumque vero fecerit, ab honore clericatus exterminctur *, « Tous les évêques, prêtres et diacres, c'est-à-dire les clercs voués au ministère de l'autel, doivent s'abstenir de tout commerce avec leurs femmes ; quiconque enfreindra cette règle sera déposé. » Le concile d'Elvire, si curieux à tant de titres n'est, en définitive, qu'un concile provincial et la discipline promulguée par lui ne représente pas une situation étendue audelà des bornes de la province. Aussi, est-ce principalement sa date éloignée qui donne son importance au canon 33e; elle nous indique une époque approximative qui permet de fixer une limite vraisemblable aux premières tentatives faites en Occident pour transformer la pratique du célibat en institution.
Ce n'est que dans les dernières années du ive siècle, au concile romain tenu en 386, que nous trouvons un texte précis relatif à l'Eglise de Rome. Il nous est parvenu dans une lettre adressée par le pape Sirice à Himère, évêque de Tarragone, chargé de faire connaître la décision à presque tous ses collègues d'Espagne 2. Plurimos sacerdotes Christi atque levitas post longa consecrationis suse tempora, de conjugibus propriis... sobolem didicimus procréasse, et crimen suum hac prœscriptione defenderc, quia in veteri